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ÉconomieFrance

Les femmes du président Macron

Photo de Giulietta Gamberini

Giulietta Gamberini

Publié le 18 mai 2017 à 05:34 - Mis à jour le 22 mai 2017 à 07:36

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Pour Emmanuel Macron, l'égalité entre femmes et hommes est « un sujet absolument fondamental de la vitalité de notre société ». Comme promis, des 22 membres de son nouveau gouvernement, 11 sont des femmes, dont une, Marlène Schiappa, est justement chargée de l'égalité entre les sexes. Mais au-delà de la parité en politique, ses mesures concrètes sont très attendues.

Un « féministe » à l'Élysée. Le nouveau président de la République n'a pas hésité à se définir comme tel lors du dernier meeting mondial du Women's Forum for the Economy & Society, qui s'est tenu en décembre 2016 à Deauville. Quelques mois plus tard, lors de la présentation de son programme le 2 mars, il allait encore plus loin, en reconnaissant dans l'égalité entre les femmes et les hommes une « cause nationale », « un sujet absolument fondamental de la vitalité de notre société, de notre économie et de notre démocratie », qu'il s'est engagé à porter pendant son quinquennat.

Conscient du rôle exemplaire et moteur des institutions, Emmanuel Macron entend réaliser cette promesse en promouvant en premier lieu la parité au Parlement et dans l'exécutif. Mercredi 17 mai, il a fait un nouveau pas dans cette direction: des 22 membres du gouvernement, 11 sont des femmes. Il a également tenu la promesse à propos des 522 candidats aux élections législatives présentés par son mouvement, La République en marche: la moitié exacte (261) sont des femmes. Une approche à laquelle la loi incite depuis 2000, mais à laquelle les partis traditionnels ont jusqu'à présent préféré le paiement de sanctions financières. Pourtant, et malgré un appel sur les réseaux sociaux, lancé fin janvier par Emmanuel Macron lui-même, dans une vidéo qui a totalisé un million de vues, sur les 19.000 candidatures reçues, seulement 29 % avaient été présentées par des femmes.

Des femmes à ses côtés tout au long de sa campagne

Malgré la composition très masculine de son équipe rapprochée (les « Macron boys ») révélée par un reportage de TF1 le 8 mai , Emmanuel Macron s'est entouré de femmes tout au long de sa campagne. Au premier rang, son épouse, Brigitte Trogneux, à laquelle le nouveau Président a annoncé le 8 mars qu'il attribuera, en tant que « première dame », un statut spécifique, bien que bénévole, dès les premières semaines de son quinquennat : une clarification nécessaire à ses yeux pour reconnaître un rôle à celle qui « a toujours été à ses côtés » et éviter en même temps « une forme d'hypocrisie » vis-à-vis des Français. À ses côtés aussi, Sibeth Ndiaye, ancienne collaboratrice de Claude Bartolone et d'Arnaud Montebourg, chargée des relations avec la presse ; Sophie Ferracci, avocate d'affaires, qui a été cheffe de cabinet d'Emmanuel Macron d'abord en tant que ministre de l'Économie puis comme candidat à la présidence de la République ; Laurence Haïm, seule journaliste française à avoir obtenu une interview exclusive avec le président américain Barack Obama, et porte-parole de la campagne ; Axelle Tessandier, entrepreneure dans la Silicon Valley et déléguée nationale d'EM...

Certaines d'entre elles ont aussi fini par se voir reconnaître un rôle institutionnel. C'est le cas de Catherine Barbaroux, ancienne déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle auprès de ministres de droite comme de gauche, qui après le deuxième tour de la présidentielle, est devenue présidente par intérim de La République en marche jusqu'au premier Congrès, qui aura lieu le 15 juillet. Marlène Schiappa, adjointe au maire PS du Mans et responsable du pôle égalité femmes-hommes de LREM, est pour sa part l'une des quatre secrétaires d'Etat auprès du Premier ministres nommés mercredi, chargée justement de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Le pari de la réputation

Car le programme en la matière du nouveau président va au-delà de la parité en politique. Emmanuel Macron compte aussi « faire changer les mentalités (...) dans tous les domaines de l'existence, tous les milieux, toutes les générations », en se fixant trois priorités : « Aider les femmes à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle ; permettre aux femmes de mieux vivre de leur travail ; lutter plus efficacement contre le harcèlement et les violences faites aux femmes », lit-on dans son programme.

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Pour inciter à la mise en oeuvre des mesures en faveur de l'égalité salariale prévues par la loi, il parie notamment sur le « name and shame », en confiant au Défenseur des Droits la « mission de favoriser les opérations de contrôle aléatoires et imprévus à grande échelle sur les politiques salariales et de ressources humaines, et de rendre publics les résultats ». « On agit sur la réputation des entreprises pour faire bouger les lignes », expliquait à ce propos Marlène Schiappa. Une approche qui tranche avec celle suivie jusqu'à présent par le gouvernement socialiste, lequel, en vertu d'une loi de 1978, s'est refusé de publier les noms des sociétés mises en demeure ou sanctionnées à ce titre.

Un congé de maternité nivelé vers le haut et des places en crèche

Pour s'attaquer aux sources de l'inégalité professionnelle, Emmanuel Macron compte encore soutenir un « effort massif de construction de places de crèche », tout en promouvant la transparence par une obligation faite aux communes de « publier en ligne leurs critères d'attribution des places », « puis de mettre en place systématiquement un système de cotation des demandes ». Il souhaite également niveler par le haut le congé de maternité, « unique » et « garanti » à toutes les Françaises « quel que soit leur statut [salariée, entrepreneure, intermittente, non-salariée, statut multiple...] », et « aligné sur le régime le plus avantageux ».

Face au cas de « certains couples mariés [qui] paient davantage d'impôts que si les deux membres du couple vivaient seuls », et afin de ne « pas décourager le travail des femmes », Emmanuel Macron promet également de créer « une option d'individualisation de l'impôt sur le revenu ». Défense du droit à l'IVG, lutte contre le harcèlement sexuel et les agressions figurent enfin dans son programme.

Une garde rapprochée masculine

Au Women's Forum de Deauville, le nouveau Président l'admettait toutefois lui-même : pour le féministe autoproclamé, l'essentiel sera d'être reconnu comme tel par les femmes. Les associations engagées dans le combat pour l'égalité attendent en effet de pied ferme les mesures censées concrétiser la grande « cause nationale » annoncée : certaines réclamaient notamment la création d'un ministère aux Droits des femmes « de plein exercice » et doté « des moyens nécessaires ». Emmanuel Macron avait en effet semblé accéder à cette demande, promettant fin avril un ministère « plein et entier ».

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Si le périmètre et les moyens d'action de Marlène Schiappa doivent encore être précisés, pour l'instant on ne peut s'empêcher de remarquer que les cinq membres du cabinet du président officiellement nommés dimanche 14 mai (secrétaire général de l'Élysée, directeur de cabinet, conseiller diplomatique, conseiller spécial, responsable de la communication), qui vont constituer sa garde rapprochée, sont tous des hommes. De même pour les trois seuls ministres d'Etat du nouveau gouvernement. Et alors qu'il avait affirmé avoir plutôt le « souhait » d'une femme au poste de Premier ministre, Emmanuel Macron a finalement choisi, comme la quasi-totalité de ses prédécesseurs, un représentant du sexe masculin à Matignon, le député-maire du Havre Édouard Philippe.

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Giulietta Gamberini

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