Présidence de la commission des finances de l'Assemblée : tractations et batailles s'intensifient

Jeudi 30 juin, se tiendra le vote pour la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Ce poste qui revient traditionnellement à l'opposition, selon la tradition républicaine, est très convoité pour cette mandature. La Nupes comme le RN le revendiquent. A quelques jours du vote, les conciliabules se multiplient. Sous les yeux inquiets de la majorité.
La présidence de la commission des finances est l'un des postes stratégiques de l'Assemblée.
La présidence de la commission des finances est l'un des postes stratégiques de l'Assemblée. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Qui présidera la prestigieuse commission des Finances de l'Assemblée nationale ? C'est un des enjeux de la semaine pour de nombreuses formations politiques en liste pour ce poste. Alors que ce mandat revient traditionnellement à un groupe d'opposition, - pas forcément le premier-, le RN  comme la Nupes entendent bien ne pas le laisser passer ce poste. Légitimement, ils le revendiquent.

Il faut dire que cette présidence est stratégique. Le numéro un de cette commission permanente peut infléchir le projet de loi de finances, contrôle le budget de l'Etat et a un puissant droit de regard sur les administrations. Enfin, il peut passer outre le secret fiscal, en ayant accès au dossier de n'importe quel contribuable, - entreprise ou particulier-. Sur ce point d'ailleurs, le deputé Renaissance, Eric Woerth, qui a occupé ce poste, craint que les Insoumis, s'ils l'obtiennent, soient tentés de faire « du contrôle fiscal », sous-entendu, jette en pâture les dossiers des uns et des autres...

Le RN entend bien l'emporter

Depuis plus d'une semaine les tractations vont bon train.Si le Rassemblement national, avec ses 90 députés, demande cette présidence, c'est parce qu'il estime être la première force d'opposition, là où la Nupes - avec ses 150 élus- résulte d'une union de la gauche, composée de quatre partis.

C'est aussi la lecture - d'un point de vue institutionnel- faite par le Républicain, Gérard Larcher, le président du Sénat. La semaine dernière, il assurait que cette présidence de commission devait revenir au RN.

Au RN, le choix s'est porté naturellement sur Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, pour le représenter.  Si son nom est encore peu connu du grand public, c'est un proche de Marine Le Pen : il a beaucoup travaillé sur le programme économique de la candidate frontière.

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La finaliste de l'élection présidentielle, se donne du mal pour son poulain. Elle sait qu'obtenir ce poste serait un gage de crédibilité de plus pour sa formation politique. Aussi est-elle allée selon l'Opinion, jusqu'à proposer à la droite d'abandonner son ambition d'avoir un des trois postes de questeurs pour qu'Eric Ciotti, le député LR des Alpes-Maritimes, puisse y être reconduit.

En échange, les LR soutiendraient la candidature de Jean-Philippe Tanguy à la commission des Finances. Sans accord avec les LR, ce dernier n'a aucune chance d'avoir le nombre suffisant de voix pour être élu à la tête de cette commission. Reste que pour l'heure, aucun « deal » entre les deux formations politiques sur ce sujet, n'a été confirmé.

La Nupes présentera un seul candidat....  issu de la France Insoumise

Du côté de la Nupes, pour marquer l'unité, sans mettre en péril l'union et contenter toutes les forces qui la composent, l'idée d'une présidence tournante a d'abord été évoquée. Plusieurs candidats étaient dans les starting-blocks : Eric Coquerel pour la France Insoumise, qui a travaillé pendant cinq ans à la commission des finances, mais aussi Valérie Rabault, du PS, ancienne rapporteur générale du budget.

Tout le week-end, au sein de la Nupes, les discussions ont été vives, voire tendues. Les écologistes, par la voix de Julien Bayou se sont positionnés pour soutenir Eric Coquerel, craignant que Valérie Rabault ne soit trop conciliante avec la majorité mais aussi les entreprises. Le PS a tenté de défendre sa candidate, mais sans succès.

Car, ce lundi matin, finalement, la coalition de gauche s'est mise d'accord pour ne présenter qu'un seul postulant : Eric Coquerel. Enfin, les Républicains veulent eux aussi participer à cette élection. « Nous aurons un candidat », assure Véronique Louwagie, l'élue de l'Orne, sans qu'aucun nom ne soit encore donné.

Silence de la majorité

Ce n'est pas l'envie qui lui manque, mais la majorité, elle, a promis de ne pas participer au vote, comme le veut la tradition. C'est l'engagement pris par Aurore Bergé, la nouvelle cheffe des marcheurs dans l'hémicycle et confirmé par Elisabeth Borne lors de son intervention sur LCI. Le parti d'Emmanuel Macron surveillera cependant avec attention cette élection, alors que le chef de l'Etat a laissé entendre ce week-end que ni la Nupes, ni le RN n'étaient des partis de gouvernement.

Jeudi 30 juin, les 68 députés de la commission des Finances voteront à bulletin secret pour choisir leur président. Difficile de savoir combien de places et donc de voix aura chaque groupe politique au sein de cette commission. La répartition devant se faire de façon proportionnelle en fonction de l'importance des groupes, aura lieu mercredi. Une chose est sûre : que ce poste revienne à la Nupes ou au RN, le perdant criera au scandale politique.

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