Les défaillances d'entreprises au plus bas depuis 10 ans, les grosses PME sous tensions

Photo d'illustration
Michaela Rehle

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Les indicateurs de l'entrepreneuriat sont au vert. Après un nombre de créations d'entreprises record en 2019, les défaillances d'établissements ont chuté l'année dernière pour atteindre 52.002 contre 54.627 en 2018, 55.348 en 2017 et 58.598 en 2016 selon le derniers chiffres de la société Altares rendus publics ce mardi 21 janvier. Malgré les craintes exprimées par les milieux d'affaires et le ralentissement de l'économie tricolore, la sinistralité des entreprises s'améliore avec cette baisse de 4,8%. Pour 2020, Altares anticipe une stagnation des défaillances.
Les statistiques dévoilées par la département d'études d'Altares indiquent que après être repartie à la hausse au second semestre 2018, la sinistralité s'est stabilisée au début de l'année 2019 avant de connaître une amélioration "sensible". Entre octobre et décembre, les défaillances ont ainsi retrouvé leur niveau de 2007, avant la Grande récession qui a frappé toute l'économie de l'Union européenne, suivie de la crise des dettes souveraines en zone euro. Les auteurs de l'étude signalent que avec 13.514 jugements enregistrés au dernier trimestre 2019, c'est une diminution de 8,8% par rapport au dernier trimestre 2018.
En dépit de cette moyenne favorable, certaines catégories d'entreprises connaissent de sérieuses difficultés. C'est notamment le cas des petites et moyennes entreprises ayant plus de 50 salariés avec un bond des défaillances de 13,8% entre 2018 et 2019, passant de 305 à 347. "Dans le détail, près d'une centaine (98) ont été enregistrées sur le quatrième trimestre 2019, soit 10,1 % de plus que l'an passé. Il s'agit d'une nouvelle hausse après celles du quatrième trimestre 2018 (+12,7 %) et du quatrième trimestre 2017 (+14,5 %)" explique Altares.
Une des conséquences directes de cette situation plus critique pour les PME ayant plus de 50 salariés est que le nombre d'emplois menacés est plus important. Ainsi, plus de 173.800 postes ont été menacés en 2019 contre 171.000 en 2018 et 167.200 en 2017. Ces chiffres affichent cependant des niveaux bien inférieurs à ceux rencontrés en 2015 (235.000) et 2016 (197.200) à un moment où la courbe du chômage commençait à fléchir.
Après des années de désindustrialisation, de fermetures d'usines et de destructions d'emplois, l'industrie retrouve quelques couleurs. D'après les derniers chiffres d'Altares, le nombre de défaillances a baissé de 10,2% entre 2018 et 2019 passant de 3.841 à 3.450. Cette diminution concerne aussi bien l'industrie manufacturière que l'industrie agroalimentaire. Sur l'ensemble des secteurs, l'appareil industriel est celui qui connaît la plus forte chute. Viennent ensuite les services aux particuliers (-6,3%), l'hébergement et la restauration (-6,2%).
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A l'opposé, quelques secteurs ont connu des évolutions moins favorables comme les activités financières et les assurances (+5,3%) ou les transports et la logistique (+3%). "Le fret de proximité tente de résister avec +2 % de défaillances sur l'année mais dérape sur le quatrième trimestre (+9 %). Le fret interurbain est sévèrement impacté (+8 % en 2019). Le transport de taxi, s'il retrouve une trajectoire plus raisonnable, présente 10 % de défaillances en plus sur l'année" précisent les auteurs de l'étude.
Au niveau géographique, la Normandie (-9,7%), les Pays de la Loire (-8,6%) et les Hauts-de-France (-7,2%) tirent leur épingle du jeu. Arrivent ensuite le Centre-Val-de-Loire (-5,7%) et l'Occitanie (-5,2%). En revanche, la Bourgogne-Franche-Comté (+2,1%), Provence-Alpes Côte d'Azur (+0,7%) et la Corse ont enregistré une augmentation des défaillances. "Quatre régions retrouvent en 2019 les niveaux de défaillances observés avant la crise de 2008 : l'Auvergne-Rhône-Alpes (6.074 ; - 3,4 %), la Bretagne (2.025 défaillances ; - 0,8 %), le Grand Est (4.051 ; - 3,8 %) et la Nouvelle Aquitaine (4.431 ; - 4,1 %)" complète Altares.
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(*)Méthode : Les statistiques Altares de défaillances d'entreprises comptabilisent l'ensemble des entités légales disposant d'un numéro SIREN (entreprises individuelles, professions libérales, sociétés, associations) et ayant fait l'objet d'un jugement d'ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou Judiciaire.
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