La proposition de réforme du scrutin des villes de Paris, Lyon et Marseille, pour élire le conseil municipal au suffrage universel direct, devait être examinée ce mercredi 12 mars en commission des lois. Le calendrier est finalement repoussé à début avril. Très politique, elle prévoit de rebattre les cartes à l'échelle locale.[Article publié le 11 mars 2025 à 12h, mis à jour le 12 mars à 9h30]
Suspendue après la dissolution de l'Assemblée nationale et l'examen du budget, puis remise au goût du jour par le Premier ministre François Bayrou, la proposition de réforme du scrutin municipal des villes de Paris, Lyon et Marseille devait être examinée en commission des lois ce mercredi 12 mars. Finalement, son examen est à nouveau repoussé au 2 avril en commission, et à partir du 7 avril en hémicycle, officiellement pour laisser place aux débats sur le narcotrafic.
Déposée en octobre par quatre députés Ensemble de Paris (Sylvain Maillard, David Amiel, Olivia Grégoire et Jean Laussucq), elle vise à instaurer une élection directe du conseil municipal, et donc du maire, dans ces trois villes représentant 275.000 électeurs à Lyon, 530.000 électeurs à Marseille et 1,3 million à Paris. Ils sont élus aujourd'hui par voie indirecte, via les conseillers d'arrondissement, avec le risque de l'être sans la majorité des voix. Ce fut le cas à Lyon en 2001, pour la première élection de Gérard Collomb. Mais aussi à Marseille, en 1983, lorsque Gaston Defferre - par ailleurs architecte de la loi PLM - souffla le siège de Premier magistrat à Jean-Claude Gaudin.
En résumé, cette réforme vise à harmoniser les modes de scrutin et à clarifier les projets à l'échelle des villes. Pour Sylvain Maillard, député Ensemble de la 1ère circonscription de Paris, joint par La Tribune : « Nous avons fait le constat que dans ces trois villes, le ou la maire ne s'occupe que des arrondissements qui l'ont élu(e) ».
«Des subventions aux grands projets, tout est priorisé en direction d'une partie de la population. Le mode de scrutin accentue encore plus cette division artificielle», souligne encore le député.
Il s'agirait donc d'organiser deux élections, avec deux urnes, le même jour dans ces trois villes : l'une pour l'arrondissement, l'autre pour la mairie centrale. De même, la prime majoritaire [le nombre de siège réservé à la liste arrivée en tête] serait abaissée de 50 à 25%, pour plus de représentativité.
Emma Rodot, César Armand et Laurence Bottero