Pour le président du Medef, la réforme sur l'indemnisation des chômeurs est "extrêmement courageuse"

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(Crédits : Reuters)
La réforme du mode d'indemnisation des chômeurs présentée par le gouvernement est "extrêmement courageuse" et permettra aux entreprises de recruter plus facilement, a estimé mercredi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

Le président de la première organisation patronale française à des journalistes a estimé que la réforme sur son volet incitation au retour au travail est une réforme extrêmement courageuse dont je pense qu'elle aura des effets directs et immédiats sur le marché du travail.

"Dans les difficultés de recrutement, il y a les problèmes de compétences, il y a les problèmes de mobilité de quotidien et mobilité de logement, mais il y a l'incitation au travail", a-t-il expliqué.

Selon les nouvelles règles qui s'appliqueront à partir du 1er novembre aux nouveaux demandeurs d'emploi, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur les 28.

Lutter contre la "permittence"

De plus, le seuil minimal de rechargement des droits sera fortement durci: si on est en situation de cumul emploi-chômage, il faudra avoir travaillé six mois pour ouvrir un nouveau droit au lieu d'un mois aujourd'hui.

Ces nouvelles conditions "vont pousser des gens à reprendre le travail plutôt que de rester en permittence" (alternant contrats courts et périodes d'indemnisation), selon le patron du Medef.

A l'inverse des chômeurs de longue durée éloignés du marché de l'emploi, "les gens qui ont fait deux mois dans un Ehpad, qui peuvent dire j'ai rechargé mes droits, eux peuvent retrouver du travail tout de suite", juge M. Roux de Bézieux.

"Les gens s'adaptent au système assez logiquement comme d'ailleurs ils se sont toujours adaptés", car "l'économie, c'est darwinien, du côté de tous les acteurs", a-t-il ajouté.

M. Roux de Bézieux a justifié la nécessité d'une telle réforme parce qu'en France, "on a une machine à transformer la croissance en emplois qui est moins efficace que dans d'autres pays", citant en exemple l'Espagne qui détruit plus d'emplois, mais en crée également davantage en fonction du cycle économique.

Réitérant son opposition au système de bonus-malus qui va frapper les entreprises fortes consommatrices de contrats courts et d'intérim, il a par ailleurs expliqué l'échec des négociations paritaires sur l'assurance chômage:

"On comprend assez bien que les syndicats ne veuillent pas signer un accord sans bonus-malus. De l'autre côté, l'ambiance gilets [jaunes] n'aidait pas le montant des économies: or nous n'avions pas intérêt à signer un accord qui soit trop moins-disant".

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Commentaires
a écrit le 19/06/2019 à 19:29 :
Geoffroy Roux de Bezieux... Ludivine de la Rosière...Sophie de Menthon... ces gens là auraient-ils oublié que la particule ne fut pas toujours en odeur de Sainteté. Il me plaît à penser que les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'Histoire pourrait se répéter.
a écrit le 19/06/2019 à 16:16 :
Le courage de taper sur les plus faibles

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