Dissolution de l'Assemblée : la Corse autonome a du plomb dans l’aile
Jean-Marc Rafaelli
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Emmanuel Macron à la tribune de l'Assemblé de Corse en septembre dernier.
Reuters
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Emmanuel Macron à la tribune de l'Assemblé de Corse en septembre dernier.
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La Corse de la politique s'est réveillée avec la gueule de bois au lendemain de l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale qui marque un sérieux coup d'arrêt à la réforme constitutionnelle promise par le Président de la République à la tribune de l'Assemblée de Corse le 28 septembre dernier : un statut d'autonomie assorti d'un pouvoir normatif et fiscal et l'officialisation de la singularité de l'île dans le texte fondateur de la Ve République.
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Le projet de texte constitutionnel, issu d'un long processus de deux ans, piloté par le ministre de l'Intérieur et voté à une large majorité par les élus corses, a du plomb dans l'aile. Son examen au Parlement prévu dans les prochaines semaines - une délégation de la commission des lois du Sénat était attendue sur place ce lundi - est reporté sine die. C'est un énorme caillou dans la chaussure de la majorité territoriale et de son chef de file autonomiste Gilles Simeoni qui avait beaucoup usé ses semelles tous ces derniers mois pour tenter de convaincre les députés et les sénateurs récalcitrants. Un entretien à l'Élysée était même programmé de façon imminente. On peut toujours céder au fatalisme et se résigner à admettre, avec l'historien-architecte Eugène Viollet-le-Duc, qu'il n'est pas d'œuvre humaine qui ne contienne en germe, en son sein, le principe de sa dissolution. Pour autant, les nationalistes assurent, bien que groggys, qu'ils ne sont pas prêts à capituler en rase campagne.
Jean-Marc Rafaelli