Dans la foulée des résultats du premier tour des législatives dimanche soir, Matignon a fait savoir que la réforme de l'assurance chômage serait suspendue. Et de prendre un décret « pour pouvoir ouvrir les discussions avec les forces républicaines », selon l'entourage du Premier ministre. Un geste évident en faveur du nouveau front républicain, mais qui soulève des questions.Ce fut une surprise, un véritable revirement de situation, tant Gabriel Attal tenait à cette réforme. Pour rappel, la réforme de l'assurance chômage prévoit de durcir les droits des demandeurs d'emploi. Dimanche soir, alors que les résultats du premier tour des élections étaient publiés, et que le Rassemblement national faisait la course en tête, Matignon a annoncé qu'un décret de jointure serait publié. Ce qui revient ni plus ni moins à suspendre la mise en œuvre de la réforme prévue : Gabriel Attal se donne un mois pour statuer. Soit jusqu'au 31 juillet.
Cette décision apparaît comme un signe adressé aux électeurs de gauche. Censée permettre d'atteindre plus rapidement le plein-emploi, la réforme « doit pouvoir faire l'objet d'aménagements, de discussions entre forces républicaines », selon l'entourage du Premier ministre. Une déclaration dans la lignée des mots du président de la République, qui lors d'une conférence de presse quelques jours après la dissolution, avait évoqué des aménagements possibles.
Mais dans le contexte politique de ce premier tour de scrutin, l'objectif est clair : l'exécutif fait un geste en vue de faciliter les discussions avec les représentants du Nouveau Front populaire et d'occasionner des reports de voix pour le second tour, face au Rassemblement national.
Une décision taclée par Bruno Le Maire
Dès le lendemain, le ministre de l'Economie a tancé le chef du gouvernement, estimant que la réforme de l'assurance-chômage est « nécessaire pour atteindre l'objectif du plein-emploi ». Et d'insister : « si la France veut le plein-emploi, si elle veut sa réindustrialisation, si elle veut rester une puissance économique de tout premier plan, il faut aller vers le plein-emploi, et donc, il faut poursuivre la réforme de l'indemnisation du chômage. »