« La stratégie Zéro Covid est un investissement économique rentable »
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Manifestants à Hambourg en faveur d'une stratégie Zéro Covid.
Reuters
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Manifestants à Hambourg en faveur d'une stratégie Zéro Covid.
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LA TRIBUNE - Dans votre étude, vous montrez que la France est beaucoup plus touchée par la Covid-19 en termes de décès et déclin économique que d'autres pays de l'OCDE. Comment l'expliquez-vous ?
CÉCILE PHILIPPE ET NICOLAS MARQUES - Effectivement, après douze mois de crise sanitaire, il est possible de faire un bilan d'étape de l'efficacité des politiques publiques mises en œuvre dans la lutte contre la Covid-19. Or, les données sont fascinantes à ce sujet. Elles montrent que tous les pays du monde ne poursuivent pas la même stratégie et, plus important encore, certaines stratégies ont produit des résultats bien supérieurs aux autres en termes sanitaires et économiques.
En dépit des efforts déployés de part et d'autre, l'épidémie a été particulièrement meurtrière en Amérique du Nord, Amérique du Sud et Europe. En revanche, son impact a été moindre en Asie, Afrique et Océanie. Si certains pays font mieux que d'autres au sein des 11 pays du G10, force est de constater qu'aucun n'échappe à des mouvements de yoyo, rendant toute projection dans l'avenir difficile, ce qui pénalise les sociétés et les économies.
Par contre, il existe au sein de l'OCDE des pays qui s'en sortent beaucoup mieux sur le plan sanitaire et économique. Il s'agit notamment de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la Corée du Sud, représentant 82 millions d'habitants. Ils ont ceci de spécial d'avoir opté pour une stratégie différente, inspirée, d'une part, par leurs connaissances en maladies infectieuses, et par leurs observations du virus. Même si les données ne sont pas strictement homogènes, l'ampleur des variations interpelle puisque si nous nous comparons à eux, nous avons 42 fois plus de décès et un recul du PIB cinq fois plus important.
De quelle stratégie s'agit-il ?
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Face aux maladies infectieuses, il existe deux stratégies principales. La première, dite d'atténuation, vise à limiter l'ampleur de la dissémination du virus. L'objectif principal est en général d'éviter la saturation des services de santé. Les mesures de contrôle sont renforcées au fur et à mesure que le virus devient plus prévalent. C'est cette stratégie que nous poursuivons en France.
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