Le vingtième congrès des Régions de France s'est conclu le 26 septembre à Strasbourg en présence de Catherine Vautrin, nouvelle ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation. Les élus locaux portaient un parfum de défiance. En cause : le dérapage financier supposé des finances des collectivités régionales. Le 3 septembre, Bruno Le Maire, ministre démissionnaire des Finances, avait pointé « l'augmentation extrêmement rapide des dépenses des collectivités », suscitant une vague d'inquiétudes et d'indignations parmi les exécutifs régionaux.
« Nous ne sommes pas responsables du déficit budgétaire de la France », a répondu Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie et présidente de l'association des Régions de France (ex-ARF). Malgré la main tendue de Catherine Vautrin, les représentants des 18 régions métropolitaines et ultramarines ont quitté Strasbourg sans obtenir de réponse à leurs inquiétudes. « On n'aime pas ce qu'il s'est dit à Bercy », a lâché Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Les élus des 18 régions métropolitaines et ultramarines représentées à Strasbourg craignent les effets néfastes d'un budget de rigueur sur leurs propres finances. Le 18 septembre, sous le regard suspicieux des agences de notation financière, le premier ministre Michel Barnier a jugé « très grave » la situation budgétaire du pays, et demandé « tous les éléments pour en apprécier l'exacte réalité ».