Après les élections régionales, les gros ennuis tactiques d'Emmanuel Macron
Marc Endeweld
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Emmanuel Foudrot
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C'est un chiffre qui commence sérieusement à effrayer bon nombre d'acteurs politiques, qu'ils soient élus, militants ou simples commentateurs et journalistes. 80 % des moins de 35 ans ont préféré s'abstenir aux dernières élections régionales et départementales. Sur les plateaux de télévision, certains évoquent péniblement la situation exceptionnelle de l'épidémie de covid-19, d'autres, l'arrivée de l'été, ou même le bac, pour expliquer une telle contre performance qui touche l'ensemble de l'arc politique. Et pourtant : ce chiffre commence bien à dessiner une évolution structurelle, exprimant une réelle fatigue démocratique. Rappelons qu'entre 1986 et aujourd'hui, l'abstention aux régionales est ainsi passée de 22 % à 66 %. Autant dire que c'est l'ensemble du système politico-médiatique qui est désormais mis en cause par un tel niveau d'abstention, sur fond de guerre de générations.
Depuis des années, la France se détourne de sa jeunesse, de ses forces actives, et se concentre sur ses retraités et ses rentiers. En 2017, Emmanuel Macron avait d'ailleurs essayé de surfer sur une telle tension présente dans la société, en promettant de mettre en valeur les « outsiders » contre les « insiders ». Quatre plus tard, la société française semble plus que jamais bloquée, crispée, engoncée dans ses incompréhensions. Et pourtant, là encore, ces dernières élections régionales ont révélé un autre paradoxe : la peur relayée à longueur de journée dans les médias audiovisuels n'a eu en réalité qu'un effet : faire exploser l'abstention. Les électeurs ne se sont pas jetés dans les bras du parti de la peur par excellence, le Rassemblement National.
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À tel point que les leaders de ce parti doivent sonner le tocsin auprès de leurs électeurs traditionnels pour les mobiliser pour le prochain scrutin de dimanche. D'un coup, Marine Le Pen et ses associés sont apparus comme partie intégrante du système politico-médiatique, eux qui adorent se définir, ou qu'on dépeint souvent, comme « anti-sytème ». Bref, l'extrême droite après quatre ans de « macronisme » se retrouve en plein tête-à-queue stratégique et tactique. La stratégie de banalisation est allée au-delà des espérances de ses initiateurs : le RN est devenu tellement banal qu'il ne réussit plus à capter la colère pourtant présente chez une partie des Français.
Marc Endeweld