L'économie japonaise rechute

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Les Abenomics visent à soutenir l'économie japonaise avec des dépenses budgétaires de plusieurs dizaines de milliards d'euros et un assouplissement de la politique monétaire pour en finir avec vingt ans de déflation.
Les Abenomics visent à soutenir l'économie japonaise avec des dépenses budgétaires de plusieurs dizaines de milliards d'euros et un assouplissement de la politique monétaire pour en finir avec vingt ans de déflation. (Crédits : TORU HANAI)
Le PIB du Japon a reculé de 0,4% au deuxième trimestre, plombé par la consommation des ménages. Les "Abenomics" lancés il y a deux ans par le Premier ministre Shinzo Abe peinent à porter leurs fruits.

Le Japon se retrouve confronté à de vieux démons. Après avoir vu sa croissance s'accélérer au premier trimestre à 0,6%, le Produit intérieur brut (PIB) japonais a reculé de 0,4% d'avril à juin. En rythme annualisé, la croissance a diminué de 1,6%.

Il s'agit du premier recul enregistré dans l'Archipel depuis le troisième trimestre 2014 (juillet-septembre). Le Japon était alors temporairement retombé en récession, dans la foulée d'une hausse de la TVA (passée de 5% à 8% début avril 2014) qui a fait dérailler la reprise. Sur l'ensemble de l'année dernière, l'activité s'est contractée de 0,1% avant de retrouver du tonus début 2015 (+1,1% au premier trimestre selon des données révisées dévoilées lundi).

Commerce extérieur et consommation des ménages en berne

Maillon faible de l'économie, la consommation des ménages, qui compte pour quelque 60% du PIB, a fléchi de 0,8% durant la période d'avril à juin (après +0,4% au premier trimestre). Les investissements non résidentiels des entreprises sont quant à eux ressortis en baisse de 0,1% (après +2,8% au 1T).

Le commerce extérieur a lui aussi contribué négativement à l'évolution du PIB (-0,3 point), alors que les exportations ont chuté de 4,4% par rapport au premier trimestre.

Un creux "temporaire" ?

Le Premier ministre conservateur Shinzo Abe tente depuis plus de deux ans de relancer l'économie via une stratégie dite "Abenomics" composée de trois "flèches" (relance budgétaire, assouplissement monétaire et réformes structurelles), mais ses efforts peinent à porter leurs fruits.

Le gouverneur de la banque centrale du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda, veut cependant croire que le creux observé au printemps n'est que "temporaire" et il entrevoit un rebond pour la période juillet-septembre.

Si la contraction devait se prolonger, il pourrait être difficile pour la BoJ d'atteindre son objectif ultime de 2% d'inflation courant 2016, préviennent les économistes qui pronostiquent pour la plupart une expansion de la politique d'assouplissement monétaire d'ici à la fin de l'année afin de donner un nouveau coup de pouce à l'économie.

(Avec AFP)

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a écrit le 18/08/2015 à 21:33 :
Comme ils disent : l'argent est fait du sang et de la sueur de l'humanité, au service d'une minorité...
a écrit le 17/08/2015 à 20:04 :
merci à La Tribune pour ce scoop ...
heureusement : en France tout va bien : cocorico !
a écrit le 17/08/2015 à 10:34 :
nous sommes rentrés dans la phase de la maladie des pays modernes
depuis 1950, tout à été base sur une croissance continue, pour justifier le fonctionnement des organismes publiques, à perte
aujourd'hui, dans une croissance nulle ou negative, le besoin de réforme se fait sentir
il suffit de voir certaines dépenses inutiles qui pourrait donner à un pays l'équilibre, et le remboursement de sa dette, pour apporter sa stabilité
Réponse de le 17/08/2015 à 10:59 :
Tout à fait d'accord.
Le comble c'est que l'on ne voit aucun politique assez courageux (ou courageuse) pour faire ces réformes.
Qui concernent d'ailleurs essentiellement les services de l’état et des collectivités.
Cela risque de continuer, de part le constat d'immobilisme et de faux semblants, constatés depuis maintenant plusieurs alternances politiques.
Ce qui peut même asphyxier les secteurs productifs (saufs s'ils se réfugient sous des cieux meilleurs), amenant à la faillite l’économie entière. Un risque majeur qu'il faut maintenant intégrer, le financement artificiel par la seule augmentation de la dette n’étant pas tenable.
Réponse de le 17/08/2015 à 11:54 :
N'importe quoi!
1/ La croissance mondiale reste largement au-dessus des 3%, un rythme toujours élevé dans l'histoire de l'humanité.
2/ Il s'agit d'un trimestre, la croissance annuelle reste de 1.4%, soit 2% par habitant, un bilan correct pour une économie mure.
Réponse de le 17/08/2015 à 12:15 :
ce qui est triste, de la part de certains populiste, est l'argument suivant : "l'austérité n'est pas la solution, cela freine la croissance et l'emploi"

on parle d'austérité, en language comptable, on parle simplement d'équilibre
on préfère augmenter le RSI pour pomper sur des petites entreprises, que plutôt faire des réformes structurelles, sur des organismes publiques mal organisés, voir inutiles.

on parle de la dette comme de la cognote du loto qui augmente, mon dieu, on est Presque à 100 % d'endettement

je me rappelled qu'en 2002, François Bayrou a été le premier candidat à parler de cette fameuse dette, 13 ans plus tard, les politiques jouent sur les mots
Réponse de le 17/08/2015 à 12:36 :
La croissance mondiale ne crée des emplois en France que si l'on exporte. or ce n'est pas le cas, à voir la balance commerciale. Et c’est encore moins le cas pour les services publics, qui ont obligatoirement une portée nationale. Sauf à faire du dumping ou du protectionnisme, ce qui irait à l'encontre des traités signés.
Qui plus est, la croissance des uns, peut se faire aux dépends des autres, surtout si des secteurs sont plombés par le manque d'adaptation, ou le maintien de vieilles technologies, ou méthodes.
Je ne dis pas qu'il faut tout déréguler, mais au moins réduire le train de vie des secteurs les moins performants.
Réponse de le 17/08/2015 à 13:04 :
Quand à l’austérité, la pire des solutions est d'attendre qu'elle nous soit imposée par l'Europe, le FMI, ou l’économie de marché. A voir ce qui se passe pour la Grèce, où une majorité de la population retombe dans la quasi pauvreté, alors que les grandes fortunes et quelques privilégiés ne participent pas à l'effort national.
Le taux de la dette est important et il suffit de regarder la progression de la dette, ou des dettes (voir cour des comptes) pour se dire qu'il faut agir au plus vite. La situation ne va pas s’arranger toute seule.
a écrit le 17/08/2015 à 10:26 :
Mais qui se soucie du Japon ? Sachant que l'économie française est au pire depuis 30 ans, et ça va s'empirer ! Dites moi par quel miracle ça va s'améliorer ? Sachant qu'on a des dettes publiques "illégales" (cf exemple de la Grèce) et une trop grande part de fonctionnaires, et une grande faiblesse à l'export, sauf pour airbus, qui est un cas particulier, l'arbre qui cache la foret...je crois pas qu'on peut optimistes pour la France, à part se débarasser du système capitaliste pour le remplacer par ??
Réponse de le 17/08/2015 à 13:27 :
Il est désormais clairement établi que les idées néo-libérales, le capitalisme décomplexé, la finance débridée, l'utopie d'une mondialisation auto-régulée, le dumping social et fiscal mènent tout droit dans le mur de la pauvreté et de l'asservissement réunis.
Les dettes sont les conséquences de ces idées, de ces modèles néfastes,
les dettes sont illégitimes, elles n'existent que par le pouvoir des banques de créer la monnaie, ce qui devrait être l'exclusive des Etats, sous contrôle démocratique. Et c'est bien là où commence le problème, la démocratie est piétinée, contrôlée par les puissances de l'argent. Le Monde est de fait sous une dictature.
a écrit le 17/08/2015 à 10:25 :
Comme quoi la croissance perpétuelle n'existe pas, contrairement aux promesses et arguments utilisés trop facilement par les politiques de tous bords (gauche comprise maintenant). La seule méthode Coué, ou la seule politique de l'offre, ne fonctionnent pas très bien, ou pas sur le moyen-long terme.
Reste à adapter nos sociétés à cet état de fait, à reformer ou à changer carrément de modèle.
Mais là c'est une autre histoire qu'il faut avoir le courage de raconter aux populations.
Réponse de le 17/08/2015 à 11:27 :
+ 1
totalement d'accord
a écrit le 17/08/2015 à 9:18 :
La faute à Hollande?
a écrit le 17/08/2015 à 9:17 :
Non, le "creux" ne sera pas temporaire car l'instabilité de l'économie japonaise est liée aussi au ralentissement des économies mondiales et notamment à la perte de croissance chinoise. Les exportations japonaises peinent depuis bientôt une année et cela ne va pas s'améliorer par la suite. Désolé pour les marchés occidentaux, de plus en plus vulnérables, hélas…
a écrit le 17/08/2015 à 8:47 :
la france aussi est en passe de rechuter ' conformement aux plans ayrault montebourg', mais pour des raisons bien differentes de celles du japon

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