Loi Travail : nouvelle journée de mobilisation jeudi 28 avril

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Intermittents du spectacle, cheminots de la SNCF, contestation contre le projet de loi travail... Le gouvernement redoute l'amalgame entre ces divers mouvements de protestation.
Intermittents du spectacle, cheminots de la SNCF, contestation contre le projet de loi travail... Le gouvernement redoute l'amalgame entre ces divers mouvements de protestation. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Sept syndicats de salariés et d'étudiants appellent une nouvelle fois à descendre dans la rue jeudi 28 avril contre le projet de loi Travail. Le gouvernement va scruter de très près la mobilisation, espérant un essoufflement - sinon un répit après avoir lâché entre 400 à 500 millions d'euros de mesures en faveur des jeunes.

Alors que l'Assemblée nationale va commencer à débattre du projet de loi Travail le 3 mai, pour la quatrième fois en moins de deux mois, salariés, étudiants et lycéens sont appelés à descendre dans la rue jeudi 28 avril contre ce texte par des syndicats déterminés à maintenir la pression jusqu'au retrait d'un texte porteur, selon eux, de "régression sociale".

Sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) appellent à battre le pavé à travers la France et à cesser le travail. Bien entendu, le gouvernement va scruter de près la mobilisation espérant entrevoir un essoufflement.

Après les premiers cortèges du 9 mars, le 31 mars entre 390.000 personnes selon les autorités, et 1,2 million selon les syndicats, avaient défilé pour exiger le retrait du projet de loi, lors de manifestations émaillées de violences. Cette participation a ensuite nettement baissé le 9 avril - un week-end pendant les vacances scolaires de certaines académies.

Le gouvernement va scruter l'importance de la mobilisation

La journée de jeudi, qui tombe aussi pendant les congés scolaires à Paris, sera suivie d'un 1er mai également focalisé sur le projet de loi. Mot d'ordre: le retrait pur et simple d'une réforme perçue comme trop favorable aux employeurs, et facteur de précarité pour les salariés, notamment les jeunes.

La contestation anti-loi travail s'est élargie depuis le 31 mars avec le mouvement "Nuit debout" qui continue d'occuper la place de la République à Paris, et mobilise dans d'autres villes à travers la France sur le thème de la "convergence des luttes". A cela est venue se greffer la colère des intermittents du spectacle, qui menacent de perturber les représentations du théâtre de l'Odéon à Paris et les prochains festivals pour défendre leur régime spécifique d'assurance chômage, mais aussi pour s'opposer à la loi travail... Sans parler du conflit à la SNCF dû à l'ouverture à la concurrence qui pourrait prendre de l'ampleur.

"Tout le monde peut venir, jeudi, y compris Nuit Debout, a déclaré Jean-Claude Mailly, le leader de FO, ajoutant: "si la journée du 28 avril est "réussie, cela va peser".

Le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri vise à donner plus de souplesses aux entreprises, notamment en matière d'aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique.

Le gouvernement espère ainsi lever la "peur de l'embauche" des petites entreprises et, à long terme, favoriser l'emploi. Face au tollé suscité par la première version du texte,le 14 mars, il en a retiré les mesures les plus contestées comme le plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif.

En commission, les députés ont aussi modifié plusieurs dispositions dans un sens plus favorable aux salariés, notamment les conséquences en cas de refus d'un accord d'entreprise pour "préserver l'emploi" (qui sera analysé comme un licenciement pour motif économique) ou encore les dérogations au droit à un repos quotidien de 11 heures. mais des amendements favorables aux PME ont aussi été adoptés. Ainsi, des règles spécifiques aux PME ont été fixées en matière de justification d'un licenciement économique.

Les syndicats dits "réformistes" (CFDT, CFE-CGC et CFTC) entendent peser sur les débats parlementaires pour continuer à infléchir certains points du texte dont François Hollande a assuré qu'il ne serait "pas retiré".

Mais pour les autres syndicats, il n'est pas amendable puisque c'est sa philosophie même qui coince, à savoir "l'inversion de la hiérarchie des normes" permettant à un accord d'entreprise de primer sur un accord de branche même s'il est moins favorable, notamment en matière de taux de bonification des heures supplémentaires

"C'est la ligne rouge, il faut que le gouvernement bouge là-dessus", a souligné Jean-Claude Mailly.

La CGT menace de durcir le mouvement

"Le fondement de ce projet, c'est le fait qu'un code du travail va s'appliquer dans chaque entreprise, il n'y aura plus de règles collectives", a insisté pour sa part Philippe Martinez, numéro un de la CGT sur RMC-BFMTV.

Le leader cégétiste, tout juste réélu à la tête de la centrale, a durci le ton la semaine dernière, ouvrant la porte à une "grève reconductible" à partir de jeudi. "La question de la reconduction de la grève, nous la poserons, les salariés la poseront et ce sera plus évident à condition d'être nombreux, très nombreux pour les arrêts de travail", a-t-il lancé devant ses troupes réunies en congrès à Marseille.

Du côté du gouvernement, on craint surtout par dessus tout que les différents mouvements de contestation actuels s'amalgament dans un vaste rassemblement social contre la politique actuelle. C'est pour tenter de désamorcer ce risque que, le 11 avril dernier, Manuel Valls a déjà "lâché" un certain nombre de mesures en faveur des jeunes - pour un coût compris entre 400 et 500 millions d'euros par an. Il pourra mesurer jeudi si ce geste a été suffisant.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 26/04/2016 à 19:36 :
tous dans la rue le 28 ???

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