En balade dans le Lot, Emmanuel Macron manie l'esquive et l'oxymore
Marc Endeweld
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Photo d'illustration
Reuters
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Aux journalistes qui le pressaient de questions lors de son déplacement dans le Lot, le président Macron a multiplié un mouvement qu'il affectionne : l'esquive. « Seriez-vous candidat en 2022 ? », osa un confrère. Réponse immédiate : « il est trop tôt pour le dire ». Et d'ajouter qu'il compte bien « faire les choses jusqu'à la fin ». Le chef de l'Etat a d'ailleurs prévenu qu'il allait devoir prendre cet été « des décisions difficiles » pour la sortir de crise Covid. « Je vais devoir prendre des décisions, certaines sur la relance, d'autres difficiles ». Un ton volontairement soucieux censé brouiller les pistes sur ses intentions présidentielles ? Une manière de susciter l'envie alors que l'intéressé sait qu'une partie des Français multiplie les critiques à son encontre ?
Ce n'est en tout cas pas la première fois qu'Emmanuel Macron laisse planer le doute. En décembre dernier déjà, dans une interview au média en ligne Brut, il avait dit devoir peut-être « faire des choses dures » qui « rendront impossible » sa candidature. En ligne de mire, le retour de la réforme des retraites, mais pas « en l'état ». Le « en même temps » a encore frappé. Emmanuel Macron ne fait pas qu'esquiver, il multiplie les oxymores, il souffle le chaud et le froid. Car derrière ces éléments de langage, le body language du président laisse transparaître un individu sûr de son destin. Comme en 2017. Tout montre ainsi que le président est déjà en campagne, bien qu'il s'en défende : « On doit prendre le pouls du pays même quand on n'est pas en campagne ».
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C'est un peu la version macronienne du « ceci n'est pas une pipe » du peintre Magritte. Lors de ce déplacement, les images justement montraient un président en quête d'approbation, ne cessant de délivrer son discours à des retraités réunis pour l'occasion, comme lors de son « grand débat » au moment du mouvement des Gilets Jaunes. Des images bucoliques loin de l'agitation du monde et des villes françaises qui commencent, on le voit chaque jour, à craquer de toute part après un an d'épidémie.
Marc Endeweld