Le chômage poursuit sa décrue grâce aux reprises d'activité et aux mesures de soutien

Sur un an, la baisse du nombre de chômeurs sans activité est de 15,7%, soit 600.000 chômeurs en moins. Mais certaines catégories de chômeurs augmentent ou ne bougent pas, selon les chiffres du premier trimestre communiqués par le ministère. Si le gouvernement du quinquennat Macron 2 va continuer de viser le plein emploi, celui-ci pourrait prendre la forme de postes en activité partielle ou en formation, avec les rémunérations correspondantes.
Notre objectif des 5 prochaines années est clair: cap sur le plein emploi !, a réagi sur Twitter la ministre du Travail, Élisabeth Borne.
"Notre objectif des 5 prochaines années est clair: cap sur le plein emploi !", a réagi sur Twitter la ministre du Travail, Élisabeth Borne. (Crédits : Reuters)

Le nouveau quinquennat du Président Macron verra-t-il le retour du plein emploi en France, avec un taux de chômage inférieur à 5% ? Si pour 2022, le président réélu le 24 avril dernier, vise un taux de 7%, la reprise d'activité totale reste toutefois un long chemin semé d'embûches. De fait, le nombre de chômeurs (catégorie A, sans activité) a bel et bien enregistré en France (hors Mayotte) une nouvelle forte baisse de 5% au premier trimestre 2022 par rapport au trimestre précédent (soit 169.100 inscrits en moins), selon les chiffres publiés jeudi par le ministère du Travail.

Sur un an, la baisse de cette catégorie est même de 15,7%, soit 600.000 chômeurs en moins. Mais certains catégories de chômeurs augmentent ou ne bougent pas.

C'est le cas des catégories B (moins de 78 heures de travail dans le mois) qui voit le nombre d'inscrit croître de 2,2% (+16.200) alors que celui en catégorie C (plus de 78 heures) n'évolue pas.

Le calcul du chômage en France reste un sujet à polémiques. Les chiffres de Pôle Emploi sont répartis en plusieurs catégories, notamment A (personnes totalement sans emploi), B (personnes ayant exercé une activité réduite de 78 heures par mois) et C (personnes ayant exercé une activité de plus de 78 heures). Les chiffres au sens du Bureau international du travail (BIT), régulièrement donnés par l'Insee, désignent quant à eux les personnes totalement sans emploi.

Des reprises partielles d'emploi

Il s'agit donc principalement d'embauches sur des activités réduites. Pour les entreprises massivement soutenue lors de la crise Covid, les besoins de main d'oeuvre sont là. La hausse des projets de recrutements est en effet portée par la construction (+21,8%), l'industrie (+23,8%) et l'hébergement-restauration (+23,4%), soulignait Pôle emploi début avril.

La dynamique est aussi portée par les établissements de moins de 50 salariés qui représentent 7 embauches sur 10.

Ainsi, en incluant l'activité réduite (catégories B et C de Pôle emploi), le nombre de demandeurs d'emploi est en baisse au quatrième trimestre de 2,7% (8,2% sur un an) et s'établit à 5,533 millions, selon la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares).

En catégorie A, le nombre de demandeurs d'emploi atteint son plus bas niveau depuis le 2e trimestre 2012. "Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité continue de baisser fortement au premier trimestre. Notre objectif des 5 prochaines années est clair: cap sur le plein emploi !", a réagi sur Twitter la ministre du Travail, Élisabeth Borne.

Sur le front du chômage longue durée, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits depuis un an ou plus diminue de 4,9% (-12,3% sur un an) à 2,676 millions (catégories A, B et C).

Apprentissage et contrats d'engagement pour les jeunes

La baisse en catégorie A est plus forte chez les jeunes de moins de 25 ans (-10,8% en France métropolitaine) que pour les autres tranches d'âge (-4,9% pour les 25-49 ans et -3,4% pour les 50 ans et plus). Sur un an, le chômage des jeunes aura ainsi reculé de plus de 25%, soit 125.000 inscrits en moins.

Environ 70.000 jeunes très éloignés de l'emploi ont signé un contrat d'engagement jeune  (CEJ) depuis son lancement début mars, selon les Echos. D'une durée de six mois à un an et ciblé sur les 16-25 ans (29 pour ceux en situation de handicap), le CEJ a pris le relais de la Garantie jeunes avec la même rémunération mensuelle de 500 euros mais un accompagnement plus intensif de 15 à 20 heures par semaine.

Beaucoup d'entreprises ont également eu recours à l'usage de contrat en apprentissage, soutenu par les aides post-Covid.

Lire aussi 7 mnFrance : Pourquoi le recul du chômage est essentiellement lié aux aides à l'apprentissage

Les inscriptions à Pôle Emploi augmentent

A l'inverse, sur le trimestre, les entrées à Pôle emploi augmentent (+17.300 soit +3,3%), en particulier les entrées pour démission (+9,6%) qui atteignent leur plus haut niveau depuis fin 2004 et pour fins de mission d'intérim (+8,7%). Les sorties sont elles stables.

Le nombre de chômeurs en catégorie A diminue dans les 13 régions de France métropolitaine (entre -6,4% en Normandie et -2,6% en Corse). Dans les départements-régions d'outre-mer hors Mayotte, la baisse est de 1,9% (entre -2,4% en Martinique et +0,5% en Guyane).

Au national, au sens du BIT, le taux de chômage en France est passé de 9,3% à 7,4% de la population active entre le premier trimestre 2017 et la fin de l'année 2021. Sans aller sur le terrain miné des courbes, Emmanuel Macron pourrait réussir son pari d'atteindre un taux de 7% d'ici la fin du quinquennat.

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ZOOM : le taux de chômage à l'étranger

- Le taux de chômage a reculé à 3,8% au Royaume-Uni lors des trois mois terminés fin février, principalement à cause d'une attrition du marché du travail, avec une pénurie de travailleurs qui reste aigüe. À fin janvier, le taux de chômage se situait à 3,9%, son niveau de juste avant la pandémie de coronavirus.

Le taux de chômage en Allemagne est resté stable en mars, à 5% selon des données publiées jeudi par l'Agence pour l'emploi, qui prévoit un regain de chômage partiel dans le sillage de la guerre en Ukraine.

- Le taux de chômage a légèrement progressé au premier trimestre en Espagne pour atteindre 13,65% de la population active, contre 13,3% fin décembre, selon les données publiées jeudi par l'Institut national de la statistique (INE).

Le marché de l'emploi canadien a continué de s'améliorer et s'est établi à 5,3% en mars, soit le taux le plus bas niveau jamais enregistré, a annoncé vendredi Statistique Canada.

- Aux Etats-Unis, le taux de chômage est tombé à 3,6%, en recul de 0,2 point par rapport à février, selon les données du département du Travail. Il retrouve ainsi presque son niveau de février 2020, lorsqu'il était de 3,5%, son plus bas niveau en 50 ans, juste avant que le Covid-19 ne mette sous cloche l'activité économique.

- Au Brésil, le chômage est resté stable au Brésil avec un taux de 11,2% de décembre à février et touche encore 12 millions de personnes, selon les chiffres officiels


(Avec AFP)

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Commentaires 4
à écrit le 28/04/2022 à 23:28
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Et dans le même temps, la pauvreté augmente. Cherchez l'erreur ...

à écrit le 28/04/2022 à 15:23
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Bravo pour le résultat, mais cela signifie-t-il une aggravation de la dette? Auquel cas il faudrait conclure que nous n'avons toujours pas trouvé la recette du Club du Nord, celui qui sait équilibrer ses budgets.

à écrit le 28/04/2022 à 14:32
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Une fois tout le monde employé, il ne restera plus personne pour occuper certains postes, comment fera-t-on ? Faire revenir des retraités (comme dans le domaine médical, pour dépanner) ? :-)

le 28/04/2022 à 23:31
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Faut pas rêver... On vous en parle peu mais autant le savoir.. chez stellantis par exemple ( ex Peugeot-Citroën ), les gens travaillent même pas 6 jours par mois.... ).. Ça fait un moment que ça dure... c'est pas du chômage.. enfin ça en est mais c'e...

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