La rupture conventionnelle collective : ça démarre fort

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Le constructeur automobile PSA a annoncé la suppression de 2.200 emplois dont 1.300 en rupture conventionnelle collective (et 900 dispenses d'activité pour les seniors).
Le constructeur automobile PSA a annoncé la suppression de 2.200 emplois dont 1.300 en rupture conventionnelle collective (et 900 dispenses d'activité pour les seniors). (Crédits : Philippe Wojazer / Reuters)
C’était l’une des mesures phares annoncées dans les ordonnances réformant le Code du travail en 2017 : la rupture conventionnelle collective (RCC). Dix jours seulement après son entrée en vigueur officielle, la nouvelle disposition fait déjà parler d’elle. Les directions de la chaîne de prêt-à-porter Pimkie et du constructeur automobile PSA ont annoncé vouloir utiliser ce mécanisme pour supprimer des emplois. Les titres de presse Le Figaro et Les Inrocks s’y intéresseraient également.

(Article publié le 10 janvier à 18h et mis à jour le 11 janvier à 12h13)(*)

Depuis 2008 et un accord interprofessionnel conclu entre les organisations syndicales et patronales, il a été institué la rupture conventionnelle individuelle : une troisième méthode de la rupture de contrat de travail, en plus de la démission et du licenciement. Avantage pour l'employeur : il n'a pas à passer par la procédure de licenciement. Avantage pour le salarié : il est assuré de toucher les indemnités au moins équivalentes aux indemnités légales. En outre, il bénéficiera de l'assurance chômage. Ce type de ruptures de contrat remporte un succès depuis sa création puisqu'on en dénombre pas moins de 2,86 millions. Actuellement, 17% des personnes indemnisées par l'assurance chômage ont quitté leur emploi via la rupture conventionnelle individuelle, il s'agit surtout des cadres. Dix ans après, il faudra compter avec les ruptures conventionnelles collectives, une des mesures de la réforme du Code du travail voulue par Emmanuel Macron. Toutefois, si leur appellation est similaire, la RCC diffère largement de sa prédécesseure.

Rupture conventionnelle collective : mode d'emploi

La négociation, ouvrant la porte aux départs volontaires, doit se faire à l'initiative de l'employeur. Celui-ci propose donc un accord collectif portant rupture conventionnelle collective conditionnée par la signature d'un accord majoritaire avec les syndicats -représentant 50% des salariés. Comme il est indiqué dans l'intitulé, il est hors de question que l'une des deux parties impose des dispositions à l'autre.

Sur le fond, l'accord doit préciser le nombre maximal de départs envisagés ; la durée de mise en œuvre de la RCC ; les conditions que doivent remplir les salariés pour en bénéficier ; les indemnités proposées en cas de départ (qui doivent, a minima, être égales aux indemnités légales de licenciement) ; les mesures de reclassement (formation, soutien à la création d'entreprises...)

L'employeur informe alors le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) par voie dématérialisée de l'ouverture de la négociation pour validation.

Une fois l'accord homologué par l'administration, les salariés peuvent faire acte de candidatures en respectant les modalités stipulées dans l'accord. Officiellement, il n'y a aucune obligation à se porter candidat et les critères ne pourront pas prendre en compte l'âge. Le contrôle veillant à exclure toute discrimination sera exercé par l'autorité administrative -la DIRECCTE.

Pour que la rupture du contrat soit effective, il suffira à l'employeur d'accepter la candidature du salarié, ce qui permettra alors au salarié de bénéficier de l'indemnité de rupture prévue.

Petite spécificité pour un salarié « protégé » (représentant du personnel par exemple, etc.), l'inspection du travail doit donner son autorisation.

Plus rapide et moins contraignante pour les entreprises

Pour le gouvernement, cette mesure tend à « donner un cadre » et « sécurise juridiquement » les plans de départs volontaires, très encadrés par la jurisprudence. En même temps, force est de constater que les RCC s'avèrent moins contraignantes pour les entreprises, que le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) et le plan de départs volontaires (PDV). En effet, contrairement au PSE, la rupture conventionnelle collective ne nécessite pas de justification quant à des difficultés économiques et il n'y aura pas de contrôle judiciaire, comme c'est le cas pour un plan de départs volontaires. Le processus s'avère également plus rapide (quelques mois seulement) et simple à mettre en place. Avocat spécialiste en droit social, Me Joel Grangé se veut rassurant :

« Même si la RCC est moins contraignante pour les entreprises que le processus de consultation sur le licenciement économique, qui est lourd et complexe, il ne s'agit pas, pour autant, d'un dispositif débridé. S'il y a une consultation du comité d'entreprise en cas de licenciement économique, avec les RCC, il faut l'accord des organisations syndicales. »

En outre, « il s'agit aussi d'éviter le traumatisme du licenciement », selon Muriel Pénicaud, ministre du Travail. « Cela permet de dépassionner le débat sur l'emploi », souligne Me Joël Grangé. De fait, les RCC devraient remplacer peu à peu les actuels plans de départs volontaires (PDV). Une éventualité envisageable pour l'avocat spécialiste du droit du travail, qui présente des avantages :

« La logique voudrait que les plans de départs volontaires soient moins nombreux avec les ruptures conventionnelles collectives. L'idée est d'anticiper les mouvements pour qu'ils soient moins brutaux, gérer les départs au fil de l'eau, au fur et à mesure des candidatures. En somme, cela permettra de mieux gérer les situations de manière consensuelle, à froid, et d'éviter que tout le monde se retrouve sur le marché de l'emploi en même temps. »

 « Plan social déguisé » et « porte ouverte à tous les abus »

Si les RCC ouvrent le droit à l'assurance chômage, elles ont également leurs désavantages : ces ruptures n'offriront pas la possibilité, pour le salarié partant, de bénéficier du contrat de sécurisation professionnelle (CSP) - un dispositif de suivi assuré par Pôle emploi qui permet un accès privilégié à la formation et une meilleure indemnisation du chômage. En outre, en cas de RCC, il n'y aura pas de priorité de réembauche, qui existe dans le cas d'un licenciement économique. L'entreprise n'aura plus d'obligation à faire des propositions de reclassement, des actions de formations ou de soutien à ses employés sur le départ.

Pour ses détracteurs, les RCC sont considérées comme des « plans sociaux déguisés ». Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, assure que « c'est une façon très facile pour les entreprises de se débarrasser d'un certain nombre de salariés (...) et d'éviter de faire un plan social où on discute des mesures d'accompagnement ».

Des interrogations restent également légitimes quant à l'argument du volontariat. On verra en effet si, à la longue, le volontariat ne sera pas que théorique malgré le contrôle supposé de la DIRECCTE ou si les ruptures conventionnelles collectives ne serviront pas à pousser certains salariés vers la sortie.

Critique également, Eric Coquerel, député de la France insoumise (LFI), y voit « la porte ouverte à tous les abus » [...] « qui permettrait des licenciements déguisés et des facilités pour les entreprises ».

« Dans les plans sociaux, vous aviez quand même un certain nombre de garanties que l'entreprise devait mettre en place. Il y avait tout un mécanisme pour essayer de sauver de l'emploi. Là, ça coûtera moins cher en termes de formation et d'indemnités. [...] Un nivellement vers le bas du marché du travail se prépare », explique-t-il.

Maître Joël Grangé tempère cette crainte : « Ce n'est pas la même chose de supprimer un poste et de donner la possibilité de partir à certains salariés. Ce qui importe, c'est de s'assurer que le salarié veuille partir et pour cela, il faut que les mesures d'accompagnement du départ soient attractives. »

Il affirme même :

« Il n'y aura pas de RCC à tout-va. Cela dépend de la situation. Quand on ferme une usine, on ne va pas proposer une RCC. Si les syndicats disent non, le projet est abandonné. Il doit faire consensus. »

PSA et Pimkie, premiers candidats à la RCC

L'application de la mesure étant effective depuis le 1er janvier, les entreprises n'ont pas tardé à y recourir. Le 8 janvier, la direction de Pimkie, chaîne textile appartenant au géant Mulliez, a présenté aux élus du personnel un projet de 208 suppressions de postes sous la forme de rupture conventionnelle collective. Pour elle, cette disposition comporte plusieurs avantages : « volontariat » pour les départs, « rapidité de mise en œuvre », et possibilité de réembaucher en cas d'amélioration des résultats. En revanche, les syndicats y ont décelé un « plan social déguisé ». Maley Upravan, délégué FO, a du mal à comprendre les dissonances dans le discours de la direction, rapportent Les Échos. « Comment proposer des départs volontaires à des salariés à qui on va imposer la fermeture de leurs magasins ? » Toutefois, après une réunion de négociation qui n'a pas été concluante, les syndicats ont annoncé mardi 9 janvier l'abandon du projet. Un plan de départs volontaires devrait être négocié à la place.

| Lire aussi : Rupture conventionnelle collective chez Pimkie : les syndicats s'opposent à la direction

Ce même jour, le constructeur automobile PSA a annoncé officiellement la suppression de 2.200 emplois, dont 1.300 en rupture conventionnelle collective (et 900 dispenses d'activité pour les seniors). En contrepartie, le groupe entend recruter 1.300 CDI en 2018 et 2.000 jeunes en alternance.

Remplacer les seniors par des jeunes, c'est l'une des critiques adressées à la RCC, malgré le contrôle de l'administration prévu sur les discriminations liées à l'âge, le dispositif peut être un dispositif « avantageux » pour les entreprises qui veulent collectivement renouveler le « savoir-faire de leurs salariés ».

« Notre but n'est pas de voir la courbe d'activité des seniors, qui a crû ces dernières années, s'infléchir à nouveau à la baisse », conteste l'entourage de Muriel Pénicaud, cité par Le Monde.

Tout en ajoutant, paradoxalement, que le dispositif est aussi « un outil pour les entreprises qui veulent rajeunir leur pyramide des âges et renouveler les compétences ». Ce point est toutefois à relativiser, car comme le remarque Joël Grangé : « Les seniors sont des candidats assez fréquents à ce type de dispositifs de départ. »

À PSA, un autre point fait débat : les primes de départ. « Seront-elles identiques à celles actuellement offertes par PSA en cas de départ », s'interroge-t-on à la CGT. De plus, les primes et les indemnités étaient jusqu'alors exonérées de charges et d'impôts dans le cadre d'un PSE. Avec les RCC, les exonérations seront moins importantes.

| Lire aussi : PSA veut se séparer de 1.300 emplois en rupture conventionnelle collective

Après PSA et Pimkie, le quotidien national Le Figaro a aussi lancé une négociation pour la mise en place d'une rupture conventionnelle collective qui pourrait concerner « 40-50 personnes » dans les fonctions administratives, indique Le Monde. Enfin, Les Inrocks, l'hebdomadaire du banquier Matthieu Pigasse, pourrait procéder à une RCC pour 70 salariés du magazine, courant 2018. À ce rythme, le recours aux ruptures conventionnelles collectives pourrait rapidement s'imposer comme la nouvelle norme dans la gestion des sorties et des entrées des effectifs dans les entreprises.

________

(*) Mise à jour de l'article du jeudi 11 janvier  :

Initialement, l'article émettait l'hypothèse que le géant de l'énergie Engie réfléchissait également à une RCC. Une communication du groupe a cependant précisé : "Nous n'avons pas de projet de plan de Ruptures conventionnelles collectives. Nous allons proposer à nos organisations syndicales des réunions d'échanges au cours du premier semestre, réunions qui ont pour objectif de partager, ensemble, le contenu des ordonnances (c'est-à-dire faire de la pédagogie) et d'analyser prioritairement les conséquences de la fusion des IRP en une nouvelle instance, le « Comité social et économique »."

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Commentaires
a écrit le 14/01/2018 à 8:00 :
Qui sont les vrais patrons en France.. les salariés. En cas de licenciement ils touchent des indemnités plus 3 ans au chaud au chômage. La belle vie. Alors pour beaucoup ils vont pleurer misère pour toucher les aides au logement ou pour la garde des enfants ou le complément salaire unique. Tout va bien pour eux. Ils font ensuite quelques boulots payés au noir. Heureux comme un chômeur en France.
Réponse de le 06/02/2018 à 16:38 :
Quelle tristesse, d' avoir de tels propos, choisir entre avoir un travail, qui permet de pouvoir assurer son quotidien, c'est le choix d'une grande majorité de Français, par contre quelle aubaine pour les grosses entreprises pour gonfler leur bénéfices, sans compter des dommages collatéraux pour les petites entreprises qui travail en sous-traitance
Continuons , sous différentes formules à se séparer des salaries , dans les entreprises et nous augmenterons le nombre de chômeurs forcés dans ce pays , sans compter la robotisation et la numérisation qui rentre à grand pas dans le monde du travail et dans tout les domaines , n'oublier pas que toutes ces machines ne cotisent pas aux cotisations sociales (assurance maladie , chômage ,etc.), donc encore PLUS DE BENEFICES, pour les gros patrons et actionnaires, qui place une grosse partie de leurs gains dans les PARADIS FISCAUX, à bon entendeur salut !
a écrit le 12/01/2018 à 13:02 :
Et aux dernieres nouvelles les syndicats de Pimkie on refusé le RCC, les licenciements se feront donc sous PSE. C'est donc bien que le PCC n'est pas la porte ouverte à tous les abus contrairement aux vociferations des gauchos partisans de la non-adaptation pour leur seul avantage.
a écrit le 12/01/2018 à 13:00 :
je ne voudrais inquieter personne MAIS, les études sur l avenir de la robotique annonce d ici 2050 moins de 250 millions d emploies en moins, nottament dans les bureaux les assurances; les agences de voyage ;dans les ressources humaines ;et dans beaucoup d entreprises a forte main d oeuvres, , ils precissent meme que les votes de ces gens licencier iront vers les extremes , je crois que ces lois nouvelles sont faite pour accompagnier ce phenomene social castatrofique future, a chaqu un de se preparer car dans les tempts qui viennent cela vas licencier de partout par grosse vagues???
a écrit le 12/01/2018 à 12:56 :
je ne voudrais inquietes personne MAIS, les etudes sur l avenir de la robotique annonce d ici 2050 moins de 250 millions d emploies en moins, notament dans les bureaux les assurances; les agences de voyage ;dans les ressources humaines ;et dans beaucoup d entreprise sa forte main d oeuvres, , ils precissent meme que les votes de ces gens licencier iront vers les extremes , je crois que ces loies nouvelles sont faite pour accompagnier ce fenomene social castatrofique future, a chaqu un de se preparer car dans les tempts qui viennent cela vas licencier de partout par grosse vagues???
a écrit le 12/01/2018 à 9:13 :
Tiens !

Après de premières déclarations qui laissaient entendre que la taxe d'habitation serait remplacée par un nouvel impôt local, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a semblé revenir sur ses propos ce jeudi.Sur Twitter, elle indique ainsi que "la taxe d'habitation est définitivement abolie et ne sera pas remplacée par un autre impôt. La fiscalité locale sera entièrement repensée".Un peu plus tôt, elle avait indiqué que la taxe d'habitation, qui devrait être supprimée pour tous à l'horizon 2020, serait succédée par un nouvel "impôt plus juste". "Il faut parler de réforme fiscale et d'impôt plus juste", a déclaré Jacqueline Gourault lors de l'émission "Questions d'info" LCP-franceinfo-Le Monde-AFP. La disparition de la taxe d'habitation étant prévue sur trois ans, "il y aura bien évidemment besoin de ressources pour les collectivités locales", a-t-elle précisé.
a écrit le 11/01/2018 à 17:32 :
en FRANCE les inégalités se creusent .. en résultent la montée de l insécurité . . du populisme ext le bla bla n a aucun effet de com
a écrit le 11/01/2018 à 17:29 :
en FRANCE les inégalités se creusent .. en résultent la montée de l insécurité .. du populisme
a écrit le 11/01/2018 à 13:37 :
Quand arriverons nous à comprendre qu'il faut répartir les cotisations sociales sur le travail et sur l'énergie. Travail et énergie correspondent à la même grandeur physique. Pourquoi faire une différence en économie? Lisez la note n°6 du CAE, page 12. C'est pour moi incompréhensible.
a écrit le 11/01/2018 à 13:08 :
Salariés, : soyez "MOTIVES"... Vu la période, soit la répétition de 1929, nous n'avons plus qu'à espérer des révolutions plutôt qu'une guerre mondiale. Incroyable d'en arriver là. N.B. : le niveau des commentaires semblent se relever. Bonne chose. La prise de conscience fait plaisir.
a écrit le 11/01/2018 à 11:57 :
Ce qui est étonnant c'est que l'on évite de parler des Grandes Orientations de Politiques Économiques imposé par Bruxelles les fameux "GOPE" qui sont a l'origine de tout cela! Ce n'est pas une initiative française!
a écrit le 11/01/2018 à 10:10 :
Pendant que les partenaires sociaux allemands négocient une hausse importante des salaires dans l'industrie et une optimisation de l'organisation du travail dans une économie de plein emploi, des entreprises françaises, et pas des moindres, veulent avec l'appui du gouvernement se débarrasser à tout prix de leur salariés. Contraste saisissant entre deux visions du monde...Une optimiste et qui fonctionne à plein régime, et une qui mène à la décadence économique.
Réponse de le 12/01/2018 à 13:00 :
Puisque vous vous interessez à l'Allemagne, il ne vous a pas echappé la plus grande flexibilité qui permet à l'entreprise de s'adapter à conjoncture et donc ne pas couler biensur.
Et votre sagacité vous aura permis de relever que les syndicats qui recoltent les lauriers de leur maturité et compréhension des chose économiques etaient les memes qui ont accepté des baisses de salaires à travail identique quand ca allait mal.
Réponse de le 13/01/2018 à 8:40 :
Peut-être que la baisse démographique lié au faible taux de natalité allemand couplée à une bonne exportations des biens manufacturés allemand explique que les salariés sont en position de force; mais ça ne durera pas,l'économie allemande doit absorbée dans les années à venir 1 million d'immigrés qui eux auront sans doute un taux de natalité différent. En clair ils seront plus nombreux à se partager le gâteau donc fatalement il y en aura moins pour chacun,je ne vois pas d'échappatoire à moins qu' ils découvrent une énergie bon marché, c'est le problème économique français actuel en fait,ils vont le découvrir aprés nous.
a écrit le 11/01/2018 à 9:16 :
Loi travail :

Avant :
Pour éviter de faire un plan social, les entreprises peuvent mettre en place un plan de départ volontaire. Ce plan est toutefois encadré par de nombreuses règles pour éviter qu’il ne serve à contourner le plan social : l’employeur est tenu de mettre en place un plan de reclassement, de réembaucher prioritairement les salarié-es partis avec le plan en cas d’amélioration de la santé de l’entreprise, d’accorder des indemnités au moins équivalentes à celles existantes dans le plan social, de mettre en place des mesures sociales, de formation et d’accompagnement proportionnelles aux moyens du groupe…

Aujourd'hui :
Les ordonnances prévoient qu’il suffira d’un accord d’entreprise pour mettre en place un plan de départ volontaire, appelé par le Gouvernement « Rupture conventionnelle collective ». Fini la priorité de réembauche, les indemnités au moins équivalentes à celles existantes dans le plan social, les mesures sociales, de formation et d’accompagnement proportionnelles aux moyens du groupe, les obligations de reclassements…Cette disposition est très grave car elle permet de contourner la réglementation qui encadre les licenciements économiques.
Réponse de le 11/01/2018 à 10:38 :
vous n' aviez pas li les commentaires de l' UPR sur l' épisode Macron pro Ue en lien avec sa sujétion aux GOPE et cette envie forcenée de démantèlement du droit du travail ..?

De l' intérêt de la pluralité d 'information ..

5 -"Dans le chapitre coût du travail, « il convient que le salaire minimum continue d’évoluer d’une manière propice à la compétitivité et à la création d’emploi »

Traduction : il faut : a) arrêter les revalorisations du SMIC ; b) commencer à mettre en œuvre sa suppression.

Ne doutons pas que des campagnes de presse se préparent pour expliquer au bon peuple que le SMIC serait « un frein à la croissance » et que sa suppression permettrait de « libérer les énergies »…
6- « Une attention particulière devrait être accordée aux dispositions réglementaires du Code du travail ou aux règles comptables liées aux seuils spécifiques en matière d’effectifs, qui entravent la croissance des entreprises françaises »

Traduction : tiens donc ! C’est exactement ce que « propose » François Rebsamen, le prétendu « ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social » du gouvernement.

Même si, selon la tactique d’enfumage habituelle, dite « des lieutenants », certains socialistes font mine de s’y opposer. [12] Opposition pour la galerie bien entendu.
7- « Accroître la souplesse des conditions de travail en cas de difficultés économiques provisoires »

Traduction : il faut poursuivre la remise en cause de l’existence même des contrats de travail à durée indéterminée (CDI) et accroître la précarisation des contrats de travail."

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon
Réponse de le 11/01/2018 à 14:20 :
@Bergson

Je connais les GOPE (Grandes Orientations de Politique Économique) , déja pendant la loi El Khomri ou pendant que Kris Peters faisait la même chose en Belgique à la même période, mais merci quand même.
a écrit le 11/01/2018 à 9:09 :
Loi travail :

Avant :
Un-e salarie-e licencié-e dispose de 2 ans pour contester son licenciement devant les prudhommes. Ce délai a déjà été considérablement réduit puisqu’il était de 30 ans avant 2008 !

Aujourd'hui :
Les ordonnances prévoient de limiter ce délai à 1 an. Les salarié-es devront donc en même temps faire leurs démarches de recherche d’emploi (et parfois de reconstruction personnelle par exemple après des licenciements suite à du harcèlement), trouver un avocat et saisir le conseil de prud’hommes par une requête motivée. Un tour de force !
a écrit le 11/01/2018 à 7:29 :
la suppression d'un emploi que ce soit un licenciement sec ou des mesures en tout genre comme le non remplacement d'un départ en retraite sur 1-2-3-...reste une destruction d'un emploi et à forciori un chômeur de plus.
Il y a au tellement de supprssion d'emploi qu'aujourd'hui avec la reprise les entreprises ont du mal à recruter ne trouvant pas les personnes qualifiées ou pas. Elles payent aujourd'hui leur politique de délocalisation de leur production mais aussi leur manière de gérer en voulant la flexibilité et des salaires à bas coût !
De nombreux commerçants, patrons se rémunèrent gracieusement directement (salaire distribution) et indirectement (montage de sci qui facture des loyers commerciaux avec des taux de rendements de plus de 8 % pour ne pas dire 10 %) et fond supporter leur train de vie par l'entreprise. Il faut supprimer la déduction des charges des voitures de direction et des carburants, supprimer la déductions des frais de restauration (hors personnel de chantier) et supprimer la déduction de la tva sur ce type de charge etc...
Heureusement tous ne sont pas ainsi, certains considèrent que leurs salariés ne sont pas des charges mais un investissement.
L'état doit mettre le paquet sur la formation, (par exemple prise en charge de l'intégralité des rémunérations et charges sociales d'un stagiaire (dans la limite de 2.5 fois le smic) à condition qu'il soit embaucher en fin de formation dans l'entreprise sur une période d'au moins 1 an) la baisse des charges (sans condition) des 15 dernières années n'a pas fait évoluer le chômage à la baisse et les chiffres sont là pour nous le prouver. MACRON fait la même erreur que ses prédécesseurs.
Il fallait maintenir les charges et l'état devait augmenter les budgets pour accompagner la formation des chômeurs (flexi sécurité) et accompagner les entreprises qui subissaient des baisses de commandes (améliorer le régime du chômage partiel) comme ont pu le faire les allemands pendant la crise économique de 2007
MACRON nous ressort les vieilles formules, seules la présentation change, heureusement pour lui que la croissance est de retour, mais pour combien de temps ?
a écrit le 11/01/2018 à 7:23 :
Le travail ne sera jamais plus donné en France, il faudra à l'avenir le mériter, l'entretenir et le développer. Les entreprises n'ont plus vocation à faire le social dans un pays mais à gagner de l'argent. Une entreprise doit pouvoir licencier qui elle veut si c'est pour assurer sa survie ou son simple développement. Ceux qui pensent le contraire peuvent toujours créer leur propre entreprise et multiplier les emplois si ça leur chante.
Réponse de le 13/01/2018 à 17:36 :
Donc, à charge à l'Etat le social... Et l'on fait comment pour faire baisser les impôts ? Par ailleurs, si les entreprises sont là pour gagner de l'argent pourquoi l'Etat doit leur verser, primes, aides et autres coup de mains ?
a écrit le 11/01/2018 à 3:28 :
RCC = chomage. Les salaries manquent cruellement d'imagination. En Allemagne les syndicats font plier le patronat, en France c'est chacun pour soit. Ce n'est pas ainsi que le pays France va restaurer son economie.
Réponse de le 11/01/2018 à 8:24 :
Le chacun pour soi n'est que la réponse a l’État pour tous qui n'existe plus!
Réponse de le 12/01/2018 à 10:14 :
A BREF. Il faut pour que les choses evoluent favorablement faire corps. Rester seul dans son coin obere toute evolution.
Lisez, si vous aimez lire ce petit ouvrage d' Emmanuel Dockes aux Editions de Detour. "Voyage en Misarchie". Une merveille certes a ce jour utopique mais a terme une proposition qui pourrait sauver l'humanite de sa courses vorace au tjrs plus. Cordialement.
a écrit le 11/01/2018 à 1:31 :
Personne peut me dire que l'esclavage est fini. C est juste devenu moderne
a écrit le 10/01/2018 à 20:10 :
La paupérisation de la France était largement installée et elle va bien sûr s' accélérer avec la déglingue macronienne des CDI qui cogne les classes moyennes.

Macron et sa GOPEodépendance, inutile de chercher plus loin, les emplois sont à l' est et à 400 euros mensuels pour faire plaisir au papa américain de l' Ue qui divise pour régner ..
Merci qui..?
A l' aliénation d 'une presse mondialiste ultra libérale consentante et qui ne fait pas le job et réfute la pluralité ..
Heureux anglais ..

Entre 1993 et 2010, en France, la proportion des emplois à moyen salaire s'est effondrée de 8,6 % !
Autrement dit :
En France, les classes moyennes se sont beaucoup appauvries. Les classes moyennes rejoignent de plus en plus les classes sociales les plus pauvres.

En Allemagne, la proportion des emplois à moyen salaire a baissé de 6,7 %. (Rappel : en septembre 2017, l'extrême-droite a obtenu 94 députés au parlement en Allemagne. Je dis bien : 94 députés.)

Cet appauvrissement des classes moyennes est encore pire dans d'autres pays de l'Union européenne :

En Suède, la proportion des emplois à moyen salaire s'est effondrée de 9,6 % !
Au Danemark, la proportion des emplois à moyen salaire s'est effondrée de 10,3 % !
En Autriche, effondrement de 10,4 % !
En Italie, effondrement de 10,6 % !
En Finlande, effondrement de 10,6 % !
En Grèce, effondrement de 10,7 % !
Au Luxembourg, effondrement de 10,8 % !
Au Royaume-Uni, effondrement de 10,9 % !
En Espagne, effondrement de 12 % !
En Belgique, effondrement de 12,1 % !
En Irlande, effondrement de 14,9 % !
L'appauvrissement des classes moyennes va avoir des conséquences politiques partout en Europe.
Comme les classes moyennes deviennent de plus en plus pauvres, elles vont voter pour les partis extrémistes.
Cet échec total de la construction européenne est visible dans le graphique page 15 :

Source « Change in Occupational Employment Shares in Low, Middle, and High-Wage »
a écrit le 10/01/2018 à 20:02 :
Les courbes vont s'inverser....😊😂😂....de popularité certainement....😁
a écrit le 10/01/2018 à 19:04 :
Et les créations d'emploi favorisée par ces lois travail , elles sont où et encore là je parle de quantité pas de qualité d'emploi
a écrit le 10/01/2018 à 18:54 :
Le chômage va exploser et les chômeurs Macron vont aller pointer à Pôle emploi. 2 refus et ils vont se retrouver au RSA. Heureusement qu'avec la suppression de l'ISF pour les actionnaires , il va y avoir des millions d'emplois créées . On a le droit d'être dubitatif , et c'est un euphémisme de le dire.
a écrit le 10/01/2018 à 18:33 :
Les propriétaires d'outil de production étant hégémoniques, ils possèdent tout du coup ne sachant plus quoi faire, totalement aliénés ils détruisent leurs outils de production afin de les transformer en rentes.

Leurs médias de s'occuper de nous faire passer des vessies pour des lanternes.

Par delà le gâchis immense salarial que cela engendre c'est également la fin de l'économie réelle, ces gens là, gamins immatures trop gâtés, sont en train de tout détruire pour leurs seuls et uniques intérêts.
a écrit le 10/01/2018 à 18:30 :
Malheureusement ça marche beaucoup mieux que les dispositifs à embaucher...non il n'y a aucune embellie en France depuis les années 70/80 ou le chômage n'a cesser d'augmenter et l'économie de s'effondrer.

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