Quand l’épidémie de Covid-19 détruit les classes moyennes
Marc Endeweld
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Quel ne fut pas l'étonnement de Gilles Raveaud, prof de fac à Saint-Denis, quand il s'envola pour le sud de la France ! « Je suis dans un avion pour Toulouse. Nous sommes environ 200, tous bien serrés sans aucun siège vacant. Je suis très surpris, tweeta le mandarin universitaire il y a quelques jours, Qu'est ce qui explique cette exception ? Pensées pour les théâtres, cinémas, et, surtout, pour mes étudiants ». Des étudiants qui, faut-il le rappeler, doivent subir des cours à distance, alors même que leurs homologues en prépa bénéficient encore de cours en présentiel... Ils sont pourtant souvent entassés dans des salles de cours de lycée.
Même sentiment étrange chez un homme d'affaires qui n'a eu de cesse de multiplier les voyages entre Londres, Genève, Paris, et le Golfe, comme il nous l'exposait il y a quelques semaines : « Je dois dire que les confinements successifs n'ont rien changé à ma vie. Même lors des pires restrictions en France, j'ai pu me rendre sans aucun contrôle à Londres, ou à Genève, et idem pour me rendre à Dubaï. À Paris, où je dispose d'un petit appartement dans le 16e arrondissement, j'ai été surpris de constater que les palaces ont souvent organisé toute une vie parallèle pour les clients qui leur reste, quelques privilégiés, qui peuvent organiser des fêtes dans leurs chambres. Tout le monde ferme les yeux. Je dois reconnaitre, qu'on se retrouve de plus en plus entre quelques happy fews, alors que les Français souffrent de plus en plus du fait de l'épidémie ».
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Voilà comment va la vie depuis maintenant un an d'épidémie : malgré les aides exceptionnelles de l'Etat, le système fonctionne de plus en plus à double vitesse. Sans qu'on y prenne garde, le paquebot France est en train de retrouver les fonds de cale pour une grande majorité de sa population... C'est justement un an après l'épidémie, et à la veille de l'ouverture (à distance) du Forum de Davos, qu'Oxfam a décidé de publier son rapport sur« le virus des inégalités ». Les conclusions de l'ONG sont édifiantes. De part le monde, des centaines de millions de personnes ont perdu leur emploi. C'est le plus grand choc depuis la Grande Dépression de 1929, même le ministre français des finances, Bruno Le Maire le dit. Entre 200 et 500 millions de gens ont basculé dans la pauvreté en 2020. Les femmes sont surreprésentées dans les secteurs les plus touchés par la crise, et les 740 millions de femmes dans le monde employées dans l'économie informelle ont vu leurs revenus chuter de 60 %...
Marc Endeweld
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