Pour ou contre : la France doit-elle sortir du marché européen de l'électricité ? (Anne Debregeas face à André Merlin)
Juliette Raynal
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... erlin, premier président du directoire du gestionnaire du réseau national de transport d'électricité RTE. Il est considéré comme l'un des pères fondateurs du marché européen de l'électricité.
Pendant la campagne présidentielle, un sujet très complexe s'est invité dans le débat public : le fonctionnement du marché européen de l'électricité. Presque tous les candidats ont critiqué le mécanisme de fixation des prix de ce marché, le tenant pour responsable de la flambée des prix de l'électricité.
Ce marché est né de la directive européenne de 1996, qui met fin aux tarifs réglementés fixés par les pouvoirs publics et instaure le principe de concurrence. En France, où l'organisation du système électrique, pilotée par EDF à l'époque, est très satisfaisante, la directive n'est transposée que quatre années plus tard. Aujourd'hui, ce mécanisme de marché contribue à une situation déroutante : alors que l'Hexagone produit son électricité essentiellement à partir de sources décarbonées (nucléaire, hydraulique, éolien et solaire), le prix de l'électricité est influencé par les prix du gaz, qui se sont emballés cet hiver avec l'invasion russe de l'Ukraine.
Pendant l'entre-deux-tours, les deux finalistes adoptent toutefois une approche très différente au regard de cette problématique. Alors que la candidate d'extrême droite Marine Le Pen prône une sortie unilatérale de la France du marché européen de l'électricité, Emmanuel Macron défend, lui, une modification de ce marché dans le cadre de négociations avec les autres pays membres.
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Un mois après le deuxième tour de l'élection présidentielle et à quelques semaines des élections législatives, le débat est toujours d'actualité. L'Espagne et le Portugal viennent, en effet, d'obtenir une dérogation exceptionnelle de la part de Bruxelles pour se décrocher temporairement de ce marché. Sortir du marché européen de l'électricité et mettre fin au dogme de la concurrence, c'est aussi les revendications des instances représentatives des salariés d'EDF, qui ont lancé le Conseil national de l'énergie en signe de résistance.
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Juliette Raynal