Si la plupart des voyants sont au vert, la fin du fonds de solidarité à partir du 1er octobre et les remboursements de PGE à venir pourraient laisser craindre une hausse plus importante des faillites d'entreprises. A quelques mois de la présidentielle, le gouvernement pourrait devoir affronter des dossiers brûlants si la reprise économique devait se tasser.Bombe à retardement, mur de dettes, fermetures en cascade... la plupart des économistes s'attendaient au pire en 2020. Pourtant, la déferlante des faillites d'entreprises tant redoutée n'a pas eu lieu. Alors que l'économie française a connu une immense crise sanitaire en 2020, les défaillances d'entreprises sont toujours au plus bas. A la fin du mois d'août dernier, la Banque de France comptait environ 28.000 faillites contre 38.000 un an plus tôt à la même période. Et même si le choc du Covid a frappé inégalement les secteurs, les défaillances sont en baisse dans quasiment toutes les branches, hormis l'immobilier.
Pour autant, la fin du fonds de solidarité à partir du 1er octobre et la mise place du dispositif de prise en charge des coûts fixes pourraient avoir des conséquences désastreuses sur le tissu productif tricolore.
"La situation actuelle est un tournant dans la crise. Il y a une reprise de l'activité et au même moment, les aides sont en train de diminuer. Dans quelle mesure la reprise de l'activité va-t-elle compenser la baisse des aides ?" s'interroge l'économiste Philippe Martin, président du conseil d'analyse économique (CAE) rattaché à Matignon. A sept mois de l'élection présidentielle, l'ombre d'une montagne de faillites plane au-dessus du gouvernement. Même si le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a assuré à la fin de l'été qu'il n'allait pas complètement fermer le robinet des aides, quelques secteurs comme le tourisme international, l'automobile, l'aéronautique ou le bâtiment restent empêtrés dans une crise sanitaire à rallonge.
Vers une normalisation des faillites
De même, la moindre prise en charge du chômage partiel par l'Etat et l'Unedic pourraient laisser craindre un effet rattrapage des faillites qui n'ont pas eu lieu. A cela s'ajoutent les échéances de remboursement pour les prêts garantis par l'Etat auxquelles devront faire face les entreprises à partir du printemps 2022. A la fin du premier semestre 2021, 140 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat avaient été accordés. Il s'agit de la plus grosse somme en Europe.
Grégoire Normand avec Fanny Guinochet