Les médecins investissent les réseaux sociaux pour contrer les fake news
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Selon des médecins, il est indispensable que les professionnels de santé investissent les réseaux sociaux pour contrer les discours trompeurs.
wutzkoh©/AdobeStock
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Selon des médecins, il est indispensable que les professionnels de santé investissent les réseaux sociaux pour contrer les discours trompeurs.
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« Faire repousser ses neurones grâce au différentiel de gallate ? Bien sûr que non ! » Dans une publication sur Instagram, Nawale Hadouiri, alias @Dr_Nawell2.0, démonte un mythe viral qui circule sur les réseaux. Cette médecin en rééducation neurologique au CHU de Dijon s'est lancée sur Instagram il y a quatre ans pour faire de la prévention et sensibiliser aux fausses informations en santé. « Je ne vois pas ça comme un autre métier. C'est simplement une autre facette qui me permet de toucher un plus grand nombre de personnes », explique-t-elle.
Depuis la pandémie de Covid-19, la désinformation médicale a explosé, portée par des influenceurs auto-proclamés qui promeuvent des pratiques sans fondement scientifique. « La plupart poussent des discours contraires aux connaissances médicales pour ensuite vendre des programmes ou des produits », déplore la médecin. Les conséquences peuvent être graves. Certains patients abandonnent des traitements éprouvés pour tester des alternatives inefficaces, parfois dangereuses.
De plus en plus de soignants utilisent les mêmes canaux que les influenceurs pour démonter les idées reçues. Violette Babocsay, alias @violette.diet, une diététicienne suivie par 230 000 abonnés sur Instagram, alerte sur les tendances alimentaires extrêmes. « En consultation, on passe nos journées à rattraper les dégâts causés par des modes virales trop restrictives, qui créent de l'anxiété alimentaire. Alors, je trouvais ça nécessaire d'agir en amont », explique-t-elle. Sur TikTok, elle démonte les affirmations erronées, comme celle selon laquelle l'addiction au sucre serait pire que la cocaïne, ou encore que le blanc de poulet augmenterait les risques de cancer.
Face à cette prolifération de fausses informations, certains professionnels se regroupent. Le syndicat de jeunes médecins généralistes ReAGJIR a lancé une campagne sur TikTok sous le nom HealthBuster. Le concept : utiliser l'intelligence artificielle pour piéger les influenceurs en leur faisant avouer les dangers des pratiques qu'ils promeuvent.
Grâce à des deepfakes, les vidéos montrent des créateurs de contenus expliquer, à tort, que des méthodes absurdes sont efficaces : traiter une infection vaginale avec un tampon imbibé de yaourt, dormir avec la bouche scotchée ou appliquer de l'eau de Javel sur un bouton de fièvre. À la fin de chaque vidéo, le syndicat révèle le subterfuge : un médecin était derrière la supercherie. L'objectif ? Rappeler que « la popularité ne fait pas la légitimité » et qu'il est essentiel de faire confiance aux professionnels de santé.
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Face à cet engagement grandissant des médecins sur les réseaux, l'Ordre des médecins a mis en place en janvier une charte du médecin créateur de contenus. Elle définit un cadre éthique et impose notamment de ne pas donner de conseils médicaux personnalisés, ni de promouvoir des pratiques non validées scientifiquement.
« L'idée, c'était de légitimer notre rôle de médecin sur les réseaux et aussi de rassurer ceux qui hésitent à se lancer », explique Nawale Hadouiri, qui a participé à l'élaboration du texte. Selon ces médecins, il est indispensable que les professionnels de santé investissent les réseaux sociaux pour contrer les discours trompeurs. « Il faut restaurer l'équilibre », plaide la professionnelle.
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Mais cet engagement a un coût : il se fait sur leur temps personnel, en dehors de leurs heures de consultation. Un effort jugé nécessaire pour éviter que les fake news en santé ne prennent le dessus sur les faits scientifiques.
(Avec AFP)
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