Grève dans les Ehpad : une mobilisation inédite ce mardi

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L'annonce jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, d'une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros supplémentaires pour les Ehpad n'a pas éteint la contestation.
L'annonce jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, d'une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros supplémentaires pour les Ehpad n'a pas éteint la contestation. (Crédits : Reuters)
La situation semble explosive. Depuis plusieurs mois, les personnels réclament une augmentation des moyens humains et l'abrogation d'une réforme contestée de la tarification, qui prévoit de faire converger progressivement jusqu'en 2023, les dotations aux Ehpad publics et privés. Ce mardi, personnels de soin et directeurs se rassemblent dans toute la France pour se faire entendre.

"Davantage de moyens pour plus de dignité", réclament-ils. Les salariés des maisons de retraite sont appelés à la grève mardi par sept organisations syndicales pour dénoncer l'insuffisance de leurs moyens et la réforme de la tarification des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Depuis le 1er janvier 2017, en vertu d'une réforme du précédent gouvernement, les Ehpad sont soumis à de nouvelles règles de tarification et de contractualisation visant à simplifier l'allocation des ressources et à faire converger d'ici à 2023 les dotations entre public et privé.

Cette réforme "va se traduire par des suppressions massives de postes et une prise en charge des résidents qui sera encore plus dégradée", estiment les syndicats CGT, CFDT, FO, SUD, UNSA, CFTC et CFE-CGC dans leur appel à la grève unitaire du 9 janvier, soutenu par des représentants de retraités ainsi que l'association des directeurs des Ehpad et étendu aux agents de service à domicile.

Une rencontre au cabinet de la ministre prévue mardi après-midi

L'annonce jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, d'une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros supplémentaires pour les Ehpad n'a pas éteint la contestation.

"L'Etat ne semble pas prendre la mesure réelle de la situation", ont réagi dimanche les sept organisations ainsi que l'association des directeurs dans un communiqué.

"Il est inadmissible de ne pas prendre en compte la souffrance au quotidien que subissent professionnel.les, et par là même, personnes âgées et familles, des dispositifs accompagnement, à domicile ou en établissements. C'est mépriser et rompre le dialogue", poursuivent-elles, renouvelant leur requête d'être reçues par le président de la République, le Premier ministre et la ministre des Solidarités et de la Santé.

Les organisations syndicales déplorent en outre l'annulation d'un entretien qu'elles disaient prévu lundi par le cabinet de l'Elysée. Un projet de rencontre démenti par la présidence de la République.

Une rencontre est prévue mardi après-midi au cabinet de la ministre, a toutefois confirmé le ministère de la Santé.

"Je peux vous assurer qu'il y aura du monde. Cela fait plus d'un an qu'il y a des mobilisations, maison de retraite par maison de retraite, sur des questions concrètes d'emploi, de conditions de travail", déclarait samedi le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, au Parisien.

"Je peux vous assurer qu'il y aura du monde"

Le groupe Les Républicains à l'Assemblée, par la voix du député de la Sarthe Jean-Carles Grelier, a dénoncé dans la dernière annonce de la ministre une mesure de "perfusion qui n'apportera aucune solution viable, ni à court terme, ni à long terme" et estimé qu'il y a avait "urgence à repenser le modèle économique de la prise en charge du grand âge" dans un communiqué.

Mardi, des rassemblements sont prévu à 14 h devant le ministère des Solidarités de la Santé, à Paris, mais aussi sur la place de la République à Lille ainsi qu'à Rennes, Nantes et plusieurs grandes villes au cours de la journée.

"On a entre 12 et 15 toilettes à faire par matinée, on n'a plus de temps d'écoute, de sorties... Ceux qui peuvent encore marcher, on les met dans un fauteuil, ça va plus vite. Pour faire manger les résidents, c'est un à chaque bras", avait témoigné jeudi Sandrine Ossart (CGT), aide-soignante à Nantes depuis 26 ans, interrogée par l'AFP.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a annoncé sa participation au rassemblement parisien. "Je peux vous assurer qu'il y aura du monde", a pour sa part prédit le leader de la CGT, Philippe Martinez.

Sur Twitter, une mobilisation a pris forme avec le hashtag #balancetonEhpad pour dénoncer les situations difficiles et courantes des personnels de soin.

Concrètement, les syndicats demandent l'application du quota d'un agent par résident, l'abrogation de la réforme de la tarification ainsi que le retrait de ses décrets d'application, l'arrêt des baisses de dotations induites par la convergence tarifaire et le maintien de tous les effectifs des Ehpad, ainsi qu'une amélioration des rémunérations et perspectives.

(avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/02/2018 à 21:13 :
blague du canard, article de isabelle barre, les retraites dans les ehpads serais mieux traite en prison, , je crois qu elle a raison, et dans les hopitaux les urgences et l equipes de nuit ce n est pas mieux, , en france si tu na 2500euros pars mois de retraite on te laisse mourir seul et abandone, ma prope MERE est morte d un gros escard dans un hopital en france qui pour s en debarasez la renvoyez dans sa maison de retraite pour y mourir???
a écrit le 31/01/2018 à 13:17 :
Le problème de la dépendance est directement lié à la démographie et sera crucial en 2025; celui des retraites s'améliorera après 2035. Voyez la note n°6 du CAE pour avoir une solution qui consiste à répartir les charges sociales sur le travail et sur l'énergie. Quand et qui le comprendra!
a écrit le 30/01/2018 à 18:38 :
il suffirait que les Ehpad demandent 3000€ par mois pour chaque personne admise pour que le personnel manquant puisse être recruté ! le problème c'est qu'en moyenne ils n'ont qu'une retraite de 800€! si les familles ne peuvent pas payer pour obtenir le confort qu'elles réclament , qu'elles gardent leurs vieux chez eux et qu'elles les soignent eux mêmes ! ou il fallait penser à cotiser pour une assurance dépendance!
quand on ne peut se payer un hôtel 4 Etoiles on reste chez soit ou fait du camping
Réponse de le 01/02/2018 à 18:00 :
"le problème c'est qu'en moyenne ils n'ont qu'une retraite de 800€"

Ce qui veut dire qu'il avait un petit salaire et donc pas évident de cotiser pour une assurance dépendance.Tout le monde n'est pas cadre.
a écrit le 30/01/2018 à 16:50 :
Le travail à bas coûts "faire toujours plus avec toujours moins" de personnel au quotidien, pour "faire toujours plus de tâches en moins" de temps avec la pression du temps. C'est le quotidien de la majorité des travailleurs, des vaches à lait qu'on presse comme du citron pour que l'argent coule à flot, des machines à cash, des tiroirs caisses, des esclavagistes, exploiteurs, prédateurs, cupides. C'est la faute à l'économie de l'incurie -qui ne sait pas prendre soin des autres, des travailleurs, des jeunes, des vieux, des organisations, des institutions, entre autres. Un système déshumanisé où l'argent est plus important que l'humain.
a écrit le 30/01/2018 à 15:47 :
Une rève et l'on s'intéresse au sujet et demain on oublie tout pour parler de GPA ou d'égalité homme femme ou de dév dur! BIen sûr que la situation du personnel soignant est parfois indine et mérite une amélioration. mais cela permet d'occulter d'autres problèmes. toutes ces professions qui vivent du 3ème âge: industrie pharmaceutique et pharmaciens médecins gériatres kiné etc. Autre sujet pourquoi le prix des maisons de retraite est aussi élevé? eh bien par ce qu'il faut payer tous les promoteurs (les profiteurs) de l'or gris (maintenant on dit sylver économie pour faire start up!)
a écrit le 30/01/2018 à 14:08 :
c'est une honte de voir nos vieux plus mal traité que des animaux dans un zoo, et savez vous ce que vous répond un directeur d’établissement ? si vous n’êtes pas satisfait il y en a d'autres qui attendent la place.....,quand vous vous pointez à 16h et que votre mère est encore dans sa couche du soir ,la douche c'est mon épouse qui devait la faire à sa mère malheureusement ça n'as pas duré longtemps chute col du fémur faute de surveillance et décès,nous l'avons vécu .Je dis honte à nos hommes politiques qui tolère ça
a écrit le 30/01/2018 à 13:48 :
En gros, ce sont les mêmes problèmes que les surveillants de prison (et que bien d'autres qui ne disent rien) : pilotage uniquement par la finance, moins de moyens et de personnel, mépris total de la part des hiérarchies parisiennes etc. Mais c'est seulement maintenant qu'ils commencent à protester alors que dans les prisons le mouvement se termine !! Ils n'auraient pas pu faire un mouvement sinon commun, du moins concomitant ?
Ce pays est décidément navrant ...
a écrit le 30/01/2018 à 13:21 :
les conditions d’exercice des professions en maison de retraite sont vraiment difficiles, car à la pénibilité physique dues à la manipulation des personnes âgées pour leur hygiène et leur confort, la manutention du linge, la réfection des lits…, s’ajoutent les traumatismes psychologiques que vivent les soignants travaillant auprès de personnes en fin de vie, aux agressions verbales ou physiques de personnes séniles souffrant de troubles mentaux ou des membres de leur famille… : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=341
a écrit le 30/01/2018 à 13:17 :
Il est plus que temps de le faire. Les acteurs de la santé sont traités pire que des chiens par des administratifs totalements incompétents.

Quand on sait par exemple que rien qu'en janvier il y a eu au moins 4 internes décédés ou gravement blessés (accident de voiture en sortie de garde) que les infirmières sont en burn out (enfin celles qui acceptent encore de bosser.....

Un interne actuellement fait 12 15 heures par jour y compris les femmes enceinte...
Une interne enceinte n'a pas droit à son congé de maternité sinon elle perd le bénéfice de son classement aux ecn ou voit son stage invalidé...

L'internat a été allongé d'une année et cerise sur le gateau il faut faire en plus un master2 non rémunéré à la base....

Le salaire d'un interne ou d'une infirmière est en dessous du smic horaire etc...

Mais le plus dur se sont les harcèlements en tout genre, patients chefs de service... on veut une entreprise sans le management.

Que les EPHAD se révoltent c'est normal espérons que tous les autres suivront...

Ce n'est pas normal de financer des études de santé longues et chères pour que les médecins et personnels spécialisé finissent dans un cercueil à 30 ans.

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