Pour ou contre : faut-il encore construire des logements neufs ? (Robin Rivaton face à Sophie Jeantet)
Paul Marion
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Robin Rivaton face à Sophie Jeantet.
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Trouver un logement abordable relève du casse-tête pour des millions de ménages. Les Français déboursent pour leur loyer ou leur prêt immobilier plus que dans n'importe quelle autre dépense contrainte, quand ils ont la chance d'accéder à un logement décent. 4,1 millions de personnes demeurent mal-logées en France d'après les chiffres de la Fondation Abbé Pierre, à mettre en lien avec 2,2 millions de demandes de logement social en attente et 200.000 hébergements d'urgence chaque nuit.
L'indéniable crise du logement est-elle pour autant une crise de la construction ? Le cabinet Asterès établit dans une étude récente que France ne subit qu'une « pénurie modérée » de l'ordre de 14.000 logements manquants par an, qui masque de grands déséquilibres entre les régions. L'Île-de-France connaît un déficit de 64.000 logements, là où la Nouvelle-Aquitaine affiche 30.000 logements en surplus.
Au-delà du problème social qu'elle représente, la question se pose désormais en termes environnementaux. Le gouvernement cherche à endiguer l'artificialisation et l'urbanisation à outrance avec sa promesse de « zéro artificialisation nette » en 2050. Un objectif national, très général, qui occasionne déjà une multitude de frictions au niveau local.
Alors, faut-il encore construire des logements neufs ?
500 000 logements construits par an ? En vérité, ce chiffre n'est d'aucune valeur, surtout que trop souvent on s'arrête aux chiffre des autorisations de construction qui est supérieur à celui des mises en chantier, lui-même supérieur à celui des logements achevés, le tout sans prise en compte des logements détruits, de plus en plus nombreux dans le cadre des opérations de recyclage urbain. Personne ne construit pour le plaisir de construire. On construit pour augmenter le parc de logements disponibles.
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En France, il y a 37,2 millions de logements. Cette analyse strictement quantitative est pauvre. Un logement neuf parfaitement isolé ne vaut pas un logement ancien passoire énergétique. Néanmoins, elle est la seule dont nous disposons. Ces logements sont soit occupés, soit vacants, soit interdits à la location. Les logements occupés se répartissent entre résidence principale et résidence secondaire ou occasionnelle. La France compte 3,3 millions de ces dernières. Elles progressent de 50 000 unités par an en dépit de la hausse continue de la fiscalité. Depuis 30 ans, la baisse du nombre de logements vacants est souvent présentée par les pouvoirs publics comme un remède miracle. 2,8 millions de logements sont vacants dont 1,5 million liés à des phases de mise en location ou mise en vente. Restent 1,3 million de logements vides depuis au moins deux ans.
Paul Marion