Législatives : Glucksmann, la campagne sous contrainte

Caroline Vigoureux
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Raphaël Glucksmann, à Cestas Gironde, le 22 juin.
© LTD / UGO AMEZ/SIPA

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Ses traits sont tirés et Raphaël Glucksmann lui-même ne le cache pas, il est épuisé. « Je n'ai pas dormi depuis un an », glisse-t-il jeudi à une dame lors d'un déplacement à Clichy (Hauts-de-Seine). À des voisins qui sortent la tête de leur fenêtre, le député européen demande : « Vous allez bien ? » « Bof », « Oui on va tous moyennement ». La campagne qu'il mène depuis six mois devait s'arrêter le dimanche 9 juin au soir, mais une nouvelle ère politique s'est ouverte une heure plus tard. Le candidat europhile a eu quelques minutes pour savourer son score avant qu'un coup de fil sur son téléphone lui donne le vertige : le président s'apprête à dissoudre l'Assemblée nationale. Des proches le décrivent alors comme « sonné », tel un « boxeur qui descend du ring ». À la joie a vite succédé la stupéfaction, comme une accélération de l'Histoire. « Pendant quatre mois, Raphaël a mené une campagne de chien en créant un bel élan, relate un socialiste. En quarante-cinq minutes, il s'est fait liquider sa victoire. C'est un effet blast terrible. Humainement, c'est hyper violent. »
Caroline Vigoureux