« La gauche a lâché le monde du travail » (Laurent Berger, CFDT)
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jeudy x berger
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LA TRIBUNE- Croyez-vous vraiment que la proposition de loi du groupe Liot, si toutefois elle était adoptée à l'Assemblée nationale, permettrait d'abroger la retraite à 64 ans pourtant promulguée le 14 avril dernier ?
LAURENT BERGER- Non, on n'a jamais fait croire ça aux gens. Mais puisque le gouvernement a voulu s'exonérer d'un vote du Parlement sur cet article-là, et que de l'autre côté, ce sont les Insoumis qui avaient bloqué l'examen de l'article 7, voilà enfin une occasion pour les députés de s'exprimer pour la première fois sur la retraite à 64 ans ! Ce n'est pas la CFDT qui a déposé cette proposition.
Est-ce bien raisonnable de faire croire aux Français qu'on reviendra sur la réforme, de dire comme vous le faites qu'on n'en finira jamais avec la réforme des retraites ?
Non, ce n'est pas un leurre. C'est plutôt l'illustration que cette réforme est le résultat d'un vice démocratique. Je maintiens l'expression à propos d'un projet de loi aussi fondamental sur lequel il n'y aura pas eu de vote et une adoption grâce au 49.3. Je l'avais dit. Oui, je le répète il y a eu vice démocratique car l'exécutif a usé de tout l'arsenal parlementaire pour changer radicalement la vie de deux millions de travailleurs et particulièrement ceux qui sont les plus exposés à des métiers difficiles. Ça pose un problème quand même que le Parlement, sur une mesure phare, les 64 ans, ne puisse pas délibérer par le vote.
Quand le match est perdu, vient le moment où les joueurs finissent par rentrer aux vestiaires non ?
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Oui, mais on nous offre du temps additionnel. Le score n'est pas le plus favorable pour nous. Mais j'insiste, la proposition de loi est une initiative parlementaire. Elle ne vient pas de nous. Quand j'affirme qu'on n'en aura jamais fini avec la réforme des retraites, je veux dire que le ressentiment est profond. Bien sûr, que le texte s'appliquera le moment venu. Pas sûr d'ailleurs que toutes les mesures s'appliquent dès le 1er septembre si j'en crois les explications de certaines directions de la Sécurité Sociale tant les dispositions semblent complexes à mettre en place.