PS, LR, Renaissance... Emmanuel Macron reçoit les dirigeants politiques
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Le président de la République va recevoir ce vendredi plusieurs dirigeants politiques.
Sarah Meyssonnier
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Le président de la République va recevoir ce vendredi plusieurs dirigeants politiques.
Sarah Meyssonnier
[Article publié le vendredi 6 décembre à 09H47 et mis à jour à 14H03]
Après la censure du gouvernement de Michel Barnier mercredi soir, le président de la République doit désormais nommer un nouveau Premier ministre. Emmanuel Macron recevait donc ce vendredi plusieurs dirigeants politiques. Objectif ? La formation rapide d'« un gouvernement d'intérêt général », a-t-il assuré.
Pour le chef de l'Etat, le nouveau gouvernement devra représenter « toutes les forces politiques d'un arc de gouvernement qui puisse y participer ou, à tout le moins, qui s'engage à ne pas le censurer », a-t-il fixé jeudi comme cahier des charges. Il promet en outre un « gouvernement resserré ».
Dans la matinée, il a d'abord reçu les dirigeants de son camp (Renaissance, Modem, Horizons...). Puis c'est le chef du parti socialiste, Olivier Faure, en compagnie d'autres dirigeants du parti, qui a été reçu. A l'issue de cet entretien, ce dernier a assuré qu'Emmanuel Macron « n'a posé aucun préalable sur aucun sujet » lors de cette consultation et n'a « absolument pas » demandé aux socialistes de se détacher de La France insoumise. Il a également affirmé à la presse que ses troupes ne participeraient « en aucun cas à un gouvernement dirigé par un Premier ministre de droite ».
La France insoumise, les Ecologistes et les communistes n'avaient, cependant, pas été invités à l'Elysée à ce stade, alimentant des spéculations sur une éventuelle tentative d'enfoncer un coin au sein de l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire. De quoi mettre le feu aux poudres.
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« Les socialistes font ce qu'ils veulent », a ainsi balayé le coordinateur Insoumis Manuel Bompard la veille sur BFMTV, tout en jugeant qu'« aller discuter ou négocier une forme de coalition avec les macronistes (...) c'est une rupture avec les engagements pris devant les électeurs ».
« Nous avons demandé à être reçus par le chef de l'Etat pour lui dire ce que nous avons nous en tête, pas pour se plier devant ses desiderata », a répondu au micro de Franceinfo Olivier Faure. Avant d'affirmer : « Je ne suis pas dans une situation où je viens plier un genou devant le chef de l'Etat ».
Le Premier secrétaire du PS s'est dit notamment prêt à discuter avec les macronistes et la droite sur la base « de concessions réciproques », mais aussi à « des compromis sur tous les sujets », y compris les retraites. Il souhaite également qu'Emmanuel Macron désigne « un préfigurateur » qui organiserait cette négociation entre forces politiques avant de nommer un Premier ministre.
De son côté, le Rassemblement nationale n'a, lui non plus, pas été convié à ces consultations. En début d'après-midi, ce devait être au tour des dirigeants de LR d'être reçus.
Le chef de l'Etat a, par ailleurs, promis la nomination d'un nouveau Premier ministre « dans les prochains jours ». Mais l'annonce du nom d'un nouveau chef de gouvernement n'est pas attendue avant le week-end, voire lundi. Et encore davantage de temps devrait être requis pour connaître la composition de sa nouvelle équipe.
Qui pour remplacer Michel Barnier ? François Bayrou, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, est d'autant plus cité qu'il a déjeuné jeudi avec le président à l'Elysée et s'est également entretenu avec un autre prétendant, l'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve. Le nom du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, de Xavier Bertrand, ou du maire de Troyes, François Baroin, circulent également.
Première « priorité » du prochain Premier ministre : « Le budget, alors que les discussions au Parlement ont été interrompues par la motion de censure », a indiqué Emmanuel Macron, jeudi soir, qui a annoncé qu'une loi spéciale sera déposée « avant la mi-décembre au Parlement », décrivant une « loi temporaire », le temps que le Parlement adopte un vrai projet de loi de finances. Cette loi « permettra la continuité des services publics et de la vie du pays » en appliquant « pour 2025 les choix de 2024 ».
Elle permettra, en effet, de percevoir les impôts selon les barèmes du projet de budget 2024 mais sans les nouvelles mesures fiscales prévues dans le PLF 2025 pour réduire le déficit.
Lors de son adresse télévisée jeudi soir, Emmanuel Macron s'en est, en outre; pris à « l'irresponsabilité » d'un « front anti-républicain » au sein duquel « l'extrême droite et l'extrême gauche se sont unies » contre Michel Barnier. En réaction à la censure, le président de la République a assuré qu'il « n'assumera jamais l'irresponsabilité des autres, et notamment des parlementaires qui ont choisi en conscience de faire tomber le budget et le gouvernement de la France à quelques jours des fêtes de Noël ».
Rejetant ces attaques, le patron du RN, Jordan Bardella, a dit sur France 2 souhaiter être reçu « très rapidement » par le futur Premier ministre, afin « que chaque force politique représentée au Parlement puisse faire connaître ses lignes rouges ». « Moi, je les ai exprimées très clairement, ce sont toujours les mêmes », a-t-il ajouté. Jean-Luc Mélenchon a également répondu au président sur TF1 qu'il était « la cause du problème », prédisant qu'il « s'en ira par la force des événements ».
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Pointé comme le principal responsable de la situation politique après sa dissolution surprise de l'Assemblée au printemps, selon plusieurs études d'opinion, Emmanuel Macron a reconnu que la décision de dissoudre la chambre basse « n'a pas été comprise ». « Beaucoup me l'ont reproché et je sais, beaucoup continuent de me le reprocher », a-t-il encore admis. Il a aussi prévenu qu'il entendait accomplir son mandat « jusqu'à son terme » en 2027.
(Avec AFP)
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