Près de la moitié des Ehpad ont des difficultés de recrutement

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(Crédits : Regis Duvignau)
Près de la moitié (44% en moyenne) des maisons de retraite médicalisées (Ehpad) déclarent avoir des difficultés de recrutement, surtout en aides-soignants et médecins, le secteur privé étant le plus concerné, selon une étude de la Drees publiée jeudi.

Dans le détail, 49% des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du secteur privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement, ainsi que 38% des établissements publics, selon cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux, portant sur 2015. Ces difficultés sont en légère baisse depuis 2011 dans le privé (-1 point) et dans le public (-2 points), selon cette étude quadriennale menée auprès des 7.400 Ehpad de France.

Le renouvellement du personnel est fréquent dans les maisons de retraite médicalisées, 15% du personnel ayant moins d'un an d'ancienneté.

Parmi les établissements rencontrant des difficultés de recrutement, 63% ont des postes non pourvus depuis six mois ou plus. Les difficultés concernent surtout les aides-soignants -9% en moyenne des Ehpad ont des postes non pourvus - et les médecins coordonnateurs -10% des Ehpad sont concernés - tandis que le recrutement d'infirmiers pose moins de problèmes.

Les établissements situés dans des communes isolées sont les plus concernés: près de 50% rencontrent des difficultés de recrutement, 15% ayant des postes de médecins coordonnateurs non pourvus.

Recrutement difficile des professionnels de santé pour Ile-de-France

Quarante sept pour cent des Ehpad parisiens ont également du mal à recruter, cette fois des aides-soignants et infirmiers, l'étude expliquant cette situation par la proportion plus élevée qu'ailleurs d'établissements privés.

Tous personnels confondus, le taux d'encadrement moyen en Ehpad a augmenté par rapport à 2011, à 62,8 personnes en équivalent temps plein pour 100 places fin 2015 contre 59,5 quatre ans plus tôt. Même si le niveau moyen de perte d'autonomie des résidents a lui aussi augmenté sur cette période, la hausse du taux d'encadrement se vérifie à niveau de dépendance comparable, précise l'étude.

Les structures privées à but lucratif ont un taux d'encadrement (55,6 équivalents temps plein - ETP) inférieur de dix points à celui des Ehpad publics hospitaliers, alors que les personnes qu'elles accueillent sont aussi dépendantes. Les Ehpad publics non hospitaliers atteignent pour leur part 69,9 ETP pour 100 places.

Concernant le personnel soignant (aides-soignants, infirmiers ou psychologues, mais hors médecins), le taux d'encadrement moyen est de 28,1 ETP, avec là encore de fortes disparités entre le public (36,7 dans les Ehpad hospitaliers) et le privé (22,8 ETP dans le secteur lucratif).

(avec l'AFP)

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a écrit le 18/06/2018 à 20:15 :
il y a tellement de gens qui cherchent du travail : il suffit de recruter à mi- temps ( emploi + formation) pour mieux cadrer les personnes âgées et toutes les problématiques qui leurs sont rattachées ( maladies, solitude,risque suicidaire , handicap motrice ou autre)

diminuer le personnel est vraiment la dernière solution dans ce domaine.
a écrit le 18/06/2018 à 8:28 :
Developpons l'accueil familial

https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/choisir-un-hebergement/vivre-en-accueil-familial

Ca peut creer de petites activités dans nos campagnes, ça coute moins cher et c'est autrement plus sympa que les usines a mourir urbaines
a écrit le 17/06/2018 à 12:12 :
Conditions de travail indignes
Travail ingrat
Tout est chronométré: ex le temps passé avec chaque personne, le temps nécessaire pour préparer les repas.
Rentabilité oblige: toujours plus vite, toujours moins de dépenses, toujours moins de personnel.

Les "salaires" : fixés par la convention collective. "C'est la règle. On est désolé mais on peut vraiment pas faire plus"
a écrit le 16/06/2018 à 10:18 :
Mwais, on oubli de dire que la plupart des postes non pourvus le sont parce qu’il y'a un numerus closus, de toute façon il y'a une demande en postes plus importante que les ressources humaines formées existantes, et de toute manière le système de formation ne peut pas à ce jour former assez de personnes à tous ces postes même si on supprimer le numerus et ça depuis 20ans, ça fait au moins tout ce temps que j’entends parler de ça, dans les écoles de médecine, d'aide-soignants. C'est un peu la pénurie organisé...
a écrit le 15/06/2018 à 16:00 :
travail pénible mal rémunéré horaires flexibles à rallonges dans les ehpad privé pas étonnant que les jeunes se bousculent pour être cheminot ou fonctionnaire à moins de 32hebdo de travail grève qui se rajoutent aux vacances à rallonges et un salaire à 1800 euros de moyenne les jeunes ne sont pas des imbéciles pour choisir. ..
a écrit le 15/06/2018 à 13:06 :
Les difficultés auxquels se heurtent les personnels des EPHAD et les traitements souvent indignes qu'ont à subir les résidents de ces établissements notamment publics, permettent de porter un regard sur la situation des seniors à domicile en perte d'autonomie. La dernière étude publiée par l'Insee qui dresse un tableau complet au niveau des régions françaises fait l'objet d'une chronique consultable sur la webradio webtv indépendante AWI http://www.awi1.com.
a écrit le 15/06/2018 à 13:05 :
Les difficultés auxquels se heurtent les personnels des EPHAD et les traitements souvent indignes qu'ont à subir les résidents de ces établissements notamment publics, permettent de porter un regard sur la situation des seniors à domicile en perte d'autonomie. La dernière étude publiée par l'Insee qui dresse un tableau complet au niveau des régions françaises fait l'objet d'une chronique consultable sur la webradio webtv indépendante AWI http://www.awi1.com.
a écrit le 15/06/2018 à 9:36 :
Pas près de trouver du personnel:

Orpea, Korian, DomusVi, Noble Age ou encore les Opalines... ces noms évoquent peut-être chez vous les derniers instants de la vie d'un être cher. Dans la tête des financiers, fonds de pension ou fonds d'investissement, ils sont depuis longtemps synonymes de promesses de rentabilité mirifique. La meilleure de tout le secteur médico-social, devant les cliniques psychiatriques déjà réputées pour leurs juteuses performances économiques.Coté en Bourse depuis 2006, le groupe Korian (75 000 lits dans le monde, pour un chiffre d'affaires de 3,1 milliards d'euros en 2017) a affiché l'an dernier 14 % de marge opérationnelle. Selon les rumeurs, il serait d'ailleurs dans le viseur de plusieurs fonds d'investissement étrangers. Avec 17,5 % de marge en 2017, le réseau Orpea (86 650 lits) fait mieux encore. En quinze ans, le cours en Bourse du groupe, propriété d'un fonds canadien, a été multiplié par plus de 15. Quant à DomusVi, l'entreprise n'est pas cotée, mais elle a fait la fortune de son fondateur, Yves Journel. Depuis le rachat de l'enseigne par PAI Partners en 2014, ce dernier est en effet la 154e fortune de France, selon Challenges. Un classement qui fait d'ailleurs la part belle aux pionniers du secteur : on compte pas moins de cinq fondateurs de réseaux d'Ehpad parmi les 500 premières fortunes de France. Assis sur ce tas d'"or gris", sécurisés par les perspectives démographiques et en partie rémunérés par la puissance publique, les groupes privés se développent à toute allure, sous la houlette de puissants fonds d'investissement. Au milieu des années 2000, bénéficiant des plans vieillesse et solidarité grand âge, ils viennent comme un soutien aux pouvoirs publics pour rénover un parc immobilier décrépit. "Comme ils étaient les seuls à disposer des financements suffisants, les privés ont capté près de 70 % de la création de lits", estime notre analyste chez Xerfi. En vingt ans, leur part de marché est passée de 10 à 25 % d'un gâteau estimé entre 25 et 30 milliards d'euros.
Réponse de le 15/06/2018 à 11:23 :
Vous m'avez devancé , chez or... vous avez un turn- over monstre , toutes les aides soignantes nouvellement diplômées y sont embauchées mais dès qu'elles trouvent mieux s'en vont et les proches des patients ont intérêt à venir s'en occuper !!! Quant au prix n'en parlons pas il suffit de jeter un œil sur le cours de bourse pour comprendre et expliquer le manque de personnel!!!
a écrit le 15/06/2018 à 9:26 :
Une mode oligarchique veut que l'on case à la direction de ces établissements des fils de, maitresses ou autres relations réseaux, bien souvent incompétents mais comme bien nés il faut qu'ils soient bien rémunérés à détourner l'argent public de façon générale.

Je connais une directrice qui détourne main d’œuvre et fourniture d'un ehpad pour sa propre maison. En ajoutant en plus les baisses du budget, qui ne s'accompagnent jamais de baisse des salaires de ces gens là notez le bien, cela ne peut que coincer.

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