"Les populismes ne sont pas juste un accident de l'histoire"

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Yann Algan est doyen de l'école d'Affaires publiques à Sciences-Po Paris.
Yann Algan est doyen de l'école d'Affaires publiques à Sciences-Po Paris. (Crédits : DR)
[ENTRETIEN] La détérioration des conditions d'existence des classes moyennes et populaires explique la montée en puissance des forces antisystèmes, c'est la thèse défendue par Yann Algan, Elisabeth Beasley, Daniel Cohen et Martial Foucault dans l'ouvrage paru ce jeudi 29 août intitulé, "Les Origines du populisme". Pour "La Tribune", l'économiste Yann Algan revient sur les mouvements populistes qui ont émergé un peu partout dans le monde ces dernières années et sur leurs ressorts particuliers.

LA TRIBUNE : Trump, le Brexit, la Ligue en Italie, l'AFD en Allemagne, le FPO en Autriche... quel est le rôle de la mondialisation dans la montée des forces antisystèmes ?

YANN ALGAN - Tous ces événements rappellent que les principaux risques aujourd'hui sont politiques. L'incertitude est avant tout politique en particulier avec la montée des populismes à l'instar du flou sur le Brexit, sur l'Italie, sur Trump. Le premier facteur qui permet d'expliquer ces phénomène est d'ordre économique. Nous avons montré grâce à une base de données inédite, aussi bien en France que dans les pays européens ou aux États-Unis, qu'il y a une très grande défiance des citoyens à l'égard des institutions et que cette défiance repose sur un facteur économique. La mondialisation joue un rôle au même titre que la crise financière qui a déjà été un premier cataclysme, ou la numérisation de notre économie. 

Comment expliquer cette défiance grandissante des citoyens ? 

La défiance peut s'expliquer par l'incapacité des institutions à protéger les citoyens contre les dérèglements du capitalisme. C'est une vraie faillite de ces dernières années. Dans l'ouvrage(*), nous montrons qu'aux États-Unis, les destructions d'emplois dans l'industrie, qui sont le plus exposés au commerce international, correspondent aux régions où les citoyens ont privilégié le vote populiste. Les travaux de l'économiste David Autor du Massachussets Institute of Technology (MIT) ont illustré à quel point le vote Trump est lié à l'exposition du commerce international avec la Chine. On retrouve les mêmes résultats pour expliquer le Brexit ou la montée des populismes en Europe. Les citoyens étaient en attente d'être protégés face à ces risques avec des mesures de protection, de formation ou de reclassement. Il y a eu un sentiment d'être laissés à l'abandon. 

Quelles sont les grandes leçons de la crise des "gilets jaunes" ?

Au delà de la défiance à l'égard des institutions, l'autre facteur qui peut contribuer à expliquer ce mouvement des "gilets jaunes" est d'ordre civilisationnel. Il est lié au sentiment de solitude dans nos sociétés postindustrielles. Les "gilets jaunes" avaient en commun l'expression d'une solitude au travail avec une surreprésentation des catégories populaires dans le tertiaire, très peu encadrées par les normes sociales traditionnelles de l'entreprise ou par les syndicats. Les chauffeurs-routiers, les aides-soignants étaient très présents sur les ronds-points. En revanche, les ouvriers des bastions industriels traditionnels étaient moins impliqués et les syndicats ont été mis à distance de ce mouvement. 

Le sentiment de solitude s'est retrouvé dans les territoires parfois transformés par les métropoles.  On trouve dans toutes nos études un sentiment de solitude beaucoup plus important dans les villes de taille intermédiaire où il y a eu une désindustrialisation, une érosion des services publics et aussi une perte des services de proximité. Le point commun des "gilets jaunes" est souvent leur solitude. 

À un moment vous indiquez dans l'ouvrage que "la crise économique et sociale que nous vivons a aussi produit une violente désocialisation des classes populaires", que voulez-vous dire ? 

La désocialisation des catégories populaires est liée au passage d'une société de classe à une société d'individus isolés. Les forces populistes ne sont pas juste "un accident" de l'histoire. Elles sont liées à la transformation de nos sociétés. Autrefois, les ouvriers pouvaient parler de monde ouvrier et se reconnaître dans des idéologies communes. Dorénavant, les individus ne se reconnaissent plus dans des destins collectifs. Ces phénomènes sont liés aux transformations du monde du travail et celles des territoires dans le contexte d'une société postindustrielle.

Pourquoi dites-vous que c'est la variation du taux de chômage qui est important et pas forcément son niveau ?

En étudiant les régions européennes après la crise financière, nous avons montré que la crise financière a eu des impacts profonds et persistants dans des pays à faible taux de chômage sur la montée des forces antisystèmes. Les citoyens sont plus sensibles aux variations de leur revenu ou de leur environnement économique plutôt qu'à leur niveau en particulier dans une situation de pertes économiques. C'est un phénomène très bien étudié en économie du bien-être. Les êtres humains sont moins sensibles au niveau de leur revenu ou la taille de leur appartement qu'à leur variation.

Confiance, revenus, diplômes, patrimoine, qu'est-ce qui distingue les électeurs de Mélenchon et ceux de Le Pen ?

La différence du rapport à autrui peut aider à comprendre les différences entre les électeurs de la droite populiste et ceux de la gauche radicale. Les premiers ont généralement un rapport plus dégradé à autrui avec une défiance pas uniquement vis à vis des immigrés. Il y a par exemple une très forte corrélation entre leur faible tolérance à l'homosexualité et celle liée à l'immigration.

Pourquoi les électeurs de Le Pen ne sont pas davantage favorables à la redistribution ?

Les classes populaires qui se tournent vers la droite populiste ne sont pas en demande de redistribution parce que dans leur solitude et leur rapport blessé à autrui, ils ne font plus du tout confiance dans un projet collectif. Ils ne font plus confiance à l'État-providence pour redistribuer efficacement. Ils se défient des "assistés", des pauvres comme des immigrés.

Après la crise des "gilets jaunes", comment faire pour redonner de la confiance aux citoyens ?

Face à la montée des totalitarismes dans les années 1930, les États ont mis en place des réponses adaptées en termes de fiscalité ou d'État-Providence au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Si la redistribution est encore importante, elle ne suffit plus. Le ressentiment des classes populaires est très lié à la solitude qui les amènent à ne pas supporter la redistribution. Il faut s'attaquer aux causes de cette solitude dans les sociétés post-industrielles. Je pense qu'il faut favoriser l'émergence de nouveaux lieux de socialisation au travail. Un nouveau syndicalisme de service doit également se développer. Il est nécessaire de retrouver des lieux de socialisation dans les territoires, et pas seulement des services publics. Les résultats de notre enquête indiquent que les manifestations des "gilets jaunes" sont d'une ampleur beaucoup plus importante dans les territoires qui ont perdu de nombreux commerces de proximité, des supérettes, des restaurants ou des lieux culturels. L'absence d'établissements scolaires ou de santé dans ces territoires a également des répercussions. 

Le dernier levier fondamental repose sur l'éducation. Dans une société où la religion a perdu du terrain en particulier le catholicisme en France, les idéologies ont perdu de leur force, la confiance reste la valeur essentielle pour faire société. Elle se construit dès le premier âge, en particulier à l'école. Il faut travailler sur une école de la confiance avec des méthodes pédagogiques adaptées. La France est un cas particulier. 75% des lycéens déclarent prendre des notes au tableau en silence et 70% déclarent n'avoir jamais travaillé sur des projets collectifs. Les méthodes pédagogiques doivent favoriser le développement de compétences sociales et la capacité à coopérer dans nos sociétés.

___

(*) Les origines du populisme, enquête sur un schisme politique et social. Yann Algan, Elizabeth Beasley, Daniel Cohen, et Martial Foucault. Éditions du Seuil, collection La République des Idées (août 2019), 208 pages, 14 euros.

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Commentaires
a écrit le 04/09/2019 à 0:32 :
@Trumpett,

Lisez le Coran et après on en parle...
Pff... tous les livres « saints « ( y compris le Coran )sont inventés par ceux qui savaient l’araméen, le grec, l’hébreux et l’arabe...
Ce sont «  des religions des Hommes » pour des «  Hommes »

Pour faire «  bref » les gens «  normaux » ( hors tarés, tordus, psychopathes , terroristes...)vont croire ce qui leur «  paraitront «  logiques «  avec leur époque et leur conscience, peu importe les manipulations des consciences collectives...

La nature a donné l’intelligence pour analyser , comprendre, critiquer, prendre ce qui est juste, laisser de coté ce qui est faux, mal , idiot, incohérent, stupide....

La «  Haine » c’est le «  cancer » de l’humanité
L’humanité c’est le «  pilier » de la vie humaine sous toutes ses dimensions.
Le populisme c’est de l’égoïsme , c’est contraire à l’essence de vie humaine.( c’est ce que je pense)
C’est juger l’autre sans le connaitre , le rejeter par sentiment ( illusion) de supériorité...
a écrit le 01/09/2019 à 19:49 :
Les populismes prospèrent à cause de trahison multiples par les partis traditionnels : Maastricht, la constitution européenne, etc.
Quant à l'immigration, elle résulte du choix d'avoir un système de retraite par répartition. Ce système fonctionne bien tant qu'il y a un certain ratio entre actifs et retraités. Quand ce ratio dépasse un certain seuil, à cause du chômage élevé et de la baisse de la natalité, il faut compenser la diminution du nombre d'actifs par l'arrivée de nouveaux "travailleurs" et le seul choix possible est l'immigration massive.
Si en plus, elle est moins chère que les travailleurs locaux, alors c'est tout bénef pour certains employeurs. De plus, comme a priori, l'immigré est majoritairement pauvre, il fait de facto une excellente cause pour la gôche "humaniste et droit-de-l'hommiste", celle qui soutient, au choix, le trotskisme, le maoisme, Pol Pot, le castrisme et la révolution bolivarienne et, aujourd'hui, l'islam, quelle qu'en soit la version, car c'est la religion des "opprimés" et des ex-colonisés.
Réponse de le 01/09/2019 à 21:46 :
La laïcité dans le cadre de la sphère publique virtuelle sur un réseau social ;
Ce n’est pas la séparation entre les idéologies politiques et «  la religion » ou «  les religions »?
Réponse de le 02/09/2019 à 8:58 :
@trumpett

Le regroupement familal vient d'un décret du 29 avril 1976 signé notamment par le Premier ministre, Jacques Chirac, et par le ministre du Travail, Michel Durafour.avec Giscard comme président ,tu vois la gauche la dedans ?
Réponse de le 03/09/2019 à 15:18 :
@donald : ?
@lachose : non, mais bien ce que je décris pour alimenter les caisses de retraite. De plus, il me semble que le regroupement familial découle d'accords internationaux.
Pour la gauche, le problème est son attitude face à l'islam : le déni de la réalité. Comme l'a dit (indirectement) Onfray à Juppé, lisez le coran et après on en parle.
Réponse de le 03/09/2019 à 16:14 :
@trumpett

"Pour la gauche, le problème est son attitude face à l'islam"

Dans ce cas, faut une gauche du type Aufstehen "debout " "comme en Allemagne à tonalité anti-migrants et Islam.
a écrit le 01/09/2019 à 17:06 :
Le populisme est :

« un résultat d’échec « pour des démocraties après des guerres mondiaux avec des milliards de morts.

C’est une régression profonde d’évolution des populations désespérées par des «  politiques( et politiciens ) cupides et inefficaces « 
Réponse de le 02/09/2019 à 5:39 :
"Des milliards de morts" comme vous y allez......
a écrit le 01/09/2019 à 16:46 :
Le populisme est du à la transformation de nos sociétés ?


Non ,le populisme est l’alibi et le prétexte des «  politiques de rupture de société «  tant au niveau social , économique, technologique et financière.

Tout le «  monde » sait que le feu «  a été allumé «  par les Elites » pour augmenter «  la haine «  parmi les populations afin que «  ces mêmes Elites «  se partagent les richesses de ce monde , et en faisant semblant de créer «  une crise financière de taux négatifs » pour transférer des «  capitaux » dans des pays ou il n’y a aucune réglementation financière et sociale sous «  couvert » de développement de ces «  populations pauvres du monde »
...
a écrit le 01/09/2019 à 10:57 :
Bof, rien de nouveau sous le soleil. Toujours les mêmes schémas et analyses vieillots sans aucune analyse de fonds.
a écrit le 31/08/2019 à 17:41 :
le populisme c'est le rejet collectif de la soumission à des élites auto-proclalées .
supprimez les élites , et le populisme n'a plus d'objet . l'invention de la guillotine a par le passé largement contribué au règlement du problème .
faut-il renouveler l'expérience ?
a écrit le 31/08/2019 à 12:29 :
Il n'y a pas que l'insécurité économique qui mine les grandes démocraties mais également l'insécurité culturelle dont ne parle pas l'article. L'immigration massive est une arme pour l'extrême droite et les populistes, elle est visible tous les jours, divise et parcellise nos sociétés, amène une rupture insidieuse de nos valeurs, détruit le socle civilisationnel européen par l'acceptation progressives de coutumes moyenâgeuses et rétrogrades, accélérant le manque de confiance dans l'avenir. l'Islam avec son idéologie puissante et sa démographie forte et jeune s'appui sur une promesse religieuse et mythique de la conquête du monde, elle fascine par son fanatisme militant la gauche, et veut imposer ses valeurs à un Occident vieillissant et blasé qui ne croit plus à son destin.
a écrit le 31/08/2019 à 12:21 :
Solitude et égo mal placé produisent un individualisme suicidaire !
Comment lutter contre ce fléau, sachant que certains ont intérêt à diviser pour régner ?
a écrit le 31/08/2019 à 10:30 :
Merci beaucoup pour ce bel entretient par contre: "Trump, le Brexit, la Ligue en Italie, l'AFD en Allemagne, le FPO en Autriche..." Ce serait bien de nuancer parce que là on voit bien que "emballer c'est peser." déjà je ne vois pas ce que vient faire le brexit ici à moins que le besoin de souveraineté nationale soit considéré comme "populiste" ce qui est incroyablement contradictoire.

Aucun de ces phénomènes cités ne se ressemble réellement car chacun généré par un contexte différent.
a écrit le 31/08/2019 à 10:21 :
populisme : gilets jaunes ?
sous le terme populisme nous entendons souvent 1 leader qui promet tout et son contraire avec brio, pourtant, dans le mouvement des GJ tous les leaders autoproclamés ou mis en avant par la presse ont été rejetés. Donc, qu'est ce qui fait cet amalgame populisme/gilets jaunes de la part de ce monsieur ? eh bien, rien à ma connaissance.
les gilets jaunes dans leur évolution ont senti et revendiqué une réapropriation de leur citoyenneté, soit par la volonté d'être décideurs (de leur vie, sur leur territoire), que leur parole compte, et ont remis en cause la délégation de pouvoir (le fameux chèque en blanc du vote toute les 5 années), soit par le RIP, le refus d'être représenté (absence de leader), la mise à l'écart de tout mouvement politique, la reprise en main des propositions sur la vie quotidienne (assemblées des assemblées)....
donc rien en commun avec le populisme dont parle ce monsieur......
a écrit le 31/08/2019 à 1:09 :
Les populismes sont récurrents dans l'Histoire, à chaque crise socio-économique. Ce ne sont donc pas des accidents au sens où leur apparition serait imprévisible.

Pas contre, ce sont des accidents dans la mesure où ils causent des dégâts considérables dans les sociétés qu'ils parviennent à infiltrer.

Les populismes ont tué la monarchie en France (mais pas ailleurs), l'empire allemand et bientôt probablement le Royaume-uni.

Les populismes ont amené une dérive d’extrême droite dans beaucoup de pays, mais aussi de gauche dans d'autres.

A la base on retrouve toujours une angoisse existentielle des classes sociales menacées dans leur survie par un effondrement économique, et non compensé par la solidarité nationale (locale, familiale, amicale...)

Le moyen de lutter contre les populismes c'est de sécuriser les populations à commencer par les revenus.
a écrit le 30/08/2019 à 23:27 :
Le forces populistes émergent quand le peuple n'a plus voix au chapitre. "Quand la démocratie est installée et que le peuple n'est manifestement pas souverain, le désarroi est inévitable". La représentation nationale élue est confisquée par les hauts fonctionnaires de l'Etat et les technocrates. Quand un premier ministre dit "notre détermination est totale", nous sommes déjà sur la voie du pouvoir totalitaire. Le développement de l'Etat dominateur et infidèle au service public épuise le pays.
a écrit le 30/08/2019 à 20:16 :
Le populisme, c'est l'avenir. Les élites n'ont plus les mêmes intérêts que le peuple, le divorce était inévitable.
a écrit le 30/08/2019 à 20:10 :
peut etre aussi que la representation elective a du plomb dans l'aile, le peuple a peut etre
fini par comprendre que de donner un cheque en blanc (ou ses n° de carte banquaire)
a un type qu'on ne connait pas pendant 5 ans et sans aucun controle, c'est etre arnaqué
a tous les coups...
Réponse de le 31/08/2019 à 11:32 :
Exact!

C'est vrai du président au petit maire:racket a gogo et clientélisme
Réponse de le 02/09/2019 à 5:44 :
La France tant qu'elle ne changera pas de Constitution est condamnee a perpetrer ce que vous vivez, changez.
a écrit le 30/08/2019 à 18:46 :
Le manque de lien social et humain. En d'autres termes, le sentiment et l'expérience de ne plus faire partie de la société ou de ne plus pouvoir y participer , mais d'être comme parachuté là.
C'est lié à la vision capitaliste et productivité, à la mauvaise maîtrise du territoire, à la complexité extrême de la société dans laquelle nous vivons, aux loisirs de masse sans interaction humaine (TV,..), à l'affaiblissement des syndicats et des associations et de leurs valeurs initiale de partage et d'entraide, à une plus mauvaise répartition des richesses ( le logement consomme 50% des revenus aujourd'hui contre 25% il y a 30 ans, alors on est plus riches, mais on a plus de dépenses obligatoires)...
Cela se traduit par un taux de dépression plus important chez les jeunes, par des inégalités de services publique, par des attaques répétées contre les acquis sociaux, par une concentration des emplois dans les métropoles... Les indicateurs sont là et ils sont inquietant
a écrit le 30/08/2019 à 18:35 :
"Les forces populistes ne sont pas juste un accident de l'histoire" Encore heureux! Trouvez moi d'autres forces que celle-ci qui appartiennent a l'histoire! A part l'action populaire... je ne vois rien!
a écrit le 30/08/2019 à 17:42 :
La solitude est la première explication du mouvement des "gilets jaunes".
a écrit le 30/08/2019 à 15:21 :
Pourquoi ne mentionnez vous pas la guerre des riches contre les classes moyennes et les pauvres ? Macron en fait un illustre exemple ou il matraque ces catégories tout en se moquant d'elles..
Réponse de le 30/08/2019 à 17:46 :
Un raisonnement qui a du plomb dans l'aile.
a écrit le 30/08/2019 à 15:11 :
"Le point commun des "gilets jaunes" est souvent leur solitude".

Dans les années 80/90, l'individualisation a été poussé à son paroxysme ,dans les entreprises (principe venant direct des US) ,fin des augmentations génerales qui permettaient de suivre le coût de la vie au détriment d'augmentations individuelles toujours très aléatoires d'une année sur l'autre et liée souvent à du copinage avec le management donc perte de salaire au fil des ans et dissension prévisible entre collegues .Puis ,arrivée de l' évaluation individuelle annuelle à base d'objectifs totalement irrealisable ou l'on pouvait même avec des systemes pondus par l'entreprise du type vision à 360° ! ce permettre de dénoncer son collegue de travail dès fois que cela rapporte un peu. Bref, que du bonheur libéral .Début année 80,c'est aussi les jeux TV à élimination par notation qui arrivent ,tout le monde veut s'éliminer pour gagner les sous sous ou une notoriété éphemere jusqu'à aujourd'hui .Bref, comment être collectif pour des gens nés dans un individualisme forcené.L'ordi n'a pas arrangé les choses ,chacun dans son coin pour tenter de détruire l'autre.Multiplication jusqu"à l'ecoeurement de contrat précaire d'horaire du type, 6X4,3X8,etc qui ne facilite pas la vie en sociéte etc..
L'entreprise aime l'individualisme ,ca permet ensuite de liquider plus facilement l'individu seul qui ne sait pas se battre collectivement et qui ne connait pas ses droits.Et après ,on fera un joli article sur l'absenteisme qui explose en entreprise chez les trentenaires, peut-être pour eux le seul échapatoire à leur solitude.
a écrit le 30/08/2019 à 14:42 :
Les dictatures sont illégitimes, mais ont le plus souvent une large base populaire : débrouillez-vous avec ça, les penseurs profonds.
a écrit le 30/08/2019 à 14:28 :
"Ils ne font plus confiance à l'État-providence pour redistribuer efficacement".

Ah oui, donc aucun electeur du RN ne touche la prime d'activité ,étonnant ,j'en connais déja trois dans mon entourage.Prime d'activité qui est juste un complément de l'état à la faiblesse des salaires dans ce pays en particulier dans le privé.


Son succès ne se dément pas. La prime d’activité, élargie par Emmanuel Macron en réponse au mouvement des "gilets jaune" touche désormais 4,1 millions de Français, dont 1,25 million de nouveaux allocataires. Une augmentation de 52,5% par rapport au début de l’année 2018, selon la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). Selon Le Figaro, parmi les derniers bénéficiaires, 700.000 auraient pu accéder à la prestation avant même son élargissement, mais n’y avaient pas recours par méconnaissance.
Réponse de le 30/08/2019 à 16:17 :
il faut aussi savoir si vous amis FN ne paient pas plus en cotisation sociales et impots que ce qu ils recoivent… On peut etre contre la redistribution meme si on en profite, soit pour des raison ideologiques (ca facilite l assistanat), soit pour des raisons partiques (je paie plus que je recoit)
Réponse de le 30/08/2019 à 16:59 :
J'ai évoqué mon entourage pas spécialement des amis.
a écrit le 30/08/2019 à 14:07 :
Dommage que la solution préconisée : "soigner" les causes subjectives d'être des laissés pour compte.

Au lieu de traiter les causes objectives : oui la métropolisation et la création de zones périphériques sont un échec de nos "élites"

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