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ÉconomieFrance

Manifestations des fonctionnaires : les raisons de la colère

Timothée de Rauglaudre

Publié le 26 janvier 2016 à 15:51 - Mis à jour le 26 janvier 2016 à 15:51

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05 juin 2026

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Le même jour que les chauffeurs de taxi, les agents de la fonction publique manifestent ce mardi 26 janvier dans toute la France. Si la mobilisation générale dénonce le gel des salaires des fonctionnaires depuis 6 ans, d’autres revendications sectorielles sont présentes, comme une opposition à la réforme des collèges.

Les perturbations entraînées par les manifestations des chauffeurs de taxi, ce mardi 26 janvier, risquent d'occulter d'autres mobilisations qui traversent la France au même moment : celles des fonctionnaires. La CGT, FO et Solidaires ont en effet appelé 5,6 millions d'agents publics français à sortir dans les rues pour réclamer une hausse de leur pouvoir d'achat. Entre 110 et 120 rassemblements dans toute la France, par secteurs professionnels (santé, finances, etc.), étaient prévus pour le début de l'après-midi, notamment à Paris, où plusieurs centaines de manifestants ont défilé au départ de Montparnasse. À Lyon, 2.200 personnes selon la police, 4.000 selon les syndicats, ont défilé pour défendre une revalorisation des salaires dans la fonction publique, ou encore 3 000 à Grenoble selon France 3 Alpes. Les syndicats évoquent un tiers des effectifs de la fonction publique en grève, tandis que le ministère parle de 13 %.

Gel du point d'indice depuis 2010

Leurs revendications n'ont pas paru rencontrer beaucoup d'écho du côté du gouvernement. Invitée ce matin sur France 2, la ministre de la Fonction publique, Marilyse Lebranchu, a d'office annoncé la couleur :

« Il n'y aura pas une grosse augmentation du point d'indice parce que nous sommes encore en situation difficile. »

La ministre a évoqué pour se justifier « encore une situation de chômage qui nous a conduits à prendre des mesures supplémentaires » ainsi qu' « une situation en termes de sécurité, police, justice, armée, etc. qui fait qu'on a été obligés de créer des postes donc du coup la marge de manœuvre sera très faible ». Elle a toutefois ajouté qu'elle « [souhaiterait] une augmentation symbolique ». Le geste risque de ne pas suffire aux fonctionnaires mobilisés. « Il y a urgence, le point d'indice est gelé depuis 2010, a alerté Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU), fédération syndicale de l'enseignement. Nous avons perdu, depuis cette période, deux mois de salaire en moyenne ». Le point d'indice, qui sert de base de calcul du salaire des fonctionnaires, est en effet gelé depuis 6 ans. Les enseignants du primaire, en particulier, sont payés « 16 % de moins que la moyenne européenne après 15 ans de carrière », a souligné sur RMC Jérôme Lambert, secrétaire départemental du syndicat SNUipp-FSU, ce qui représente « environ 400 euros de moins que nos collègues alors même que, et contrairement à ce que l'on peut entendre, on travaille plus dans les écoles françaises que dans les écoles européennes ». Philippe Martinez, numéro un de la CGT, a souligné la différence d'approche entre le gouvernement et les travailleurs mobilisés :

« Nous, on parle de coût du capital, le gouvernement parle de coût du travail. »

Les banderoles et slogans de la manifestation parisienne reflètent cet esprit, clamant « Austérité, ça suffit », « Pour le service public, l'emploi et les salaires » ou encore « Augmenter les salaires, pas les actionnaires ».

Opposition à la réforme des collèges

Mais la revalorisation des salaires n'est pas le seul motif de mobilisation des fonctionnaires. Parmi les enseignants ayant répondu à l'appel de la grève, représentant 11 % de leur profession selon les chiffres du ministère de l'Éducation, les professeurs des collèges ont été les plus prompts à manifester (22,32 %), loin devant leurs confrères des écoles primaires (12,24 %) et des lycées. C'est en effet la quatrième grève en réaction à la réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation. La réforme, qui doit s'appliquer dès septembre prochain, prévoit notamment d'accroître l'autonomie des établissements, de développer l'interdisciplinarité dans les enseignements et de faire démarrer aux collégiens une deuxième langue étrangère dès la classe de 5ème, ainsi que la disparition des options latin et grec et d'une partie des classes bilangues - cette dernière disparition comprenant finalement des exceptions territoriales, avec 100 % de ces classes conservées à Paris.

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Les hôpitaux de Paris et les contrôleurs aériens également mobilisés

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Le personnel hospitalier de Paris et les contrôleurs aériens se sont aussi mobilisés. Une centaine de manifestants, devant le ministère de la Santé, protestaient contre la réforme du temps de travail dans les hôpitaux franciliens. Ils s'opposent à la réforme des 35 heures appelée de ses vœux par le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), Martin Hirsch. De leur côté, les contrôleurs aériens mobilisés ont entraîné l'annulation d'un vol sur cinq.

Timothée de Rauglaudre

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