ENTRETIEN. Au lendemain de la présentation de la loi de finances en Conseil des ministres, la présidente (PS) de l'association d'élus France urbaine, qui représente les grandes villes et métropoles, fustige l'« incohérence » du gouvernement. Aussi Johanna Rolland appelle-t-elle à « renouer un dialogue dans le respect et la confiance ».
LA TRIBUNE - Dans le budget 2025, 3 milliards d'euros d'efforts sont demandés aux 450 collectivités dont les recettes de fonctionnement sont supérieures à 40 millions d'euros. Combien de grandes villes et de métropoles sont concernées ?
JOHANNA ROLLAND - En dix ans, c'est la première fois que je vois un niveau d'inquiétude aussi fort chez les maires et les présidents de métropole. Alors que le Premier ministre Michel Barnier, dans sa déclaration de politique générale, avait promis de changer de méthode en travaillant « non pas contre mais avec » les collectivités territoriales, c'est un couperet extrêmement brutal qui tombe.
Le Premier ministre nous parle aussi de « dette écologique », mais la coupe de 1,5 milliard d'euros dans le « Fonds vert » est une incohérence alors même que les centres urbains représentent deux-tiers des émissions de gaz à effet de serre et que nous devons continuer à investir pour lutter contre le réchauffement climatique.
Quant au 2% de prélèvement sur nos dépenses de fonctionnement, elles amputent notre épargne nette et nos marges d'autofinancement et donc d'investissement se dégradent. Alors même que nous avons été vertueux dans la gestion de nos comptes publics, nos comptes étant à l'équilibre, l'Etat se sert dans nos ressources.
Ponctionner aussi brutalement les recettes de nos collectivités est une remise en cause frontale de la démocratie locale. Car en réalité, il ne s'agit ni plus ni moins que de détourner à d'autres fins la contribution des contribuables locaux, déterminée par des élus locaux qui ont été démocratiquement élus.
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En résumé, la méthode est brutale et l'ampleur des mesures inacceptables. Avec mes collègues maires et présidents, nous appelons le gouvernement à renouer un dialogue dans le respect et la confiance.