Le plan emploi, "indigne opération de maquillage des chiffres" pour l'opposition

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Ce n'est pas faute d'avoir voulu anticiper les critiques... François Hollande présentait ce lundi devant le Conseil économique social et environnemental (CESE), un vaste plan "d'urgence" pour l'emploi, allant de la formation des chômeurs de longue durée à la relance de l'apprentissage, en passant par la pérennisation du Crédit impôt recherche. Lors de l'exercice, le chef de l'Etat s'est voulu combatif... et rassurant. Non, son plan de formation de 500.000 chômeurs n'est pas un "artifice statistique" destiné à faire baisser le taux des demandeurs d'emploi, a-t-il affirmé. "On ne peut pas corriger les statistiques", a-t-il martelé lors ses vœux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi.
En effet, depuis qu'il a conditionné sa réélection à une inversion "crédible" de la courbe du chômage, l'été dernier, une partie de l'opposition l'accuse de tout tenter pour "maquiller les chiffres". Ce que personne ne conteste en revanche, c'est que depuis son élection en 2012, quelque 650.000 chômeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle emploi. Ainsi, le plan présenté ce lundi a vite pris le nom de "plan de la dernière chance" dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Avant même que le chef de l'Etat ne commence à égrainer les mesures de son plan pour l'emploi devant le CESE, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a fustigé l'initiative sur Radio Classique ce lundi:
Un terme repris par le sénateur les républicains Roger Karouchi, sénateur Les Républicains:
Quant à Jean-Christophe Lagarde, il a également estimé qu'"on est incapable de former 500.000 personnes en un an, tout simplement, si ce sont des formations sérieuses, (...) parce qu'il n'y a pas les organismes de formation, il n'y a pas les formateurs, il n'y a pas les cycles de formation correspondants" et "il n'y a pas les budgets".
L'Etat doit mobiliser 1 milliard d'euros pour la formation de ces 500 000 chômeurs, avec une mise à contribution de l'Afpa ainsi que de Pôle emploi. Pour financer la totalité du plan, qui s'élève à 2 milliards et comprend plusieurs mesures "chiffrées", comme une prime à l'embauche immédiate de 2.000 euros pour les PME de moins de 250 salariés jusqu'à 1,3 Smic, aucun impôt nouveau ne sera prélevé, assure François Hollande. "Les 2 milliards d'euros de ces réformes seront financés sans prélèvements supplémentaires", et passent par des "économies" a-t-il précisé.
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Après que François Hollande a plaidé pour une "voie" médiane entre "libéralisme" et "immobilisme", annonçant notamment la transformation du CICE en "baisse définitive des charges sociales", le secrétaire national du parti de gauche Alexis Corbières a jugé "incohérent" le plan du gouvernement, sur Twitter:
Même critique au sein des rangs socialistes, le maire Laurent Baumel:
Du côté des partenaires sociaux, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, parlait quant à lui de "PLA" pour "programme libéral accentué", tandis qu'à la CGT, Philippe Martinez dénonçait l'attitude du chef de l'Etat, qui "propose de continuer ce qui ne marche pas : les aides aux entreprises, les exonérations, beaucoup de cadeaux aux entreprises", ajoutant: "ça fait 40 ans (...) et la courbe du chômage continue à augmenter" et appelant à "inverser cette logique d'aide aux entreprises" et de culpabilisation des chômeurs.
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Enfin, au FN, Nicolas Bay n'a pas hésité à parler de "politique du pire" et a regretté l'absence du thème du "patriotisme économique" au cœur du plan, se demandant "quand le gouvernement finira(it) par admettre que la grande cause du chômage de masse est la concurrence déloyale des pays étrangers?"
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