Le coronavirus aggrave les inégalités au travail
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Aides-soignants, infirmiers, livreurs, personnel de caisse, éboueurs, intérimaires...depuis plus de six semaines déjà, de nombreux professionnels continuent de se rendre sur leur lieu de travail malgré les risques de contamination. Une myriade de témoignages sur les réseaux sociaux rend compte tous les jours du malaise chez certains salariés confrontés au manque de moyens de protection (masques, blouses) pour se prémunir de cette maladie infectieuse. Avec la réouverture des usines dans l'automobile et des chantiers en France, l'angoisse s'amplifie pour de nombreux travailleurs. "Dans de nombreux pays, les inégalités de revenu ont considérablement augmenté depuis les années 1980 et ont eu des conséquences sociales et économiques néfastes. Aujourd'hui, la pandémie de COVID-19 met cruellement en lumière ces inégalités - qu'il s'agisse d'attraper le virus, de rester en vie, de faire face aux conséquences économiques dramatiques. Certaines catégories, comme les travailleurs migrants et les travailleurs de l'économie informelle, sont particulièrement affectées par les répercussions économiques du virus. Et les femmes, qui sont surreprésentées dans le secteur public de la santé, sont particulièrement exposées" expliquait récemment l'économiste Patrick Belser de l'organisation internationale du travail (OIT).
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Il est encore tôt pour avoir des chiffres définitifs sur la situation des salariés et leurs conditions de travail pendant cette crise historique. "Dans le contexte de cette crise, on peut distinguer trois grandes catégories dans la population active : les salariés qui sont mis à l'arrêt et se retrouvent au chômage partiel. Les indépendants qui sont également mis à l'arrêt et qui ne bénéficient pas toujours d'une indemnité, les salariés qui continuent de travailler avec des horaires amplifiés, les salariés qui sont en télétravail" explique à La Tribune l'économiste de l'université Paris Nanterre et auteure de l'ouvrage (*) "Hommes/Femmes: Une impossible égalité professionnelle ?" Dominique Meurs. Les premiers résultats diffusés par le service de statistiques du ministère du Travail (Dares) indiquent qu'environ un quart des salariés travaillent sur site, un quart sont en télétravail et un autre quart sont au chômage partiel. Le dernier quart concerne les personnes en arrêt maladie, pour garder leurs enfants par exemple (13%) ou en congés (9%).
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