Les défaillances d'entreprise ont fortement reculé en mai et juin

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(Crédits : CC / Pixabay)
Les défaillances d'entreprises ont diminué de 23,5% sur un an au mois de mai, en raison de dispositions réglementaires et d'une moindre activité des tribunaux de commerce, a rapporté lundi la Banque de France. Pour le mois de juin, des données provisoires recueillies par l'institution font apparaître une baisse des défaillances d'entreprises encore plus forte, de 25,4%.

La mise sous cloche de l'économie au printemps a provoqué des signaux contradictoires. "Au moment où l'activité économique se trouve brutalement ralentie, mettant en difficultés un grand nombre d'entreprises, le nombre de défaillances d'entreprises est paradoxalement en forte baisse", constate la banque centrale dans un communiqué. Ce paradoxe ne doit pas faire oublier les multiples difficultés rencontrées par les entreprises.

Paralysie des juridictions

"Ceci s'explique à la fois par la période de confinement qui a affecté le fonctionnement des juridictions commerciales, et par l'adaptation de la réglementation qui accorde temporairement des délais supplémentaires tant pour apprécier l'état de cessation de paiements que pour le déclarer", poursuit le texte.

Les appréciations de l'état de cessation de paiement sont ainsi gelées entre 12 mars et le 24 août, et le délai légal pour une demande d'ouverture de procédure collective a été prorogé pour les demandes qui devaient être effectuées entre le 12 mars et le 24 juin. "La fermeture à compter du 16 mars 2020 de tous les tribunaux (à l'exception des tribunaux ayant à juger les « contentieux essentiels », dont ne font pas partie les juridictions commerciales), a fortement réduit l'activité des tribunaux de commerce, essentiellement dématérialisée pendant le confinement, entraînant le report de l'ouverture ou de la conversion de nombre de procédure" explique la banque centrale.

Baisse dans tous les secteurs

Aussi selon la Banque de France, la baisse des défaillances d'entreprises au mois de mai "s'observe dans tous les secteurs et pour la plupart des catégories d'entreprises, sans que cela puisse être analysé d'un point de vue économique".

Les chiffres font néanmoins apparaître une hausse des défaillances de grandes entreprises (GE) et d'entreprises de taille intermédiaire (ETI, entre 250 salariés et 5.000 salariés). Celles-ci sont passées en mai sur un an de 36 à 42, soit une augmentation de 16,7%. En juin, la hausse a même atteint 38,2% avec 47 GE et ETI défaillantes, selon les données provisoires.

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Commentaires
a écrit le 11/08/2020 à 8:59 :
Pendant ce temps :

C’est l’une des conséquences directes de la mise en place d’un accord de performance collective. Le dispositif, créé en 2017 est revenu sur le devant de la scène au mois de juin. Muriel Pénicaud, l’ancienne ministre du Travail, y défendait alors une alternative aux licenciements dans un contexte de crise lié à la pandémie de coronavirus. Mais, refusant d’accepter une baisse de salaire, 163 employés de l’entreprise Derichebourg, à Toulouse, vont être licenciés. Le reste des employés de la société l’ont accepté dans le cadre de l’accord avec les dirigeants, détaille France Bleu.Les salariés qui ont signé l’accord vont voir leur salaire diminuer. Pour les plus bas salaires, le montant représente 8,56 euros par jour, soit environ 20% de leur revenu mensuel. Environ 1.400 personnes ont accepté l’accord. Ceux qui ont refusé ont donc été licenciés pour cause "réelle et sérieuse". Selon la radio publique, la baisse de salaire de 300 euros par mois était impossible à accepter. Les salariés qui restent au sein de l’entreprise et gagnent plus de 2,5 fois le Smic perdront aussi le 13e mois. Les aides au transport et à la restaurations disparaissent également, souligne le quotidien.
Réponse de le 11/08/2020 à 10:30 :
En instaurant la baisse des salaires, l'état nous envoie directement dans une crise économique dont elle n'aura plus la maitrise. La collecte d’impôt est beaucoup tributaire de la consommation que la profitabilité des entreprises.
Comme le systéme des dépéches ne permet pas de voir le temps long, on commentera de façon optimiste que les faillites baissent mais cela ne rend pas compte de la réalité de terrain.

Dans les faits,dans la crise actuelle l'état a mis sous tutelle l'économie réelle, c'est les fondements de la monnaie qui s'érode et pas la profitabilité des entreprises.


De plus nous sommes toujours dans un brouillard statistique il semble évident que c'est la fermeture des tribunaux qui affecte les indicateurs.
a écrit le 10/08/2020 à 17:39 :
et les créations d'entreprises avaient grimpé en flèche en mai et juin (INSEE).
l'année 2019 avait déjà été très prolifique et l'Industrie avait connu le plus fort taux de hausse.

pour mémoire, la France avait un des taux de mortalité des entreprises les plus faibles en Europe avant le Covid, à 4,7% (Eurostat).

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