Les femmes du président Macron

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Au Women's Forum de Deauville, le nouveau Président l'admettait lui-même : pour le féministe autoproclamé, l'essentiel sera d'être reconnu comme tel par les femmes.
Au Women's Forum de Deauville, le nouveau Président l'admettait lui-même : pour le féministe autoproclamé, l'essentiel sera d'être reconnu comme tel par les femmes. (Crédits : Reuters)
Pour Emmanuel Macron, l'égalité entre femmes et hommes est « un sujet absolument fondamental de la vitalité de notre société ». Comme promis, des 22 membres de son nouveau gouvernement, 11 sont des femmes, dont une, Marlène Schiappa, est justement chargée de l'égalité entre les sexes. Mais au-delà de la parité en politique, ses mesures concrètes sont très attendues.

Un « féministe » à l'Élysée. Le nouveau président de la République n'a pas hésité à se définir comme tel lors du dernier meeting mondial du Women's Forum for the Economy & Society, qui s'est tenu en décembre 2016 à Deauville. Quelques mois plus tard, lors de la présentation de son programme le 2 mars, il allait encore plus loin, en reconnaissant dans l'égalité entre les femmes et les hommes une « cause nationale », « un sujet absolument fondamental de la vitalité de notre société, de notre économie et de notre démocratie », qu'il s'est engagé à porter pendant son quinquennat.

Conscient du rôle exemplaire et moteur des institutions, Emmanuel Macron entend réaliser cette promesse en promouvant en premier lieu la parité au Parlement et dans l'exécutif. Mercredi 17 mai, il a fait un nouveau pas dans cette direction: des 22 membres du gouvernement, 11 sont des femmes. Il a également tenu la promesse à propos des 522 candidats aux élections législatives présentés par son mouvement, La République en marche: la moitié exacte (261) sont des femmes. Une approche à laquelle la loi incite depuis 2000, mais à laquelle les partis traditionnels ont jusqu'à présent préféré le paiement de sanctions financières. Pourtant, et malgré un appel sur les réseaux sociaux, lancé fin janvier par Emmanuel Macron lui-même, dans une vidéo qui a totalisé un million de vues, sur les 19.000 candidatures reçues, seulement 29 % avaient été présentées par des femmes.

Des femmes à ses côtés tout au long de sa campagne

Malgré la composition très masculine de son équipe rapprochée (les « Macron boys ») révélée par un reportage de TF1 le 8 mai , Emmanuel Macron s'est entouré de femmes tout au long de sa campagne. Au premier rang, son épouse, Brigitte Trogneux, à laquelle le nouveau Président a annoncé le 8 mars qu'il attribuera, en tant que « première dame », un statut spécifique, bien que bénévole, dès les premières semaines de son quinquennat : une clarification nécessaire à ses yeux pour reconnaître un rôle à celle qui « a toujours été à ses côtés » et éviter en même temps « une forme d'hypocrisie » vis-à-vis des Français. À ses côtés aussi, Sibeth Ndiaye, ancienne collaboratrice de Claude Bartolone et d'Arnaud Montebourg, chargée des relations avec la presse ; Sophie Ferracci, avocate d'affaires, qui a été cheffe de cabinet d'Emmanuel Macron d'abord en tant que ministre de l'Économie puis comme candidat à la présidence de la République ; Laurence Haïm, seule journaliste française à avoir obtenu une interview exclusive avec le président américain Barack Obama, et porte-parole de la campagne ; Axelle Tessandier, entrepreneure dans la Silicon Valley et déléguée nationale d'EM...

Certaines d'entre elles ont aussi fini par se voir reconnaître un rôle institutionnel. C'est le cas de Catherine Barbaroux, ancienne déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle auprès de ministres de droite comme de gauche, qui après le deuxième tour de la présidentielle, est devenue présidente par intérim de La République en marche jusqu'au premier Congrès, qui aura lieu le 15 juillet. Marlène Schiappa, adjointe au maire PS du Mans et responsable du pôle égalité femmes-hommes de LREM, est pour sa part l'une des quatre secrétaires d'Etat auprès du Premier ministres nommés mercredi, chargée justement de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Le pari de la réputation

Car le programme en la matière du nouveau président va au-delà de la parité en politique. Emmanuel Macron compte aussi « faire changer les mentalités (...) dans tous les domaines de l'existence, tous les milieux, toutes les générations », en se fixant trois priorités : « Aider les femmes à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle ; permettre aux femmes de mieux vivre de leur travail ; lutter plus efficacement contre le harcèlement et les violences faites aux femmes », lit-on dans son programme.

Pour inciter à la mise en oeuvre des mesures en faveur de l'égalité salariale prévues par la loi, il parie notamment sur le « name and shame », en confiant au Défenseur des Droits la « mission de favoriser les opérations de contrôle aléatoires et imprévus à grande échelle sur les politiques salariales et de ressources humaines, et de rendre publics les résultats ». « On agit sur la réputation des entreprises pour faire bouger les lignes », expliquait à ce propos Marlène Schiappa. Une approche qui tranche avec celle suivie jusqu'à présent par le gouvernement socialiste, lequel, en vertu d'une loi de 1978, s'est refusé de publier les noms des sociétés mises en demeure ou sanctionnées à ce titre.

Un congé de maternité nivelé vers le haut et des places en crèche

Pour s'attaquer aux sources de l'inégalité professionnelle, Emmanuel Macron compte encore soutenir un « effort massif de construction de places de crèche », tout en promouvant la transparence par une obligation faite aux communes de « publier en ligne leurs critères d'attribution des places », « puis de mettre en place systématiquement un système de cotation des demandes ». Il souhaite également niveler par le haut le congé de maternité, « unique » et « garanti » à toutes les Françaises « quel que soit leur statut [salariée, entrepreneure, intermittente, non-salariée, statut multiple...] », et « aligné sur le régime le plus avantageux ».

Face au cas de « certains couples mariés [qui] paient davantage d'impôts que si les deux membres du couple vivaient seuls », et afin de ne « pas décourager le travail des femmes », Emmanuel Macron promet également de créer « une option d'individualisation de l'impôt sur le revenu ». Défense du droit à l'IVG, lutte contre le harcèlement sexuel et les agressions figurent enfin dans son programme.

Une garde rapprochée masculine

Au Women's Forum de Deauville, le nouveau Président l'admettait toutefois lui-même : pour le féministe autoproclamé, l'essentiel sera d'être reconnu comme tel par les femmes. Les associations engagées dans le combat pour l'égalité attendent en effet de pied ferme les mesures censées concrétiser la grande « cause nationale » annoncée : certaines réclamaient notamment la création d'un ministère aux Droits des femmes « de plein exercice » et doté « des moyens nécessaires ». Emmanuel Macron avait en effet semblé accéder à cette demande, promettant fin avril un ministère « plein et entier ».

Si le périmètre et les moyens d'action de Marlène Schiappa doivent encore être précisés, pour l'instant on ne peut s'empêcher de remarquer que les cinq membres du cabinet du président officiellement nommés dimanche 14 mai (secrétaire général de l'Élysée, directeur de cabinet, conseiller diplomatique, conseiller spécial, responsable de la communication), qui vont constituer sa garde rapprochée, sont tous des hommes. De même pour les trois seuls ministres d'Etat du nouveau gouvernement. Et alors qu'il avait affirmé avoir plutôt le « souhait » d'une femme au poste de Premier ministre, Emmanuel Macron a finalement choisi, comme la quasi-totalité de ses prédécesseurs, un représentant du sexe masculin à Matignon, le député-maire du Havre Édouard Philippe.

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Women For Future, inscription, 29 mai 2017,

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Commentaires
a écrit le 18/05/2017 à 14:13 :
Lutter contre la discrimination sexuelle et reconnaître qu'il y a des femmes de valeur, parait aujourd'hui comme une évidence. Mais la parité me parait être une forme de discrimination et même de dévalorisation de la personne choisie
Réponse de le 18/05/2017 à 17:08 :
@compère: j'ose espérer qu'elles sont choisies pour leurs compétences, plus que pour leurs mensurations, talents cachés ou piston. Mais la nature humaine étant ce qu'elle est, on peut en effet avoir des doutes :-)
a écrit le 18/05/2017 à 12:13 :
Il est indeniable que les femmes dans leur grande majorite sont plus courageuses, tenaces, decidees que la majeur partie des hommes, habitues par l'entremise de notre culture judeo-chretienne a considerer le "sexe faible" comme inferieur. On remarque que les diplomees des grandes ecoles sont desormais majoritaires et c'est tant mieux. Dans les lycees, colleges, les filles depassent maintenant les garcons.
Aux USA, dans les trusts nombreuses sont a des postes cle, ainsi qu'en Scandinavie. La France est retrograde mais devra composer avec cette donne qui ne cesse d'evoluer dans le bon sens.
Vive les femmes.
Réponse de le 18/05/2017 à 16:24 :
@martin calmes: c'est votre commentaire qui est rétrograde. des femmes il y en a plein dans des postes clés y compris pdg ou ministre. Et en rien notre culture "judeo-chretienne" (qui par ailleurs cela fait bien longtemps qu'elle influence peu) ne considère les femme comme "sexe faible" comme vous dites.
Vous vivez dans vos idée préconçues monsieur. Par contre comme vous dites tres nombreuses sont les femmes a faire des études. Cela étant cela n'a rien à voir avec les postes de direction.
reprochez à certains homme d’être misogyne, je prouverais cela plus juste, mais attention de ne pas faire une généralité car en France les Femmes ont les meme droits et c'est reconnu de tous
a écrit le 18/05/2017 à 11:29 :
"Aidez nous à rendre la publicité plus intéressante".

Que cette phrase est lourde de sens...
a écrit le 18/05/2017 à 9:46 :
Macron ou le minIsitère du bla bla ...

Grève générale illimité en Grèce, merci l'euro merci l'ue merci les lobbys..

++
" La politique est le moyen pour les hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire. "
- Voltaire -

→ Services publics démantelés :
Si nos élites bradent le patrimoine public national, ce n’est pas parce que la France est trop endettée.
Non, si les services publics sont démantelés, c’est parce que nous y sommes contraints par l’article 106 du TFUE, qui sert les intérêts des grands groupes privés.

→ Santé subordonnée au profit :
Les articles 168 et 169 du TFUE donnent la priorité à la loi de l’argent sur les impératifs de la santé humaine.
Rappelons-nous les scandales des farines animales, de l’huile de moteur dans les aliments,
de l’Agence européenne des médicaments financée à 80 % par les laboratoires pharmaceutiques, etc.

→ Protection sociale attaquée :
Savez-vous que notre politique économique et sociale est décidée par Bruxelles, et que les élections en France ne peuvent plus la modifier ?
L’article 121 du TFUE donne le pouvoir au Conseil de l’Union européenne, sur proposition exclusive de la Commission européenne, de fixer les « grandes orientations des politiques économiques » (GOPÉ) de chaque État. La « loi Macron » ou la « loi El Khomri » — qui démantèlent notre droit du travail et précarisent toute la société — sont tout bonnement dictées par Bruxelles. Nos soi-disant « dirigeants » ne sont en fait que les exécutants des politiques imposées par l’Union européenne !

→ Dans le chapitre coût du travail, « il convient que le salaire minimum continue d’évoluer d’une manière propice à la compétitivité et à la création d’emploi »
Traduction : il faut : a) arrêter les revalorisations du SMIC ; b) commencer à mettre en œuvre sa suppression.
Ne doutons pas que des campagnes de presse se préparent pour expliquer au bon peuple que le SMIC serait « un frein à la croissance » et que sa suppression permettrait de « libérer les énergies »…

« Accroître la souplesse des conditions de travail en cas de difficultés économiques provisoires »
Traduction : il faut poursuivre la remise en cause de l’existence même des contrats de travail à durée indéterminée (CDI) et accroître la précarisation des contrats de travail.

→ Désindustrialisation accélérée :
Savez-vous que les délocalisations industrielles dont souffre tellement la France trouvent leurs origines dans les traités européens ?
Inexistantes avant le traité de Maastricht en 1992, les délocalisations ont explosé sous l’effet de la libre circulation des capitaux, des marchandises et des services, inscrite aujourd’hui dans les articles 32 et 63 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Cette politique libérale, avalisée par la gauche et la droite, est l’une des causes directes du chômage. Prétendre vouloir lutter contre les délocalisations tout en acceptant les traités européens relève de l’escroquerie politique.

→ Diplomatie soumise à Washington :
L’article 42 du traité sur l’Union européenne (TUE) subordonne la France aux décisions de l’OTAN, dont on sait qu’elle est dominée par les États-Unis.
Loin d’être un contrepoids aux États-Unis, comme gauche et droite veulent nous le faire croire depuis des décennies, l’UE est au contraire leur très obéissant serviteur. Ce qui nous entraîne dans des guerres néocoloniales, qui risquent de dégénérer en conflit mondial !

→ Agriculteurs et pêcheurs condamnés :
Savez-vous que les traités européens ont fait le choix de détruire notre agriculture familiale et notre pêche artisanale au profit des grands groupes de l’agroalimentaire et de la distribution ?
Les articles 38 et 39 du TFUE placent nos agriculteurs dans une concurrence insupportable avec des pays à très bas coût de salaire et les contraignent à une course folle à la productivité, au détriment de la santé, de l’environnement, de l’identité des terroirs et de la qualité gustative des aliments. C’est l’UE qui a introduit les OGM et qui veut nous imposer le « traité de libre-échange transatlantique » (souvent nommé TTIP ou TAFTA) !

→ Bien d’autres articles des traités européens vident de sens le principe même de nos élections, notamment :
.les articles 3, 4, 5 et 6 du TFUE, qui confient aux institutions européennes des pouvoirs énormes et sans contrôle ;

.les articles 67, 77 et 79 du TFUE, qui fixent une politique migratoire sans nous demander notre avis ;

.l’article 123 du TFUE, qui retire à la Banque de France son pouvoir régalien de financement des collectivités publiques ;

.l’article 282 du TFUE, qui nous impose une politique monétaire unique et déflationniste inadaptée à la situation française.

Et ce ne sont là que quelques exemples !

→ La preuve par l’histoire (France) :
https://goo.gl/vjpji8

[ GOPE : https://pastebin.com/UjReFF8p, https://goo.gl/lXwXEM, https://goo.gl/jDGBnh ]

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[ ÉCONOMIE / Effondrement en cours de l'Euro-système (TARGET2) ]

→ TARGET 2 : https://pastebin.com/8qJhS0Km, https://goo.gl/V4Ef0A
- Mensonges pour faire peur et empêcher le débat sur l’Euro et le possible retour au Franc qui existe encore (créance sur banque centrale avec le nom euro (voir Target 2) :
https://youtu.be/pjaJczDwlDg?t=17m58s

Vincent Brousseau à travaillé pendant 15 ans à la Banque Centrale Européenne (BCE), et notamment au service de la politique monétaire qui constitue le cœur même du système :
https://youtu.be/kP6IxvjnBNI?t=4m35s, https://goo.gl/V4Ef0A

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À cette allure, avec nos dirigeants politiques tragiquement incompétents voire traitres aux intérêts du pays et nos médias nationaux détenus par l’oligarchie financière qui en seront encore à prêcher l’irréversibilité de l’euro et autres fadaises, la France sera alors tombée dans une impasse du même niveau que la Grèce ou l’Italie avec des centaines de milliards de dettes sur la BCE (TARGET2); alors ce qui se passera est simplement l’accélération de la destruction de l’homogénéité des nations (https://youtu.be/Cldzmtu4FUM, https://goo.gl/AYXhTP) exigé par la commission Européenne en forçant les pays à s’aligner sur la compétitivité de l’Allemagne et donc pour ce faire effectuer une « dévaluation interne » soit baisser voire privatiser entièrement les services publics, baisse du Smic, destruction de la sécurité sociale, précarisation des professions réglementées, destruction des petites entreprises et auto-entreprises au profit des grands groupes, hausse de la tva et baisse de l’impôt sur les grandes sociétés, et bien d'autres...

Actuellement nous avons un pays dirigé en politique par des personnes non Françaises et non élus depuis la commission EU, une devise contrôlée par la BCE au lieu de la banque de France ce qui mène à la ruine le pays (TARGET2) et une armée obligée de s’aligner sur la volonté USA (OTAN).

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Exception d'irrecevabilité du traité de Maastricht au sénat :
https://youtu.be/zCLgcOc5Zho

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Europe vs Démocratie 5 à 0
a écrit le 18/05/2017 à 9:46 :
Lutter contre la discrimination, harcèlement, etc... Ok. Apres payer une femme autant qu'un homme juste car c'est une femme NON. Je m'explique: a poste équivalent chacun ne fourni pas le même travail et donc les meilleurs doivent etre plus payer, sinon on nivelle vers le bas genre communisme. Donc Si une femme est la meilleur elle doit etre plus payée sinon NON. Désolé d'en choquer certain mais pourquoi faire plus si on aura pas plus de toutes façon? ou est juste?
a écrit le 18/05/2017 à 9:09 :
Les LGBT dans la rue puisque absents du nouveau gouvernement. La parité aurait dû leur accorder un tiers des postes :-) :-)
a écrit le 18/05/2017 à 9:02 :
Le programme de mélenchon était bien plus progressiste en matière d'égalité hommes-femmes et je pense que ça il l'aurait mis en place.

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