Les faillites d'entreprises au plus bas, l'hécatombe n'a pas eu lieu

Les défaillances d'entreprises sont restées à un niveau très bas en août, en recul de 26,3% sur un an, toujours en raison des mesures réglementaires et des aides aux entreprises face à la pandémie, a indiqué mercredi la Banque de France.
Grégoire Normand

4 mn

Même dans le secteur de la restauration, les faillites sont en forte baisse.
Même dans le secteur de la restauration, les faillites sont en forte baisse. (Crédits : Reuters)

L'onde de choc provoquée par la pandémie n'a pas entraîné un tsunami de faillites. Près de 20 mois après l'arrivée du coronavirus sur le territoire européen, les faillites d'entreprises sont au plus bas. Selon les derniers chiffres dévoilés par la Banque de France mercredi 15 septembre, le nombre de défaillances s'est élevé à 28.000 au mois d'août, soit un repli de 26% par rapport à la même période il y a un an.

« C'est une surprise. On redoutait le mur de la dette des entreprises françaises. Finalement, la dette nette des entreprises est revenue à son niveau d'avant crise et leur taux de marge est même supérieur », a déclaré l'économiste de la banque centrale, Olivier Garnier, lors d'un récent point presse.

Il ajoutait:

« Les entreprises abordent la fin de l'année avec une situation globalement favorable. »

Des perspectives favorables... au défi de la levée des aides

Pourtant, de nombreux économistes avaient anticipé une érosion et une fragilisation du tissu productif en 2021 à la suite des multiples chocs d'offre et de demande au cours de ces derniers mois. La mise en oeuvre du « quoi qu'il en coûte » annoncé par le président Macron au printemps 2020 a ainsi permis de préserver en grande partie les entreprises tricolores.

Si les perspectives économiques sont favorables pour la fin de l'année, selon la plupart des instituts de prévision, la levée progressive des aides pourrait cependant faire des dégâts.

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Tous les secteurs ont été épargnés, sauf deux

L'examen plus précis des tableaux de la Banque de France indique que la plupart des secteurs ont été épargnés par une hausse des faillites. Ainsi, même les secteurs qui ont été les plus touchés par les mesures de confinement ou les fermetures administratives enregistrent une décrue. Les défaillances dans l'hébergement-restauration (-42% sur un an) et le commerce (-29%) ont connu une forte baisse.

Les deux seuls secteurs ayant connu une hausse des faillites sont les activités immobilières (+5%) et l'agriculture et la sylviculture (+1%). La comparaison avec les chiffres de 2019 montrent même des chutes de défaillances encore plus importantes. Enfin, quelle que soit la taille de l'entreprise, l'ensemble des établissements a également connu une inflexion des faillites au mois d'août.

Changement de réglementation et aides à foison

Le plongeon historique de l'économie française en 2020 à environ -8% n'a pas entraîné de faillites en cascade. Les économistes de la Banque de France rappellent que ce paradoxe résulte en partie de bouleversements importants. En effet, le fonctionnement des tribunaux judiciaires a été suspendu au cours de l'année 2020 chamboulant dans le même temps le fonctionnement de la justice commerciale. En outre, des délais supplémentaires ont été accordés pour apprécier la situation financière des entreprises.

« La fermeture à compter du 16 mars 2020 de tous les tribunaux (à l'exception des tribunaux ayant à juger les « contentieux essentiels », dont ne font pas partie les juridictions commerciales), a fortement réduit l'activité des tribunaux de commerce, essentiellement dématérialisée pendant le confinement qui s'est prolongé jusqu'au 11 mai 2020, entraînant le report de l'ouverture ou de la conversion de nombre de procédures », indique la Banque de France.

À cela s'ajoute le foisonnement des aides mises en place depuis le printemps 2020 (Fonds de solidarité, PGE, activité partielle, reports de cotisations). Le débranchement progressif des aides qui a débuté en juin dernier devrait s'accélérer dans les semaines à venir. Même si le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé "la fin du quoi qu'il en coûte" à la fin du mois d'août, plusieurs dispositifs plus ciblés doivent prendre le relai.

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Grégoire Normand

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Commentaires 5
à écrit le 17/09/2021 à 14:23
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Mauvais temps pour tous les corbeaux qui nous annonçaient il y a un an la grosse cata avec des raisonnements savants : ils avaient tout faux. Corbeaux qui, pour la plupart, tiennent dans leur bec un bon fromage.

à écrit le 17/09/2021 à 3:04
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Tout va bien. Gardez la tete dans ke sable. Les creanciers vous presenteront la note, dans pas longtemps.

à écrit le 16/09/2021 à 16:27
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Merci l'explosion de la dette publique qui subventionne des entreprises zombies sous perfusion des PGE qui ne seront jamais remboursé!

à écrit le 16/09/2021 à 14:44
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Pendant combien de temps ?

à écrit le 16/09/2021 à 8:16
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l'economie est en apesanteur, gavee de prets gratuits pour tous finances ' sans consequences' ( comme on peut le voir sur les l'inflation actuellement), ya moins de faillites que quand ca va, et personne n'a l'air trop inquiet..............ca va mal...

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