Malgré Whirlpool, les Etats-Unis restent le premier investisseur étranger des Hauts-de-France

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Les Etats-Unis ont généré « 100 % des opérations de création d'emplois en 2016 », soit environ 1.200 postes à travers 10 projets. Cela s'explique par les investissements d'Amazon, qui ouvrira une cinquième plate-forme de préparation de commandes près d'Amiens : ce sera la plus grande de France avec 500 CDI annoncés sur les trois prochaines années.
Les Etats-Unis ont généré « 100 % des opérations de création d'emplois en 2016 », soit environ 1.200 postes à travers 10 projets. Cela s'explique par les investissements d'Amazon, qui ouvrira une cinquième plate-forme de préparation de commandes près d'Amiens : ce sera la plus grande de France avec 500 CDI annoncés sur les trois prochaines années. (Crédits : Reuters)
La campagne présidentielle s'est focalisée sur le cas du site de Whirlpool, faisant oublier que 1.800 entreprises représentant 132.000 emplois sont le fait de capitaux étrangers, provenant d'abord des Etats-Unis.

Hier, les candidats à la présidentielle  se sont livrés une véritable bataille d'image autour de Whirlpool à Amiens, l'entreprise américaine ayant décidé de délocaliser sa production de sèche-linges en Pologne au 1er juin 2018, licenciant au passage 295 salariés. Ce plan social,  devenu symbole pour la campagne de l'entre-deux tours, ne doit pas faire oublier à quel point les entreprises étrangères, notamment américaines, investissent massivement dans les Hauts de France pour créer et/ou maintenir l'emploi.

La région abrite en effet près de 1.800 établissements à capitaux étrangers, ce qui totalise plus de 132.000 emplois, selon un recensement de Nord France Invest, l'agence de promotion économique des Hauts de France. L'année dernière, les investisseurs étrangers ont ainsi créé ou maintenu plus de 4.500 emplois dans les Hauts-de-France, à travers une centaine de projets d'investissements.

1.200 postes créés à travers 10 projets

Ironie de l'histoire par rapport à Whirlpool, les Etats-Unis ont généré « 100 % des opérations de création d'emplois en 2016 », soit environ 1.200 postes à travers 10 projets. Cela s'explique par les investissements d'Amazon, qui ouvrira une cinquième plate-forme de préparation de commandes près d'Amiens : ce sera la plus grande de France avec 500 CDI annoncés sur les trois prochaines années. Le pure-player va également embaucher 250 personnes dans son futur centre de tri qu'il devrait inaugurer cette année, près de sa plate-forme de Lauwin-Planque, à côté de Douai.

La deuxième place concernant la création ou la maintien de l'emploi par des capitaux étrangers revient à l'Allemagne (plus de 900 emplois en 11 projets dont la reprise du spécialiste du poisson pané Gelmer par Greenland Seafood), suivi des Pays-Bas  et de l'Italie (chacun avec près de 480 emplois, via respectivement 8 et 11 projets).

Finalement, les Américains décrochent la première place des employeurs étrangers en région, avec près de 32.000 salariés, répartis à travers 220 établissements. Il faut rappeler qu'en 2015, un fonds d'investissement américain (Peaked Hill Partners) a sauvé le fleuron national verrier, Arc International près de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais. Croulant sous les dettes, le leader mondial des arts de la table menaçait de licencier les actuels 5.000 salariés d'une usine qui en avait compté plus de 10.000 dans les années 1970.

« Sans parler d'Arc, nous constatons, depuis 2012, un accroissement significatif du nombre et de la taille des projets américains », analyse Nord France Invest. « Jusqu'en 2011 environ six projets générant à eux tous en moyenne 144 emplois étaient détectés chaque année. Depuis 2012, ce sont dix projets par an en moyenne générant plus de 800 emplois. »

Investissements de grand groupes comme IBM

Une tendance dessinée par les investissements répétés de très grands groupes, comme par exemple IBM (implantation d'un centre de service à Lomme près de Lille en 2013, 700 emplois créés), Cerberus (reprise de Reydel Automotive (ex-Visteon), équipementiers automobile pour 631 emplois maintenus à Harnes et Gondecourt dans le Pas-de-Calais), Booking (ouverture d'un centre à Tourcoing en 2011, 380 postes déclarés), Anovo (rachat d'Ingram Micro à Beauvais, 280 emplois maintenus dans la réparation d'équipements de communication) ou encore AGCO (reprise en 2007 de Massey Ferguson à Beauvais dans l'Oise, 2035 personnes).

Toujours selon Nord France Invest, les capitaux américains, c'est aussi les usines Procter & Gamble  et Colgate Palmolive Industriel à Amiens et à Compiègne (1.500 personnes), Dunlop à Amiens (950 salariés), un centre d'appels (Webhelp par KKR, 785 personnes à La Croix-Saint-Ouen dans l'Oise), la production de batteries (Enersys, 635 personnes à Arras dans le Pas-de-Calais), la fabrication de couvertures en métal (EJ Picardie, 565 personnes toujours dans l'Oise, à Saint-Crépin-Ibouvillers), une usine d'éléments de seringues (West Pharmaceutical Services, 495 personnes à Le Nouvion-en-Thiérache dans l'Aisne), les crèmes glacées (Häagen Dazs, 490 personnes à Tilloy-Lès-Mofflaines dans Pas-de-Calais), les systèmes d'intérieur de voiture (Reydel Automotive, 415 personnes à Gondecourt dans le Nord).

Et encore, ce ne sont là que les sites les plus significatifs.

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Commentaires
a écrit le 30/04/2017 à 7:59 :
faux débats
ce n'est une opposition de deux villes
ou de deux pays mais bien les voyoux de bruxelles
qui pour se remplir les poches ont créer des paradis fiscaux en europe
avec l'aide de banquiers politique comme m macron
ou maximaliser la promesse de richesse pour eux et de misére pour les segonds
pour eux les nations nexiste plus
pour cela il faut reduire les pouvoir de bruxelles
a écrit le 28/04/2017 à 12:34 :
Présentation toujours aussi malhonnête : la majeure partie de ces investissements ne créent aucun emploi, car il s'agit juste de reprise d'entreprise et non pas de création de nouvelles sociétés. Pire, très souvent, car il faut rentabiliser cet investissement, les sociétés font baisser leurs effectifs les années d'après (sans licenciements : seulement avec les départs à la retraite et les départs volontaires). Ces chiffres ne représentent donc pas du tout la réalité du terrain : mais pour cela, il faut regarder réellement ce qui se passe.
Réponse de le 28/04/2017 à 18:02 :
Ces investissements sont des cumuls depuis des années, certains suite à des rachats d'autre suite à des créations ex nihilo.
NOus sommes un pays intégré dans l'économie mondialisée, cela a des avantages (une capacité industrielle ) et des inconvénients (on ne maitrise pas tout)
a écrit le 28/04/2017 à 12:07 :
Le problème avec l'oncle Sam est qu'il n'a aucun état d'âme à plier les gaules et vous laisser gros jean comme devant.
a écrit le 28/04/2017 à 11:47 :
Vous nous prenez pour des (jambons) ce qui interesse surtout les fonds spéculatifs américains c'est avant tout les brevets qu'ils prennent avec leur (Q E) ils n'ont rien a foutre des emplois !!! soyons réalistes...
a écrit le 28/04/2017 à 11:45 :
1200 postes créés, 300 supprimés !
Faut-il dissuader les entreprises étrangères de venir en France en les menaçant ???
...et pendant ce temps là, Marine distribue des croissants !
a écrit le 28/04/2017 à 11:45 :
1200 postes créés, 300 supprimés !
Faut-il dissuader les entreprises étrangères de venir en France en les menaçant ???
...et pendant ce teps là, Marine distribue des croissants !
a écrit le 28/04/2017 à 9:41 :
Bonne synthèse des informations et il est toujours bon de rappeler les bases de l’économie, qu'elle soit mondialisée ou pas.
Je pense que le moindre employé, sensé ou curieux, est conscient de comment fonctionne une entreprise ou un groupe industriel et qu'il n'y a pas les méchants investisseurs d'un côté et les gentils ouvriers de l'autre. C'est plus compliqué que cela.

En en regardant les reportages, dans le climat démagogique et parfois haineux actuel, ce qui ressort ce sont des exigences et les propos exclusifs et non pas des volontés de dialogue.
A force de pousser le raisonnement de l'exclusion et des frontières à l’extrême, on en viendra à se demander pourquoi investir en Picardie ou dans toute autre région, plutôt qu'en Ile de France, ou pourquoi le village X plutôt que le Y ?
Cette rhétorique du "c'est à nous" et du "on veut que ce soit comme avant", alimentée par des partis extrémistes ne peut conduire qu'à des blocages et à des conflits.

Si c'est bien de travail dont il s'agit ?
Pour qu'il y ait du travail, il faut qu'il y ait une usine et pour qu'il y ait une usine il faut des investisseurs et des entrepreneurs. Dans ce cas, on peut se demander ce qui va les attirer ?

Autant on peut comprendre le désarroi des ouvriers qui vont perdre leur emploi et qui vont être obligés de se reconvertir, autant leur attitude et leurs propos parfois violents ne donnent pas forcement envie d'investir sur leur site.
Bon courage à Monsieur Mactron pour trouver une solution, car ce ne sont certainement pas les fouteurs de troubles qui vont s'en charger. Ils sont déjà partis à la pêche.
a écrit le 28/04/2017 à 9:18 :
"Une tendance dessinée par les investissements répétés de très grands groupes, comme par exemple IBM (implantation d'un centre de service à Lomme près de Lille en 2013, 700 emplois créés)".

Et parallelement à la même date :

L’annonce de l’ouverture d’un centre de services à Lille par IBM n’est pas du goût de la CGT qui, tout en reconnaissant que cette ouverture constitue une excellente nouvelle pour le bassin d’emploi lillois, y voit une provocation pour les salariés de la filiale française. Selon un tract du syndicat, cette entité va se substituer partiellement à l’entité Global Business Services qui, de son côté, voit 400 de ses emplois supprimés. Cette ouverture s’inscrirait dans une stratégie visant d’une part à délocaliser l’activité dans les pays à bas coûts salariaux, d’autre part à créer des filiales low-cost dans les pays « chers » quand le marché et la proximité des clients l’exigent.
L’IBM Services Center, qui dépend d’IBM Holding Europe BV et non d’IBM France, relèverait du second cas et reprendrait ainsi le flambeau de l’entité Consulting pour un coût nettement inférieur (le syndicat parle de 40% d’économie). « Il emploiera des jeunes diplômés, des stagiaires, des apprentis et autres contrats aidés plus quelques profils et managers expérimentés pour le transfert des compétences. Il faut aussi savoir que pendant 6 mois, Lille et Nantes ont été en concurrence. Il s’agit probablement d’une course aux subventions dans laquelle Lille a gagné avec des crédits d’impôts et des aides à la formation », affirme Frédéric Roussel représentant syndical CGT.
Selon lui, le fait que la nouvelle structure dépend d’une filiale domiciliée aux Pays-Bas, faciliterait par ailleurs le transfert des royalties et bénéfices vers les US, avec une fiscalité avantageuse. Ne faisant pas partie du Comité de groupe IBM France, elle échapperait de plus au droit de regard et d’action des organisations syndicales.Selon les syndicats, IBM compte moins de 7.000 employés aujourd'hui en France, contre plus de 26.000 à la fin des années 1990.
Réponse de le 28/04/2017 à 18:07 :
Les effectifs mondiaux d'IBM ont été largement sabrés ces 30 dernières années, IBM a suivi
Réponse de le 30/04/2017 à 17:41 :
@Brice

IBM emploie un total de 431 000 employés à travers le monde dont 120.000 environ en Inde et IBM se développe en ce moment dans les pays à bas coût ,Égypte, Pologne, Tchéquie ( service paie d'IBM France) , Roumanie, Bulgarie etc..
a écrit le 28/04/2017 à 9:09 :
Donc au final l'affaire Whirlpool est bien triste pour les personnes concernées mais reste effectivement une anecdote sur un plan global.
a écrit le 28/04/2017 à 2:02 :
Bonjour, Quelqu'un pourrait il me dire si l'usine en question est bénéficiaire ou déficitaire. L'on ne sait. Si elle perd de l'argent, il semble normal de la fermer. Alors beneficiare ou déficitaire ?
a écrit le 27/04/2017 à 22:35 :
C'est vrai, quoi, tous ces chômeurs qui osent se plaindre des délocalisations qui n'existent que dans leurs rêves...
Réponse de le 28/04/2017 à 18:16 :
Et quand on délocalise une activité vers la France ? Vous pensez quoi ?
C'est la vie des entreprise, les vaches meuglent...
a écrit le 27/04/2017 à 20:58 :
Envoyez cet article a marine mais je craint qu'elle ne vous croit pas
Son remplaçant à la tête du Fn doute déjà des chambres à gaz alors vos emplois étrangers .......

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