Le plan emploi, "indigne opération de maquillage des chiffres" pour l'opposition

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Jean-Christophe Lagarde (UDI) a dénoncé avant même le détail des mesures, un plan emploi destiné uniquement à maquiller les chiffres du chômage en vue de faciliter la réélection du candidat Hollande en 2017.
Jean-Christophe Lagarde (UDI) a dénoncé avant même le détail des mesures, un plan emploi destiné uniquement à maquiller les chiffres du chômage en vue de faciliter la réélection du candidat Hollande en 2017. (Crédits : Charles Platiau/Reuters)
François Hollande a détaillé lundi le détail de son plan "d'urgence" pour l'emploi - "la seule question qui vaille, au-delà de la sécurité des Français". Les réactions ne se sont pas fait attendre: LR, UDI, FN, CGT, etc., sont tombés à bras raccourcis sur ce "plan de la dernière chance". Même le PS y est de ses critiques.

Ce n'est pas faute d'avoir voulu anticiper les critiques... François Hollande présentait ce lundi devant le Conseil économique social et environnemental (CESE), un vaste plan "d'urgence" pour l'emploi, allant de la formation des chômeurs de longue durée à la relance de l'apprentissage, en passant par la pérennisation du Crédit impôt recherche. Lors de l'exercice, le chef de l'Etat s'est voulu combatif... et rassurant. Non, son plan de formation de 500.000 chômeurs n'est pas un "artifice statistique" destiné à faire baisser le taux des demandeurs d'emploi, a-t-il affirmé. "On ne peut pas corriger les statistiques", a-t-il martelé lors ses vœux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi.

Le "plan de la dernière chance"

En effet, depuis qu'il a conditionné sa réélection à une inversion "crédible" de la courbe du chômage, l'été dernier, une partie de l'opposition l'accuse de tout tenter pour "maquiller les chiffres". Ce que personne ne conteste en revanche, c'est que depuis son élection en 2012, quelque 650.000 chômeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle emploi. Ainsi, le plan présenté ce lundi a vite pris le nom de "plan de la dernière chance" dans les médias et sur les réseaux sociaux.

"Opération indigne de maquillage" dit J.-C. Lagarde (UDI)

Avant même que le chef de l'Etat ne commence à égrainer les mesures de son plan pour l'emploi devant le CESE, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a fustigé l'initiative sur Radio Classique ce lundi:

"On voit bien que le président de la République a dit qu'il ne se représenterait que si le chômage baissait et qu'il se lance dans une opération assez absurde, assez indigne de maquillage, de maquillage des chiffres du chômage", a-t-il dénoncé.

Un terme repris par le sénateur les républicains Roger Karouchi, sénateur Les Républicains:

Pour la 17ème fois en 4 ans,Hollande annonce son plan emploi..Apres l'incantation ratée à l'inversion,l'opération maquillage des chiffres!

— Roger KAROUTCHI (@RKaroutchi) 18 Janvier 2016

Il n'y a "pas les budgets" pour former 500.000 chômeurs

Quant à Jean-Christophe Lagarde, il a également estimé qu'"on est incapable de former 500.000 personnes en un an, tout simplement, si ce sont des formations sérieuses, (...) parce qu'il n'y a pas les organismes de formation, il n'y a pas les formateurs, il n'y a pas les cycles de formation correspondants" et "il n'y a pas les budgets".

L'Etat doit mobiliser 1 milliard d'euros pour la formation de ces 500 000 chômeurs, avec une mise à contribution de l'Afpa ainsi que de Pôle emploi. Pour financer la totalité du plan, qui s'élève à 2 milliards et comprend plusieurs mesures "chiffrées", comme une prime à l'embauche immédiate de 2.000 euros pour les PME de moins de 250 salariés jusqu'à 1,3 Smic, aucun impôt nouveau ne sera prélevé, assure François Hollande. "Les 2 milliards d'euros de ces réformes seront financés sans prélèvements supplémentaires", et passent par des "économies" a-t-il précisé.

A gauche, le procès du "libéralisme sans résultat"

Après que François Hollande a plaidé pour une "voie" médiane entre "libéralisme" et "immobilisme", annonçant notamment la transformation du CICE en "baisse définitive des charges sociales", le secrétaire national du parti de gauche Alexis Corbières a jugé "incohérent" le plan du gouvernement, sur Twitter:

 Même critique au sein des rangs socialistes, le maire Laurent Baumel:

Du côté des partenaires sociaux, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, parlait quant à lui de "PLA" pour "programme libéral accentué", tandis qu'à la CGT, Philippe Martinez dénonçait l'attitude du chef de l'Etat, qui "propose de continuer ce qui ne marche pas : les aides aux entreprises, les exonérations, beaucoup de cadeaux aux entreprises", ajoutant: "ça fait 40 ans (...) et la courbe du chômage continue à augmenter" et appelant à "inverser cette logique d'aide aux entreprises" et de culpabilisation des chômeurs.

Le FN revendique le "patriotisme économique"

Enfin, au FN, Nicolas Bay n'a pas hésité à parler de "politique du pire" et a regretté l'absence du thème du "patriotisme économique" au cœur du plan, se demandant "quand le gouvernement finira(it) par admettre que la grande cause du chômage de masse est la concurrence déloyale des pays étrangers?"

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Commentaires
a écrit le 19/01/2016 à 10:52 :
L'intention est là. Mais, c'est seulement une intention. Reste que le logiciel n'a toujours pas changé.

On reprend le même mode d'emploi utilisé par les uns et les autres depuis des dizaines d'années. On fait un petit saupoudrage. On remue le tout et cela donne les propositions d'aujourd'hui.

Reste qu'en attendant, très peu d'emplois sont créés et nombreux sont détruits. Tout est trop complexe. Trop de paperasses, trop d'empilements de mesures, trop de gaspillages. Conclusion : de nouvelles formations (parfois bidons trop souvent en décalage avec le terrain/les besoins) proposées par plus de 55 000 organismes (alors que l'Allemagne n'en compte que 4 400. Formations qui trop souvent n'aboutiront à rien.

Des aides financières pour des entreprises qui demandaient plutôt un allégement des charges, une réduction administrative, une stabilité législative et une vue dégagée sur l'avenir. Mais là, ce ne sera qu'opportunisme, appel d'air, temporalité. Bref, rien de bien constructif !

Finalement, cela montre toujours un peu plus le décalage entre les politiques, les entreprises (autres que firmes/groupes), entre les besoins et les mesures. Les jeunes, les seniors au chômage continueront de galérer. Les TPE/PME/artisans continueront de galérer. L'argent public sera encore gaspillé. Etc ...

"Pauvre" France !
a écrit le 19/01/2016 à 7:16 :
Un comique M. Lagarde il représente peu de chose l'UDI est le point plus espéré qu'il pourrait manquer à LR. Un parti inconsistant en fait le valet de LR et qui se pliera au bon vouloir du candidat LR. Ces partis, mais est ce des partis, ne sont que des mosaïques des "leaders". Nous avons beaucoup de partis inutiles comme le PC , les Verts les radicaux et autres trucs machins qui ne sont que des valets SAUF qu'ils pompent de l'argent public et de la formation car tous ces partis ont leur ste de formation des machines plus ou moins dans la magouille de faire de l'argent qui parfois ne sent pas bon le frais, comme par exemple payer le loyer de leur locaux.
a écrit le 18/01/2016 à 23:22 :
@ BONSOIR : Ce type est écoeurant .... juste bon a essayer de masquer son incapacité à réduire le chômage ... La formation professionnelle très bien mais une fois cette formation terminée ou sont els emplois ? Il a encore parlé pour ne rien dire ... Une seule chose la grève générale pour de véritables propositions pour lutter efficacement contre le chômage, la misère, la précarité. Il a tout raté ; le commerce extérieur : pour faire plaisir à son maîmaître M. OBAMA HOLLANDE a sacrifier les intérêts économiques pour soutenir els intérêts stratégiques américains on en voit les résultats agriculture etc... Monsieur HOLLANDE combien à couté à al FRANCE votre imbécilité d'embargo sur els bateaux russes allons allons un peu de courage dites la vérités pour une fois !
a écrit le 18/01/2016 à 19:21 :
Indigne n'est pas le mot. Je dirai plutôt, digne d'un indigne politicien, plus intéressé par le pouvoir que par la pays et ses citoyens. De tout façon, mon choix est fait, s'il est au deuxième tour ce sera tout sauf Hollande !!!
a écrit le 18/01/2016 à 19:08 :
Qu'a fait la droite contre le chômage pendant 10 ans au pouvoir ? rien !
Réponse de le 18/01/2016 à 19:23 :
Qu'a fait la gauche contre le chômage pendant 14 ans au pouvoir ? rien ! Ah si les 35 heures, le miracle social !!
a écrit le 18/01/2016 à 19:08 :
Qu'a fait la droite contre le chômage pendant 10 ans au pouvoir ? rien !
a écrit le 18/01/2016 à 16:02 :
"Le plan emploi de Hollande veut encore faciliter les licenciements... pour mieux lutter contre le chômage ! Incohérent..."
Celui qui a prononcé cette phrase pourrait il nous détailler les mesures du plan annoncé par Hollande qui facilitent les licenciements?
a écrit le 18/01/2016 à 15:59 :
Pour les plans emplois, il faut demander au mari de Mme PECRESSE (Jérôme) qui va supprimer 6000 postes en Europe avec Alstom, dont 800 en Ile-de-France,
Le tout annoncé après les élections régionales. Rassurez-vous pour lui, il touchera 2 millions d'euros pou son hyper-compétence.
a écrit le 18/01/2016 à 15:49 :
L’électorat une nouvelle fois est pris pour ce qu'il mérite,!!!!!
Alors ,les abstentionnistes,les sectaires,les encartés à tout va,vous allez comme les autres payer les âneries ,le mot est faible,!!!
Car sans formateurs qualifiés,sans études préalable des débouchés,la dépense sera vaine,et le résultat toujours,sinon pire,aussi préoccupant.
mais comme dit mon coiffeur,demain ou en 2017je rase gratis,
a écrit le 18/01/2016 à 15:20 :
"On ne peut pas corriger les statistiques", il était menteur le voilà aussi amuseur ^^
a écrit le 18/01/2016 à 15:20 :
"On ne peut pas corriger les statistiques", il était menteur le voilà aussi amuseur ^^
a écrit le 18/01/2016 à 15:01 :
Les hommes politiques savent trés bien ce qu'il faut pour faire baisser le chômage, baisser les charges des entreprises, supprimer les 35 heures, simplifier l'administration, baisser les impôts des petites entreprises et sécurisé leurs investissements, aider et mettre à plat la formation et donner une deuxième chance à ceux qui n'ont pas de diplôme, mais comme ils veulent être élus et que toute ces mesures sont impopulaires ou vont contre le pouvoir des syndicats !!!
a écrit le 18/01/2016 à 14:39 :
A quoi bon pareille posture ? Entre mesures de rabotage et mesures de maquillages nos gouvernants ne font que ça depuis si longtemps ! A quoi bon s'étriper entre gens de droite et gens de gauche, avec pareille politique identique ? L'opinion, des Français est amplement faite depuis le temps, 3/4 des gens ne votant pas ou votant FN : alors les autistes, ils s'en foutent ! Qui peut nier que le dumping social et salarial est la dominante mondialisée en économie ? A quoi bon pareille querelle politicarde cynique ?
a écrit le 18/01/2016 à 14:39 :
Cette lucidité soudaine et ce plan viennent bien trop tard et sont énoncés par un acteur qui n'a plus aucune crédibilité. Conclusion : tout le monde râle et personne n'est près à se retrousser les manches pour changer quoi que ce soit !
a écrit le 18/01/2016 à 14:33 :
C´est ahurissant.... Les betises que des gens censés connaitre un tout petit peu d´economie politique puissent sortir des idioties du genre: "la grande cause du chômage de masse est la concurrence déloyale des pays étrangers"..... Alors que tout economiste un tant soit peu honnete sait que ce sont les deficits budgetaires croissants qui sont les grandes causes de l´appauvrissent generalisé...., car l´Etat est obligé de presser le citron a ne pas en finir des gens qui travaillent et roduisent de la richesse... Au bout, les entrepries doivent rationnalise de plus en plus et finissent par licencier les moins productifs.
Réponse de le 18/01/2016 à 15:02 :
@Kazbo 18/1 14:33
Vous avez complètement raison. Il suffit de regarder de l'autre coté du Rhin.
Le pire est que les mesures annoncées ne sont que des pis-allers pour réduire le nombre de chômeurs en catégorie 1 au même titre que les emplois d'avenir et le service d'action civique.
La clé est de remettre de l'ordre dans les comptes publics c'est à dire trouver au moins E 80 Mlds de réduction en deux-trois ans.
Qui a le courage de le faire ?
Cordialement
Réponse de le 18/01/2016 à 15:08 :
Mais d'où proviennent ces déficits budgétaires croissants sinon d'une économie de moins en moins concurrentielle, plombée par les sacro-saints acquis sociaux et la toute-puissance syndicale ?
L'industrie est pour une grande partie déjà partie à l'étranger, et c'est en cours pour l'agriculture, et même les services.
Là où il y a abus c'est de parler de concurrence "déloyale", car sauf dumping ou tromperie sur la qualité, la concurrence est saine à tous points de vue.

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