Pour ou contre : faut-il conditionner l'accès au RSA ? (Karl Olive face à Jean-Claude Barbier)
Paul Marion
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Karl Olive face à Jean-Claude Barbier.
Reuters
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Emmanuel Macron a fait de la future loi sur le travail un des piliers de son chantier des « cent jours », conçu pour tourner la page de la réforme des retraites. Au menu de ce texte figurera la réforme du revenu de solidarité active (RSA). Comme promis pendant la campagne de 2022 par le président-candidat, le futur RSA pourrait instaurer « l'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité facilitant l'insertion professionnelle » pour les allocataires.
Une expérimentation est déjà menée en ce sens par 18 départements de métropole. En échange de fonds supplémentaires de l'Etat, les conseils départementaux de l'Eure, des Pyrénées-Atlantiques ou encore du Nord doivent mieux suivre les bénéficiaires en leur proposant des formations, des stages en entreprise et autres activités susceptibles de les rendre plus employables. Si ces derniers ne respectent pas les engagements qu'ils ont pris pour percevoir le RSA, l'allocation peut être suspendue voire retirée, comme le prévoit en théorie la loi.
A gauche, on s'offusque de ces contreparties. Le président du département de Seine-Saint-Denis a claqué la porte de l'expérimentation, refusant toute conditionnalité du RSA qu'il considère comme un « droit fondamental ».
Alors, faut-il conditionner l'accès au RSA ?

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A sa création en 2008, l'idée était louable : lutter contre la grande pauvreté et aider à l'insertion sociale des bénéficiaires. 15 ans plus tard, l'échec du RSA est patent. « A défaut d'un engagement fort de l'ensemble des acteurs, le RSA risque d'évoluer vers une simple allocation de survie, marquant l'échec des ambitions affichées lors de sa création », concluait la Cour des comptes en 2022. Il est venu le temps des droits et des devoirs.
Paul Marion