Dans l'attente d'un nouveau Premier ministre, les impasses du parti unique
Marc Endeweld
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CHRISTIAN HARTMANN
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Le soir de sa victoire, Emmanuel Macron l'avait promis : vous allez voir ce que vous allez voir, durant mon second quinquennat, ma méthode politique ne sera plus la même. Fini la présidence « verticale », fini l'hyper concentration des pouvoirs à l'Elysée. Le président allait se ressourcer auprès des forces sociales du pays, syndicats compris. Au cours de la bataille du second tour, il avait emprunté certaines expressions à ses adversaires écolos et de la gauche pour convaincre. À droite, Nicolas Sarkozy lui avait soufflé qu'il serait nécessaire de procéder à une grande « coalition » à l'allemande.
Une fois revenu de son escapade à la Lanterne, le président Macron a pourtant retrouvé ses bonnes vieilles habitudes. L'homme déteste plus que tout devoir se presser. Il adore faire attendre ses obligés. C'est le cas pour les investitures de chacun des députés LREM, qu'il vise personnellement une à une. C'est le cas aussi pour la nomination d'un nouveau Premier ministre. Emmanuel Macron et Alexis Kohler prennent un malin plaisir à jouer avec les nerfs de tous leurs supporters et courtisans. « Ce n'est pas un changement de méthode, c'est la première méthode en pire. Ce n'est pas "avec vous", c'est avec moi et pour moi », fulmine notre Jacques Sisteron, cet ancien de l'aventure Macron de 2017 qui a décidé de nous dévoiler anonymement les travers de la macronie.
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Résultat, alors que les signaux d'alerte se multiplient pour l'économie mondiale et la situation internationale, la foire au nom occupe les journalistes politiques à Paris. On a vu jour après jour différents patronymes être égrenés dans la presse. Au château, Brigitte Macron pousse pour que le job de Matignon revienne à une femme (on rappelle que la seule femme ayant occupé le poste fut Edith Cresson sous François Mitterrand). Et puis les noms de « gauche » furent évoqués, manière de contrer la poussée Mélenchon aux législatives. L'ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls, Valérie Bédague, actuellement directrice générale du groupe Nexity fut ainsi reçue par Alexis Kohler. Pourtant, ce dernier dit auprès de son entourage qu'il ne s'agissait pas d'un démarchage en bonne et due forme.
Marc Endeweld