Emploi : le chômage au plus bas depuis 10 ans

 |   |  678  mots
(Crédits : Eric Gaillard)
Le chômage a continué de baisser au premier trimestre, atteignant son plus bas taux depuis dix ans, mais à un rythme lent, faute de croissance forte, qui le situe encore loin des 7% voulus par l'exécutif en 2022.

Selon les chiffres provisoires de l'Insee publiés jeudi, ce taux, mesuré selon les normes du Bureau international du travail (BIT), a reculé de 0,1 point à 8,7% de la population active pour la France entière (hors Mayotte).

Pour la seule métropole, le taux baisse également de 0,1 point et s'établit à 8,4%, ce qui représente 2,4 millions de chômeurs et 19.000 de moins sur un trimestre.

"La baisse se poursuit. Nos réformes ont des effets", s'est félicitée sur Twitter la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Cette baisse est cependant moins forte que celle du trimestre précédent, 0,3 point et 90.000 chômeurs.

"C'est une toute petite baisse, on est dans l'épaisseur du trait", commente Eric Heyer, économiste à l'OFCE, soulignant que le taux d'emploi (la proportion des 15-64 ans qui travaillent) est resté stable.

"On s'attendait à un chiffre un peu meilleur au regard des créations d'emplois (+66.400 au premier trimestre)", a-t-il jugé.

Sur un an, le taux baisse de 0,5 point.

"On reste sur une tendance de légère baisse", juge M. Heyer, qui estime difficile de faire mieux du fait "d'une activité mollassonne".

"On est sur un rythme de croissance de 1,4-1,5% alors que le taux de croissance qui stabilise le chômage est autour de 1,2-1,3%", souligne-t-il.

Sur France info, Edouard Philippe a expliqué cette moindre baisse par "un niveau de croissance dans l'Union européenne plutôt plus faible qu'il y a un an ou deux" et à des "éléments d'incertitude" comme "les guerres commerciales".

Des emplois créés de bien meilleur qualité

A défaut de baisse spectaculaire, "les indicateurs de qualité de l'emploi vont cependant dans le bon sens. On crée plutôt des temps complets et des CDI", souligne M. Heyer.

La part du sous-emploi, c'est-à-dire les personnes en temps partiel qui souhaitent travailler davantage, est en recul, tout comme "le halo du chômage", ces personnes qui souhaitent travailler mais ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles.

A ce rythme, et sans perspective de croissance plus forte, l'objectif de 7% en 2022 semble ambitieux. Edouard Philippe n'y a pas fait référence jeudi, citant plutôt "l'objectif de plein emploi" évoqué récemment par Emmanuel Macron pour 2025.

Du fait du vieillissement, le gouvernement va cependant bénéficier d'une moindre progression de la population active, de +150.000 par an entre 2005 et 2015 à +60.000 entre 2015 et 2025 selon l'Insee. Une projection faite cependant en l'absence de réforme des retraites.

Pour s'attaquer au noyau dur du chômage (jeunes non qualifiés, seniors, chômeurs de longue durée) et répondre aux difficultés de recrutement des entreprises, l'exécutif compte aussi sur l'effet de sa réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

La ministre du Travail a fini de signer les pactes régionaux du plan d'investissement dans les compétences (PIC), destinés à former un million de jeunes décrocheurs et un million de demandeurs d'emploi.

Autre réforme sur laquelle l'exécutif attend "des effets de comportement", celle de l'assurance chômage prévue en juin.

L'exécutif entretient une petite musique, vivement contestée par les syndicats, selon laquelle certains chômeurs ont intérêt à ne pas chercher un CDI du fait des règles actuelles.

"Je veux qu'on incite les Français à retourner vers l'emploi", a répété M. Philippe, évoquant des "questions d'appétence".

Les syndicats redoutent que les économies voulues par l'exécutif (plus d'un milliard par an) se fassent "sur le dos des chômeurs", notamment par une réforme du calcul d'indemnisation et des règles de cumul emploi-chômage.

L'exécutif veut également réduire les indemnités des cadres au chômage (à l'exception des plus de 50 ans), ce qui pourrait passer par une baisse du plafond des allocations combinée à l'introduction d'une dégressivité.

Enfin, pour inciter les entreprises à réduire leur recours aux contrats précaires, l'exécutif prévoit la mise en place d'un bonus-malus sur les cotisations patronales, calculé sur le taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle emploi.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/05/2019 à 17:18 :
De toute façon le chômage baisse oui Mais il y a beaucoup de contrat précaire et d'autant plus que le pays ne fait pas de croissance suffisante pour que le chômage baisse complètement donc on restera toujours à la traîne à cause du manque de croissance pour être bien il faudrai au moins 6 à 7% de croissance hors ce n'est pas le cas
Réponse de le 20/05/2019 à 15:39 :
des boulots: oui des emplois: non.
a écrit le 17/05/2019 à 15:40 :
Impossible de s'y retrouver...en plus ça fait des décennies qu'ils brouilles les données et les chiffres!
a écrit le 17/05/2019 à 9:14 :
Ce chiffre ne veut rien dire.
Quels emplois ? Évidemment précaires, mal payés. D'ailleurs le gouvernement voit bien qu'il y a un problème puisqu'il vient de taxer les contrats courts.
Réponse de le 17/05/2019 à 9:50 :
Ce n’est pas vrai : car au sein de la fonction publique le CDI n’existe pas et pour les contractuels il est possible de reconduire plusieurs fois et pour les contrats pactes deux fois .
J’en ai marre de ce système ou rien n’est fait pour lutter réellement contre la précarité , surtout que cette précarité a été aggravée par les gouvernements précédents.
a écrit le 17/05/2019 à 8:43 :
C'est bidon puisque nous n'avons pas les chiffres de ceux en fin de droit qui basculent au RSA et ceux qui sont déjà au RSA.

"Les faits sont têtus il est plus facile de s'arranger avec les statistiques." M. Twain
Réponse de le 17/05/2019 à 9:11 :
Il faut supprimer le RSA car c’est utilisé comme une «  poubelle «  par les gouvernements successifs pour cacher les bavures qui font au niveau social : pour bidouiller le budget de l’état ils suppriment «  des droits sociaux «  de pleins droits comme les pensions de réversion et autres et après pour se défendre ils disent que c’est l’Europe qui veut ça en réalité c’est voté par le conseil Constitutionnel ( les soit disant sages du Pays )
Bref je vote pas moi car il y a personne pour défendre nos droits sociaux ni en Europe ni en France et si je vote ça sera blanc et je m’en fiche si ce n’est pas reconnue !
Réponse de le 17/05/2019 à 10:42 :
"Il faut supprimer le RSA "

Ces messes binaires sont fatigantes vous savez... Il n'y a pas à supprimer le RSA pour ce cas spécialement il y a seulement à le réintégrer dans les chiffres des sans emplois. Il serait temps surtout que les politiciens assument leur nullité en matière de lutte contre le chômage, nullité qui semble quand même de plus en plus voulue hein...

Que l'on ai tous les chiffres déjà et ce sera un véritable exploit.
Réponse de le 17/05/2019 à 11:56 :
À Fake News,

Ce que vous avez affirmé au dessus et qui est en ligne sur Tribune ( pas l’application) est une forme «  la discrimination sociale »

Pourquoi ceux qui sont en CDD serait des employés «  pas de qualité »?
Expliquez nous cela .
Réponse de le 17/05/2019 à 12:19 :
@ multipseudos:

"Le taux de chomage "BIT" "

Mais qu'est-ce que va encore inventer ton cerveau malade ?

"mais c'est mieux d'être 8.7% qu'à 10.5."

Oui mais c'est moins bien que les 4% des états unis, ton raisonnement est aliénant tu est encore signalé. Discutez entre crétins néolibéraux svp et laissez les vrais gens tranquilles, merci.
Réponse de le 17/05/2019 à 16:49 :
Le commentaire qui me doit tant de retour a été supprimé. Je disais juste que 8.7% c'était mieux que 10.5% il y a quelques années. Cela choque de dire que les choses vont mieux.
Je note que le modèle US qui permet un chomage à 4% est formidable. Et dans le même temps, que je suis un imbécile de néo-libérale. J'imagine que le modèle USA doit être socialiste.
a écrit le 17/05/2019 à 8:33 :
Pourquoi "hors Mayotte"? On pourrait aussi sortir un indice hors le secteur du tabac..... Curieux usage de la statistique. Quelqu'un a-t-il connaissance de ce genre d'étrangetés dans des pays voisins?
a écrit le 17/05/2019 à 8:07 :
Bien sur que c'est une décroissance lente, trop pour certains, mais c'est quand même une décroissance. Les autres ne font pas mieux, la GB par exemple avec ses 6 millions de personnes sous contrat " zero hours " ou le chef d'entreprise décide seul du nombre d'heures travaillées...et puis l'INSEE a révisé ce matin la croissance du PIB française pour 2018 à 1.7%, pas si mal non plus, mieux que nos voisins ; et le déficit pour 2018, était à 2.5%...alors pas si mal non plus...peut mieux faire mais on est quand même sur la bonne voie.
a écrit le 17/05/2019 à 7:26 :
Si le chômage baisse c'est naturellement la faute à Macron; s'il augmente également. La haine antimacronienne est abyssale
Réponse de le 17/05/2019 à 11:27 :
C'est vrai que toutes ces bonnes nouvelles avant le scrutin,ça donne vraiment envie de voter pour Macron.
a écrit le 17/05/2019 à 7:22 :
Le chômage semble baisser mais l'emploi stagne, qui manipule quoi pour les européennes.?
Réponse de le 17/05/2019 à 8:28 :
Non l'emploi ne stagne pas. L'emploi a augmenté de 102000 en 2015, 202000 en 2016 et 303000 en 2017 ( les données 2018 définitives ne sont pas encore disponibles mais l'estimation est une augmentation de 106 000 création nette d'emploi.

Soit pas loin de 750 000 créations nette d'emploi sur les 4 dernières années.

Et sur les 3 premiers mois de l'année, la création d'emploi est estimée à 66400.
a écrit le 17/05/2019 à 4:59 :
Virer un chercheur d'emploi pour de futils pretextes. Hop! un de moins, repetez l'operation autant de fois que necessaire. Le RN passera sans difficultes.
Réponse de le 17/05/2019 à 15:15 :
Parce que le RN avec son programme cégétiste va faire baisser le chômage ?. Continuez à être crédule.
a écrit le 16/05/2019 à 23:13 :
les sondages manipulation avant les élections ! ni droite ni gauche mais au jeunot le spécialiste de l' enfumage étrange !!!!! que du travail précaire . les 55 ans au chômage !!!! tout ses dirigeants au diable .
vivre avec un smic au 15 du mois toujours a découvert le RN EN 2022 dehors tous
a écrit le 16/05/2019 à 21:01 :
Le BIT ne prend en compte que les chômeurs de catégorie A et pas les chômeurs a temps partiel ni ceux qui sont en formation.

Ce qu'on a pu constater ces derniers temps c'est en réalité une augmentation du nombre total des chômeurs toutes catégories confondues, avec plus de monde en formation et des chômeurs qui se retrouvent avec emplois à la petite semaine.

En l'absence d'étude portant sur les raisons de la sortie des chômeurs des listes (radiation pour retour à l'emploi (a temps plein? partiel, CDD?), radiation pour "défaut de recherche"), envoi en formation?, il est prématuré de se goberger comme le fait le gouvernement.
Réponse de le 17/05/2019 à 0:47 :
Merci beaucoup pour ce commentaire ! De la pertinence et des faits. Ça fait du bien.
A voir aussi le nombre de personnes radiées qui sont maintenant inscrites au RSA... donc sorties des allocataires Pôle Emploi.
Un coup de com’ mais plus personne ne semble dupe.
Réponse de le 17/05/2019 à 8:15 :
Tous les gouvernements, de droite de centre ou de centre gauche, dès le moindre signe d'amélioration, mettent en avant le résultat de leur politique et effectivement ont tendance à s'en féliciter comme ces jours-ci Pénicaud; hélas, les mesures cosmétiques ou symboliques adoptées par les uns et les autres ne rendent nullement compte des évolutions de la courbe du chômage, par contre, les évolutions démographiques et structurelles sont elles de nature à expliquer une tendance à la hausse ou à la baisse. Par exemple, en matière d'entrée sur le marché du travail, l'arrivée de classes d'âge moins importantes depuis 2015 a un effet sur l'équilibre entre offre et demande d'emploi contrebalancé toutefois par le recul du départ à l'âge à la retraite, ce qui explique en partie la stagnation ou la légère décrue actuelle. Quand à Pénicaud comme ses prédécesseurs, son action c'est pipot!
Réponse de le 17/05/2019 à 9:22 :
Le "gobergeage" est l'apanage des gouvernements faibles.
Réponse de le 17/05/2019 à 13:15 :
@Sauf que... 16/05/2019 21:01
Vous mélangez les statistiques Pôle Emploi et la méthode de calcul l'INSEE qui est le standard BIT international reconnu par tous: elle permet d'effectuer des comparaisons entre pays.
Je suis certain que si le chômage avait augmenté au 1er trimestre 2019, au sens du BIT, calculé par l'INSEE, vous auriez cru le chiffre....
Ceci étant écrit 8.4% de chômeurs - au sens du BIT - est un pourcentage très élevé par rapport à l'Allemagne, le RU, les Etats Unis.
Cordialement
a écrit le 16/05/2019 à 20:41 :
L'exécutif veut également réduire les indemnités des cadres au chômage (à l'exception des plus de 50 ans), ce qui pourrait passer par une baisse du plafond des allocations combinée à l'introduction d'une dégressivité.

Réponse : ceci est une «  fausse mesure «  sachant que les cadres en - dessous de 50 sont en activité et ceux - au dessus de 50 sont protégés

Pourquoi ? Ils sont protégés aussi par la GOPE ?( Bruxelles)?

Par contre pour «  sucrer » les pensions de réversions de milliers de veufs et de veuves , le constitutionnel ( cour des comptes)n’a pas hésité un instant
La raison : c’est l’Europe qui a imposé ça...

Tout le monde n’est pas à la même enseigne et «  c’est injuste »
Réponse de le 17/05/2019 à 8:10 :
En quoi les salariés cadres au dessus de 50 ans seraient-ils protégés? Vous ne savez surement pas ce qu'il en est: bien au contraire, les cadres de + de 50 ans entrent dans une zone à risque et s'ils font l'objet d'un licenciement, il leur sera difficile mais pas impossible de retrouver un emploi, alors l'indemnisation pour ce public là me parait tout à fait justifiée, à moins que vous d'oser affirmer que les + de 50 ans et surtout les + 55 ans ne rencontrent aucune difficulté pour retrouver une place....
Réponse de le 17/05/2019 à 9:05 :
Justement avoir 50 et veuf ou veuve avec des enfants à charge c’est plus difficile de trouver du travail : c’est ainsi pour les «  non cadres aussi »
Le gouvernement ump a cassé le système social par décret en 2002 et a fait spolier des milliers de familles ainsi en difficulté personnelle + financière + d’emplois .

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :