Quand Emmanuel Macron tente une échappée estivale
Marc Endeweld
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GONZALO FUENTES
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Il y a cinq ans, le ministre Macron avait déclamé son grand discours de la Mutualité un 12 juillet, grillant la politesse à son patron d'alors, le président François Hollande. À l'époque, le futur candidat, qui ne l'était pas encore officiellement, se demandait quand démissionner du gouvernement. Tous les regards étaient déjà portés sur lui. Dans la salle mythique de la Mutualité, les spectateurs criaient des « Macron, président ! » sous le regard amusé des journalistes. Encore ministre, pas encore candidat, mais déjà président.
Cinq ans plus tard, c'est donc également un 12 juillet qu'Emmanuel Macron décida de présenter aux Français ses nouvelles décisions quant à l'épidémie de Covid-19. Durant une demi heure, le président déclama sur un ton martial les différentes dispositions contraignantes : obligation vaccinale pour les soignants, pass sanitaire généralisé, évocation d'une troisième dose à l'automne... Emmanuel Macron pouvait avoir le sourire : immédiatement après sa déclaration, des centaines de milliers de Français se sont connectés au site Doctolib pour pouvoir réserver un créneau de vaccination.
Pour les soutiens du chef de l'État, c'est la preuve que la dureté peut payer. Si l'on met de côté le droit et les libertés publiques, les bénéfices apparaissaient donc pour le chef de l'État dès le soir même : il n'y avait qu'à écouter les commentateurs sur les chaines d'info qui s'extasiaient du ton présidentiel. C'est en tout cas une manière pour Emmanuel Macron de continuer à faire croire qu'il reste le « maitre des horloges », coûte que coûte.
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C'est qu'à dix mois à peine de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron est plus que jamais en campagne. Rien que cette semaine, il multiplie les interventions et déplacements. Discours du 12 juillet, défilé du 14 juillet, et visite sur une étape du tour de France. Derrière sa fermeté contre la Covid-19, Emmanuel Macron veut imprimer un autre message : je tiens bon la barre, et je continuerai les réformes si je suis réélu. C'est dans cette perspective qu'il faut lire son annonce de maintenir la transformation de l'assurance chômage pour le mois d'octobre prochain, et qu'il a prévenu, une nouvelle fois, que le système des retraites ne peut se satisfaire du statu quo actuel.
Marc Endeweld
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