Nouvelle-Calédonie : 80 millions d'euros débloqués
latribune.fr

Les dégâts matériels liés aux émeutes sont estimés à au moins 2,2 milliards d'euros par le gouvernement calédonien.
Reuters
latribune.fr

Les dégâts matériels liés aux émeutes sont estimés à au moins 2,2 milliards d'euros par le gouvernement calédonien.
Reuters
Nouvelles aides financières conséquentes pour la Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement va notamment flécher 80 millions d'euros pour financer la reconstruction des bâtiments publics détruits durant les émeutes qui ont éclaté en mai. C'est le ministre des Outre-mer, François-Noël Buffet, qui l'a annoncé pendant les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Mi-octobre, lors d'un déplacement dans l'archipel français du Pacifique sud, il avait assuré que l'État financerait « à 100% la reconstruction des établissements scolaires et à 70% celle des autres bâtiments publics ».
Pour rappel, la Nouvelle-Calédonie a été en proie à des émeutes en lien avec la réforme du corps électoral à partir du 13 mai. Des violences d'une ampleur inédite depuis la quasi-guerre civile des années 1980. Treize personnes, dont deux gendarmes, ont été tuées et des centaines de personnes blessées. Les dégâts matériels sont estimés à au moins 2,2 milliards d'euros par le gouvernement calédonien, soit 25% du produit intérieur brut (PIB) du territoire.
Deux autres amendements seront aussi déposés en faveur de l'archipel dans le cadre du budget 2025. L'un concerne le rehaussement de 50% du montant de la garantie de l'État au prêt susceptible d'être consenti par l'Agence française du développement. Il passerait ainsi de 500 millions à 770 millions d'euros. Ces prêts sont cruciaux pour la Nouvelle-Calédonie. Ils doivent lui permettre de financer son système de sécurité sociale, son gestionnaire du système électrique ou encore ses dispositifs de logements sociaux, tous au bord de la faillite.
Le troisième et dernier amendement concerne le report à 2025 du recensement en Nouvelle-Calédonie. Initialement prévu en 2024, il est décalé, sans précision sur la nouvelle date. Le dernier recensement effectué dans l'archipel remonte à 2019.
Le ministre a profité d'une question du réputé Renaissance de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf, pour sortir des chiffres.
Fin septembre, une enveloppe de 87 millions d'euros avait été annoncée par le ministre de l'Économie, Antoine Armand. Elle s'ajoutait à des précédentes : une de 130 millions d'euros début septembre et une de 100 millions d'euros, débloquée en juillet par le précédent gouvernement. Ainsi, au total, l'aide apportée pour la seule année 2024 par l'État s'élève à plus de 400 millions d'euros.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Reste que les élus calédoniens ne sont pas totalement satisfaits. Ils regrettent en effet qu'une large partie de cette aide soit versée sous la forme d'avance remboursable ou de prêts. Selon eux, cela ne fait qu'endetter encore plus l'archipel français.
À lire également
Sauf surprise, les députés devraient entériner mercredi le report des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. Le scrutin, qui devait initialement se tenir avant le 15 décembre 2024, devrait être décalé à novembre 2025 au plus tard. Il est crucial dans ce territoire où les provinces exercent de nombreuses compétences. Signal positif pour le gouvernement : les élus du Congrès de Nouvelle-Calédonie ont voté en octobre, à la quasi-unanimité, un avis en faveur de ce report.
Les élections avaient d'ailleurs déjà été décalées une première fois en mars. Avant que la réforme constitutionnelle examinée au printemps ne déclenche les émeutes. Dans une volonté d'apaisement, le Premier ministre Michel Barnier s'était engagé à reporter les élections, lors de sa déclaration de politique générale début octobre. Et, surtout, avait abandonné cette réforme.
Le gouvernement souhaite désormais reprendre le dialogue. C'est pourquoi les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, se rendront en Nouvelle-Calédonie en fin de semaine. Ils y resteront du 9 au 14 novembre pour une mission de concertation.
(Avec AFP)
latribune.fr