Les pesticides tueurs d'abeilles créent des dissonances au sein du gouvernement

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de l'Ecologie, Nicolas Hulot, persistent et signent: il n'est pas question de revenir sur les acquis en matière d'interdiction de certains pesticides néonicotinoïdes. Les annonces faites par leur collègue de l'Agriculture, Stéphane Travert étaient pourtant contradictoires.
Stéphane Travert avait auparavant déclaré sur BFM TV que le gouvernement envisageait d'assouplir l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes.
Stéphane Travert avait auparavant déclaré sur BFM TV que le gouvernement envisageait d'assouplir l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes. (Crédits : Pascal Rossignol)

Déjà au cœur de tensions sous le quinquennat précédent entre le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et sa collègue de l'Ecologie Ségolène Royal, les pesticides divisent désormais le gouvernement Philippe. En contradiction avec des annonces faites plus tôt par son collègue de l'Agriculture, le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot a affirmé qu'il n'est pas question de revenir sur les acquis en matière d'interdiction de certains pesticides.

Les députés ont voté en 2016 l'interdiction à partir de 2018 des néonicotinoïdes, accusés notamment de tuer les colonies d'abeilles, des dérogations restant possibles jusqu'en 2020. Une décision qui va plus loin que le moratoire partiel européen.

"Sur tout ce qui est perturbateurs endocriniens, tout ce qui concerne la santé, ma ligne est très simple : il ne faut faire aucune concession. On ne reviendra pas sur des acquis. Je veux déjà être le garant de ce que mes prédécesseurs ont acté", a-t-il déclaré à des journalistes lors d'un déplacement.

Le Premier ministre confirme le maintien de l'interdiction

Nicolas Hulot a assuré que les arbitrages avait été faits en matière de maintien de l'interdiction des néonicotinoïdes et de l'épandage aérien de pesticides. Il a ajouté qu'il en parlerait dans les prochains jours avec le ministre de l'Agriculture et souligné la responsabilité juridique de ceux qui auront été "laxistes" en matière

Peu de temps après, dans la matinée, le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé, dans un communiqué, le maintien de l'interdiction :

"Dans le cadre des discussions sur le projet de loi 'Droit à l'erreur', le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l'occasion d'une réunion tenue à Matignon le 21 juin."

"La loi prévoit certaines modalités d'application transitoires jusqu'en juillet 2020", précise le texte, ajoutant que "la Commission européenne ayant émis certaines observations sur la réglementation française afin de s'assurer de la conformité du droit français, un travail est en cours avec les autorités européennes".

La France va actuellement plus loin que l'UE

Stéphane Travert avait auparavant déclaré, sur BFM TV, que le gouvernement envisageait d'assouplir l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes. Un document préparatoire au projet de loi visant à améliorer les relations entre administration et public, diffusé par RMC et BFM TV, estime que la réglementation française en vigueur pour les néonicotinoïdes n'est pas conforme au droit européen. Les auteurs de ce document estiment qu'il y a également "sur-transposition" des directives européennes pour l'interdiction en France de l'épandage aérien de pesticides.

D'après le nouveau ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, le gouvernement entendrait donc aligner la législation française sur le droit européen et accorder des dérogations pour pouvoir utiliser des produits à base de néonicotinoïdes pour lesquels il n'y a pas de solution de remplacement. Selon lui, le Premier ministre, Edouard Philippe, n'a pas encore arbitré et cela passera par une discussion avec Nicolas Hulot.

Concernant les épandages aériens de pesticides, interdits sauf situation d'urgence, Stéphane Travert a assuré qu'une demande de dérogation avait été rejetée et que l'arbitrage, en la matière, avait été rendu.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires 16
à écrit le 27/06/2017 à 9:15
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Les néonicotinoides et épandages aériens interdits ! Ramdam sur bmftv au sujet des neonicotinoides , le petit manitou tranche ils sont donc toujours interdits . Quid de l épandage aérien ? Un petit billet qu ils seront autorisés et si cela se véri...

à écrit le 26/06/2017 à 17:46
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Tout ne va donc pas de Travert :-)

à écrit le 26/06/2017 à 17:34
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Il faut filer doux, Bruxelles commande, "selon ce document, l'interdiction des néonicotinoïdes en France "va plus loin que ce qui est prévu par la réglementation européenne". Conséquence : le gouvernement pourrait décider d'"abroger toutes ces dispos...

à écrit le 26/06/2017 à 16:54
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Si je comprends bien ,dans ce texte, le gouvernement étudie la possibilité de revenir sur des décisions concernant les pesticides dans l'agriculture, des décisions prises par la France et considérées comme plus précautionneuse que ce que Bruxelles ex...

à écrit le 26/06/2017 à 15:35
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"Stéphane Travert, le gouvernement entendrait donc aligner la législation française sur le droit européen " La FNSEA doit pas être loin derrière.

à écrit le 26/06/2017 à 15:29
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Le Ministre de l'Agriculture n'est en fonction que depuis quelques jours, et voilà que les lobbies de l'agro-industrie font entendre leur voix. Des armées d'avocats sont d'ores et déjà dans les starting-blocks pour attaquer la France dont les texte...

à écrit le 26/06/2017 à 14:22
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On avait bien deviné que le programme de Macron s'était concocté a Bruxelles et qu'il n'avait pas a y réfléchir sinon suivre le mode d'emploi! C'est un simple "homme de paille" mis de façon diabolique a la tête de la France, pour la rendre plus docil...

à écrit le 26/06/2017 à 14:19
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"D'après le nouveau ministre de l'Agriculture" Et de l'Alimentation

à écrit le 26/06/2017 à 14:10
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J'espère que monsieur Macron se rangera du côté de monsieur Hulot et qu'il ne cèdera pas à cette agriculture intensive à la française qui a fait tellement de mal à notre pays, tant pour l'environnement, l'emploi et la santé publique et qui finalement...

le 26/06/2017 à 14:41
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+1 Mais allons jusqu'au bout du raisonnement par pitié... Si ces produits sont interdits, pourquoi accepte t on les importations des matières premières (blé notamment) produites avec et autre produit de manière indirecte (viande par exemple) ? ...

le 26/06/2017 à 15:47
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+1000

à écrit le 26/06/2017 à 13:23
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On ne peut pas dire que je défends le gouvernement mais là nous sommes dans un concept qui n'a rien à voir avec un couac quelconque, principe spectaculaire générateur de buzz et donc surveillé de près par nos journalistes Spectacle. D'un côté la ...

le 26/06/2017 à 16:01
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Et avec tout cela il faudrait rester dans l'Europe, mais cela en fait mal au"cigare"!!!! L'Espagne avec ses fraises ses pèches et salades trangénique quand elles ne viennent pas du Maroc, et oui ??

le 26/06/2017 à 16:22
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En effet l’Espagne s'est complètement abandonnée à l'agro-industrie peut-être aussi parce que les espagnols ont de très mauvaises habitudes alimentaires qui fait qu'ils ont un taux de diabète record chez les enfants et adultes et du coup n'ont pas la...

à écrit le 26/06/2017 à 13:15
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Est ce que M Travers va défendre les agriculteurs du Sud Ouest qui achètent des pesticides interdits en France en Espagne et qui déciment les colonies d'abeilles du Sud Ouest? Y a t il 2 points 2 mesures ? Les apiculteurs sont aussi des agriculteurs

le 26/06/2017 à 13:49
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Pratique en effet couramment répandue et en plus ils le payent moins cher étant donné que l'espagne autorise le concurrent chinois de monsanto de vendre ses produits.

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