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ÉconomieFrance

35 heures : Manuel Valls recadre sévèrement Macron

Photo de Nabil Bourassi

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Publié le 28 août 2015 à 15:03 - Mis à jour le 29 août 2015 à 10:32

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Le Premier ministre a réaffirmé qu'il n'y aura pas de remise en cause des 35 heures, déplorant "les petites phrases qui font mal à la vie publique". Emmanuel Macron a tenté de préciser son propos assurant qu'il ne visait pas le dispositif des 35 heures.

La semaine de travail à 35 heures a tracé une fracture entre la droite et la gauche, va-t-elle en créer une nouvelle au sein même du parti socialiste ? La petite phrase d'Emmanuel Macron, jeudi lors de l'université du Medef, a mis le feu aux poudres. Le ministre de l'Economie a déclaré que:

"La gauche (n'était) pas exempte de critiques particulières. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans elle. (...) Que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C'était des fausses idées."

Jaurès insulté?

Il n'en fallait pas davantage pour que ces propos soient interprétés comme une critique des 35 heures, mis en place en 2002 par le gouvernement de Lionel Jospin. Depuis, c'est le tollé à gauche. Yann Galut, député PS, n'a pas mâché ses mots : "il a quelque part insulté Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et Martine Aubry".

Depuis La Rochelle, où le PS tient son université d'été, Jean-Christophe Cambadélis a également tapé du poing sur la table. Le patron du PS a assuré qu'il aura une "discussion franche" avec Emmanuel Macron la semaine prochaine.

"Puisque Macron ne veut pas aller à Lagardère, Lagardère ira à lui. Donc je rencontrerai Emmanuel Macron en début de semaine et nous aurons une explication amicale, franche et déterminante sur un certain nombre de sujets. L'incident est clos", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis.

Manuel Valls remet "les pendules à l'heure"

Mais c'est de plus haut encore que la critique a été la plus forte. En marge d'une visite à Châlons-en-Champagne, Manuel Valls a vertement critiqué son ministre de l'Economie. Le Premier ministre a ainsi déclaré :

"Les vrais sujets sont l'emploi et la croissance. Les petites phrases font mal à la vie publique". "Emmanuel Macron travaille bien et sa loi est une loi concrète", a-t-il néanmoins ajouté.

Samedi à La Rochelle, lors de l'université d'été du PS, Manuel Valls n'en a pas moins remis une couche :

"Le rôle de ceux qui gouvernent est d'apaiser et rassembler et ce qu'il faut, c'est que chacun soit responsable", a-t-il lâché selon l'AFP. "Quand on gouverne, chaque mot, chaque attitude, chaque phrase, chaque acte sont importants, nous avons une responsabilité que d'autres n'ont pas."

Pour Manuel Valls, le sujet est brûlant. Lors de la campagne des Primaires socialiste en vue de la présidentielle de 2012, il avait pris ses distances avec la loi socialiste en proposant de "déverrouiller les 35 heures". Depuis son arrivée à Matignon en 2014, il a, à plusieurs reprises, assurer qu'il n'y aurait pas de remise en cause des 35h. Chose qu'il a rappelé ce matin encore. Pour Jean-Christophe Cambadélis, "le Premier ministre a mis les pendules à l'heure".

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Macron dément

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De son côté, Emmanuel Macron a démenti auprès de l'AFP avoir mis en cause les 35 heures : "Je ne parlais pas des 35 heures mais du rapport au travail. Il en faut plus, pas moins. C'est le plus beau combat de la gauche, car le travail, c'est le moteur de l'émancipation individuelle."

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