Les services de réanimation saturés, la troisième vague plus sévère que la deuxième

A date, les hôpitaux français recensent 4.974 malades du Covid-19 en réanimation, contre 4.903 le 16 novembre dernier. Cela reste encore toutefois inférieur aux chiffres de la première vague de mars 2020. Dans le même temps, Johnson&Johnson démarrera les livraisons de son vaccin en Europe le 19 avril.

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(Crédits : Reuters)

La troisième vague de l'épidémie de Covid-19 est pire que la deuxième pour le nombre de malades en réanimation : le pic de l'automne a été dépassé lundi, apportant de l'eau au moulin de ceux qui réclament un durcissement des restrictions sanitaires.

> Dossier - la course aux vaccins

A la veille d'un conseil de défense sanitaire décisif autour du chef de l'Etat, il y a 4.974 malades du Covid-19 en réanimation en France, contre 4.903 le 16 novembre, au pic de la deuxième vague, selon l'agence sanitaire Santé publique France.

On reste nettement en-dessous du pic de la première vague, au printemps 2020 (environ 7.000 malades en réa). Mais les médecins font valoir que cette fois, les transferts de patients dans d'autres régions sont plus difficiles, notamment face au refus des familles.

En comptant les malades du Covid et les autres, près de 9 lits de réanimation sur 10 (6.833 sur 7.665 à la date du 26 mars) sont actuellement occupés en France, selon d'autres chiffres communiqués par le ministère de la Santé.

Dans deux tribunes distinctes au JDD et au Monde, des médecins hospitaliers ont alerté sur ce remplissage des réanimations, craignant que cela ne les oblige à trier les patients faute d'un nombre de lits suffisant pour les accueillir tous.

"Choix terribles"

Des "choix terribles pour les soignants" que le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré vouloir leur éviter, lors d'un entretien dimanche soir avec ces directeurs médicaux de crise, a rapporté son entourage à l'AFP.

"Le ministre a rappelé qu'il fallait vérifier ce que les mesures déjà mises en place avaient comme impact sur la réa, et que si cet impact était jugé insuffisant pour passer le cap difficile des trois prochaines semaines, le gouvernement serait amené à prendre rapidement des mesures supplémentaires", a-t-on expliqué de même source.

Selon les dernières données de Santé publique France, arrêtées à jeudi, le taux d'incidence a encore grimpé en Ile-de-France à 640 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours, tout comme dans les Hauts-de-France, à 502. Désormais, 57 départements ont un taux d'incidence supérieur au seuil d'alerte maximale (250) des autorités sanitaires, contre 42 cinq jours plus tôt, et seulement 23 au 10 mars.

La semaine dernière, plus de 2.000 décès de malades du Covid-19 ont encore été enregistrés à l'hôpital ou dans les Ehpad.

Et la flambée épidémique - entre 40.000 à 50.000 patients testés positifs chaque jour la semaine dernière - n'augure pas d'une baisse immédiate des entrées à l'hôpital. Au total, 28.322 patients infectés par le coronavirus sont actuellement hospitalisés dans le pays, selon Santé publique France.

Malgré les appels à serrer la vis, la majorité défend la stratégie de l'exécutif, celle d'un confinement en tout dernier recours.

"Les décisions prises qui permettent de freiner la propagation du virus sont celles qui sont pertinentes d'un point de vue sanitaire et acceptables au regard des restrictions que les Français acceptent de respecter depuis déjà un an", a résumé sur Public Sénat la présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Aurore Bergé.

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Lire aussi : Covid-19 : La France attend près de 3 millions de doses de vaccin la semaine prochaine (Pannier-Runacher)

Les écoles sous pression

La question des écoles devient insistante. "Elles doivent rester ouvertes aussi longtemps que c'est possible de le faire", assure Aurore Bergé. Mais le président de l'UDI et député de Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde, a écrit lundi au chef de l'Etat pour demander "la fermeture immédiate des écoles, collèges et lycées" dans son département, où le taux d'incidence est l'un des plus élevés de France avec le Val-d'Oise, à près de 800, plus de trois fois au-dessus du seuil d'alerte maximale.

A partir de lundi, un seul cas de Covid-19 doit déclencher la fermeture d'une classe dans ces départements sous semi-confinement. Au dernier décompte officiel, vendredi, 3.256 classes étaient fermées contre 2.018 une semaine plus tôt (sur 528.400), ainsi que 148 établissements sur 61.500.

L'hypothèse d'un durcissement des restrictions pose en outre la question de la tenue des élections régionales et départementales les 13 et 20 juin. Le Conseil scientifique qui guide le gouvernement a renvoyé à l'exécutif la décision d'un nouveau report.

Pour sortir du tunnel, l'exécutif mise plus que jamais sur la vaccination. Pour l'instant, il y a 2,6 millions de personnes vaccinées en France (deux doses), et 5,1 millions qui n'ont eu que la première dose.

Le quatrième vaccin autorisé en Europe, celui du laboratoire américain Johnson & Johnson, sera livré sur le continent à partir du 19 avril, a indiqué la société lundi à l'AFP.

Lire aussi : COVID-19 en 24h : aides aux entrepreneurs, faiblesse de l'euro, production de vaccins...

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Commentaires 11
à écrit le 30/03/2021 à 17:30
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"La semaine dernière, plus de 2.000 décès de malades du Covid-19 ont encore été enregistrés à l'hôpital ou dans les Ehpad". Maintenant on mélange les deux ,c'est pas bête.

à écrit le 30/03/2021 à 15:29
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Les même "blouses blanches", nous expliquent qu'ils ont beaucoup appris de la première vague. Ah bon ?

à écrit le 30/03/2021 à 14:13
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Ils mentent tous , mandarins de la faculté et politiques . Prèsentez nous un histogramme par âge des malades de la covid . Idem hospitalisé , idem en réa Light , idem en réa hardp et enfin les décès . On nous balade , les règles de répartition sont p...

à écrit le 30/03/2021 à 12:49
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oui se sont ces meme directeurs de l'ap hp qui ont suggérer au gouvernant successif la reduction des cout et des lits alors si un patient décède faute de soin c'est bien de leur responsabilité et non celle des elus politiques et pour cela il y a...

à écrit le 30/03/2021 à 12:49
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" les transferts de patients dans d'autres régions sont plus difficiles, notamment face au refus des familles". Le prix d’un transport de corps dépend des entreprises de pompes funèbres et varie entre 0,50€ et jusqu’à 4€ par kilomètre parcouru.

le 30/03/2021 à 17:00
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C'est hors de prix. Combien avons nous du coup croisé sur la route des passagers morts que l'on transporte pour faire des économies ?

à écrit le 30/03/2021 à 11:40
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Après la déclaration tonitruante du "Quoi qu il en coûte " en 2020 la triste réalité de la 3ieme vague. Le Quoi qu il en coûte s est transformé en un pari hasardeux de non confinement du président " épidémiologiste "quelque soient le nombre de vie ...

à écrit le 30/03/2021 à 10:56
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Le corps médical de verrait bien être un Quatrième pouvoir : Sanitaire ! Il bouillonne d'envie ! Il n'en n'est pas question. Il peuvent alerter, dire la situation, et c'est tout. Il est hors de question qu'il soit en capacité un jour de décider en c...

à écrit le 30/03/2021 à 9:24
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Ces marrants tout ces médecins qui au lieu de demander des moyens suplémentaires demande à la population française de rester enfermée afin de lui faciliter son métier. Ah si on pouvait tous faire pareil hein... je vous dis pas le bordel ! ^^ "“Ce...

à écrit le 30/03/2021 à 9:12
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Dans l'absolu, 5000 malades en réanimation, ce n'est pas beaucoup, dans un pays avec 66 millions d'habitants. Donc où est le problème, finalement ? N'est-ce pas tout simplement un manque de lits d'hopitaux en France ? Dans ce cas, pourquoi est-ce que...

le 30/03/2021 à 10:36
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Bravo Charlie +1

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