Pour ou contre : faut-il transposer la réglementation bancaire au monde des cryptomonnaies ?
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Aurore Lalucq face à Pierre Person.
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Aurore Lalucq face à Pierre Person.
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Avec l'entrée dans un monde marqué par la hausse des taux et la fin de l'argent facile, les marchés financiers toussent et ceux des cryptomonnaies s'écroulent. A tel point qu'en passant sous la barre des 1.000 milliards de dollars, le marché des cryptos a perdu les deux tiers de sa valeur par rapport à son pic de 2021. Alors que la tempête est partie pour durer, les autorités centrales veulent enfin fixer un cadre réglementaire aux cryptoactifs qui continuent de rester attractives, malgré leur volatilité pour ceux qui recherchent des échanges plus inclusifs, sans intermédiaires.
Mais pour les partisans des cryptos, leur imposer un cadre réglementaire classique reviendrait à tuer le secteur. Pour les régulateurs au contraire, il faut serrer la vis. C'est le cas du gendarme de la Bourse américaine, la Securities and Exchange Commission (SEC), qui va se doter de bataillons d'employés pour mieux réguler les cryptoactifs et lutter contre les activités frauduleuses. Mêmes son de cloche en Europe où la BCE, par la voix de sa patronne Christine Lagarde, se dit « préoccupée dans le contexte russe » par les cryptomonnaies qui développent des échanges potentiellement non contrôlés par les banques centrales. Sur les bancs du Parlement européen, où les débats font rage depuis des semaines, c'est d'ailleurs l'orientation que souhaitent prendre un bon nombre de députés ces 29 et 30 juin : calquer la régulation des cryptos sur celle de la finance traditionnelle.
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Cela se traduit déjà par deux textes, actuellement discutés à Bruxelles, et dont leur mise en application est attendue pour 2023. Leur nom : le MiCA (Market in Crypto Assets) d'abord, qui fixe les bases de la régulation, définit les actifs, impose l'enregistrement d'un opérateur à l'aide d'un passeport (que la France a déjà mis en place avec le « PSAN », l'agrément pour Prestataire de Services sur Actifs Numériques), et questionne la consommation d'énergie du « proof-of-work ». En discussion au niveau du trilogue (Commission, Parlement, et Conseil, le second texte est basé sur le TFR (Transfer of Funds Regulation) qui vise à rendre obligatoire la déclaration d'identité (KYC) pour toute détention de crypto, en ligne ou dans un portefeuille physique de type clé, afin de réduire les risques de blanchiment.