"Mur de dettes", "vagues de faillites", "hécatombe"....depuis le début de la pandémie, les craintes sur la situation financière des entreprises se sont multipliées. Le plongeon de l'économie en 2020 et les confinements à répétition ont fait trembler un grand nombre d'entreprises partout en Europe. La propagation du variant Omicron depuis quelques semaines et le durcissement des conditions sanitaires sur le Vieux continent ont à nouveau réveillé ces inquiétudes.
Malgré la dégradation de la situation sanitaire et cette pandémie à rallonge, la situation financière des entreprises françaises est plutôt favorable. Dans une note dévoilée ce mercredi 15 décembre, la Banque de France est plutôt rassurante. "Les données macroéconomiques et microéconomiques montrent que, contrairement à certaines craintes initiales, on ne voit pas de vagues de faillites ou de montée de la dette nette des entreprises. Ce n'était pas gagné au début. Ce qui signifie que tous les mécanismes d'aides (PGE, activité partielle) ont joué leur rôle", a affirmé le directeur des études à la Banque de France, Olivier Garnier, lors d'un point presse. Il faut dire que les administrations publiques ont encaissé une grande partie du choc comme l'ont montré différentes enquêtes de l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
La vaste enquête menée par la Banque centrale sur plus d'un million d'entreprises montre qu'il y a une stabilité de l'endettement des entreprises autour de 1.000 milliards d'euros entre 2020 et 2021 alors qu'elle avait augmenté de 6 milliards d'euros entre fin décembre 2019 et fin décembre 2020. Chez les très petites entreprises (TPE), les indicateurs sont même au vert. "Entre fin 2019 et septembre 2021, la part des entreprises dont les dépôts sont supérieurs aux crédits est passée de 39% à 43% pour les TPE et de 52% à 54% pour les PME", expliquent les économistes dans la note. En parallèle, la proportion des TPE et PME ayant une dette bancaire (les crédits - les dépôts) nette jugée "élevée" s'est même infléchie passant de 25% à fin 2019 à 23% à la fin du troisième trimestre 2021. La Banque de France ne dispose pas de données sur les grandes entreprises. Ces dernières se financent principalement sur les marchés.