Qui saura séduire des Français en mal de protection ?
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Depuis des semaines, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand martèle ce slogan choc dès qu'il s'agit de critiquer Emmanuel Macron : « La protection des Français n'est pas dans l'ADN du Président ». En pleine crise mondiale du Covid-19, avec ses conséquences terribles sur les plans économique et social (montée de la précarité et du chômage), l'ancien ministre la Santé de Jacques Chirac ne choisit pas ces mots par hasard, rappelant par la même occasion qu'il est issu avant tout d'une « droite sociale ». Il y a quelques jours, face à Ruth Elkrief de BFM TV, il a également affirmé aspirer à la « réconciliation des Français ». Durant près d'une heure, installé au coeur du musée du Louvre de Lens, il a répondu aux questions de la journaliste sur un ton très posé, essayant de jouer le responsable politique protecteur. Un peu comme François Hollande en son temps qui avait joué le « président normal » pour tenter de réparer l'hyper activisme de Nicolas Sarkozy durant son quinquennat : « Il est temps que les Français aient un Président qui s'occupe d'eux, vraiment et avant tout », expose de nouveau Xavier Bertrand, laissant entendre qu'Emmanuel Macron est occupé à l'Elysée à faire autre chose...
À lire également
Bref, en dix ans, c'est comme si le discours politique en France continuait à se limiter à cette opposition entre « rupture » et « protection ». Malheureusement pour les Français, cette « rupture » tant promise par les uns et les autres a trop souvent été synonyme de destruction (et non de renouvellement ou de changement), tandis que la « protection » s'est souvent limitée à l'immobilisme. Une attitude qu'on retrouve de plus en plus dans le « en même temps » macronien, à coups de milliards d'euros d'aides assortis à des leçons de morale sur le fait que les Français ne travaillent pas assez, comme a pu le faire récemment Bruno Le Maire, droit dans ses bottes. Bref, pour un Macron qui pointaient en 2017 les inégalités croissantes entre « insiders » et « outsiders », l'imposition d'une « stratégie » du « stop and go » (mais peut on encore parler d'une stratégie à ce sujet ?) à coups de couvre-feux et de confinements intempestifs, aggravant du même coup les difficultés des indépendants, des salariés précaires, ou de l'ensemble des « outsiders » justement, sans que le gouvernement ne semble s'en soucier, n'est pas forcément du meilleur effet à un an et demi de la présidentielle.
Marc Endeweld