INTERVIEW - L'association Villes de France, qui regroupe les élus des villes moyennes, a conclu son congrès annuel à Sélestat dans un climat de défiance envers le gouvernement. Catherine Vautrin, ministre de la Décentralisation, a tenté de rassurer les élus sur les finances publiques. Jean-François Debat, maire (PS) de Bourg-en-Bresse et président intérimaire de l'association, a exprimé ses inquiétudes face aux économies envisagées par l'État.LA TRIBUNE - Les finances des mairies doivent-elles être mises à contribution pour réduire la dépense publique de la France ?
JEAN-FRANÇOIS DEBAT - Le gouvernement précédent a engagé un mauvais débat qui a laissé des traces. On a pointé les collectivités locales comme responsables de la dérive des comptes publics. Cette critique est particulièrement infondée, injuste et même inacceptable. Nous ne pesons que 8 % de la dette publique. L'an dernier, notre contribution à l'augmentation de la dette a atteint 5,5 milliards d'euros, à comparer aux 155 milliards d'euros de l'ensemble des comptes publics. Les collectivités ne représentent que 3,54 % du problème ! Faire de nous les responsables, c'est un peu fort de café.
Catherine Vautrin, la ministre du Partenariat avec les territoires et de la décentralisation, vous a-t-elle accusé ?
Non. Elle a tenté de nous rassurer. Mais elle ne pouvait pas promettre grand chose, dans la mesure où les décisions principales concernant le budget ne sont pas encore prises. Au-delà du caractère nécessaire de notre échange, l'inquiétude n'a pas été levée.
Quelles sont ces mesures budgétaires redoutées ?
Nous ne savons pas à quelle sauce nous allons être mangés. Ce qui est certain, c'est que les perspectives ne sont pas bonnes. Les villes et agglomérations jouent un rôle essentiel dans la stabilité du pays, la cohésion sociale et territoriale. Nous portons des services publics de transport et de mobilité. Nous créons des services de crèches, nous assurons l'instruction et la délivrance des passeports et pièces d'identité, l'action périscolaire avec des effectifs supplémentaires pour tenir compte de l'inclusion. La remise en cause de ces services publics contribuerait à la fracturation du pays.