Quand les ambassadeurs font du speed-dating avec les entreprises

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L'appel à candidatures diffusé par le ministère a été suivi par 5.000 demandes de 700 PME ou ETI.
L'appel à candidatures diffusé par le ministère a été suivi par 5.000 demandes de 700 PME ou ETI. (Crédits : Flickr/International Railway Summit. CC License by.)
[#SemaineAmbass] Le ministère des Affaires étrangères organise ce mardi 25 août une session de rendez-vous de 15 minutes entre quelques centaines d'ETI et de PME et les 169 ambassadeurs de France réunis à Paris - une occasion rare. Une nouvelle formule pour un ancien objectif: soutenir leur développement à l'international.

Comment faciliter la rencontre entre les ambassadeurs français présents aux quatre coins du monde et les PME ou ETI rêvant de s'exporter? Le ministère des Affaires étrangères pense avoir trouvé la formule: le "speed-dating", à savoir ce principe de rendez-vous ultracourts en tête-à-tête imaginé au départ pour favoriser les rencontres sentimentales mais étendu depuis de nombreuses années et avec succès aux relations professionnelles.

En profitant de la présence à Paris de l'ensemble du corps diplomatique de France, à l'occasion de la Semaine des ambassadeurs, le Quai d'Orsay organise ce mardi 25 août 1.700 rendez-vous de ce genre inédit. Pas moins de 169 ambassadeurs rencontreront personnellement, pendant un temps de 15 minutes au maximum, les chefs de plus de 250 entreprises sélectionnées, pour faire le point sur leurs projets de développement à l'étranger.

5.000 demandes de rendez-vous

L'accueil réservé à cette initiative semble attester d'un véritable besoin: l'appel à candidatures diffusé par le ministère a été suivi par 5.000 demandes formulées par 700 PME ou ETI.

Alors que les entreprises du CAC 40 peuvent compter sur des services spécifiques afin d'explorer les marchés étrangers qu'elles visent, pour les plus petites, la difficulté d'accès à l'information constitue souvent un véritable obstacle au développement à l'international et à sa pérennisation. Les fiches de demandes de rendez-vous avec les ambassadeurs le confirment: parmi les objectifs recherchés par les entrepreneurs, celui d'être renseignés sur leurs partenaires ou distributeurs potentiels est l'un des principaux.

Si le numérique et le développement durable se sont montrés, comme attendu, particulièrement demandeurs, une large panoplie de secteurs sont finalement représentés dans la sélection. Seules 8% des entreprises choisies ont plus de 1.000 salariés, alors que 3% en ont moins de 9. 40% viennent d'Ile-de-France, le reste de régions.

Pousser les entreprises en dehors de leur zone de confort

Mais, en plus de répondre à une demande latente, le ministère ambitionne également de pousser les entreprises en dehors de leur zone de confort. D'une part, la rapidité des rendez-vous organisés constitue en effet pour elles l'occasion de s'entraîner à la technique des pitchs courts: ces exposés rythmés sur le temps des ascenseurs de la Silicon Valley et désormais devenus incontournables dans le monde du business.

D'autre part, cette courte durée permet à chaque entreprise de s'entretenir avec un maximum d'ambassadeurs - en moyenne, entre cinq et sept chacune - et ainsi d'élargir sa vision. Seules trois ambassades n'ont pas été incluses dans le jeu : la Lybie, la Syrie et la Corée du Nord.

L'Afrique subsaharienne plébiscitée

Du point de vue de l'élargissement des perspectives, le pari semble d'ailleurs avoir été gagné. Le ministère a en effet constaté non sans surprise que la région la plus demandée a été l'Afrique subsaharienne (22% des requêtes), suivie par l'Europe occidentale et l'Asie-Océanie (19%), puis par l'Afrique du Nord-Moyen Orient (18%) et par les Amériques (14%). En queue du peloton se place en revanche l'Europe de l'Est (5%).

Si l'ambassadeur le plus sollicité a été celui basé à Pékin, suivi par celui de Washington, d'autres pays ont d'ailleurs réalisé des scores inattendus: c'est le cas notamment de l'Afrique du Sud, avec 88 demandes, ainsi que de la Côte d'Ivoire, avec 94 demandes.

D'autres speed-dates par visioconférence

Les 15 minutes de rendez-vous ne devraient d'ailleurs être que le point de départ d'une plus longue histoire. Le gouvernement compte non seulement renouveler l'expérience tous les ans, mais envisage aussi de multiplier ces rencontres courtes au cours de l'année, en les organisant "à distance", par visioconférence.

Tous les dossiers, y compris ceux des entreprises qui n'ont pas pu être sélectionnées pour les entretiens, bénéficieront par ailleurs d'un suivi de l'ambassade, assure le ministère: il sera gratuit, à la différence de celui - plus poussé néanmoins - fourni par Business France - qui n'est d'ailleurs présent "que" dans 69 pays. De quoi donner ses chances au postulat même du speed-dating : "et plus si affinités"...

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>> Pour aller plus loin:

Sur le site du ministère des Affaires étrangères:

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Commentaires
a écrit le 25/08/2015 à 12:55 :
Une excellente initiative pour les PME-ETI qui, j'en suis témoin hélas trop souvent à mon niveau professionnel, manquent cruellement de connaissances ou de réseaux sur certains marchés à l'international.
Bien que je ne sois en général pas d'accord avec l'action du gouvernement, il est important de saluer et d'encourager ses bonnes décisions et celle-ci en est une qui aidera, à coup sûr, les PME-ETI que je connais bien. Continuez comme ça plus de transparence et de contacts, nous avons des atouts en France, comme notre réseau de fonctionnaires à l'international, tirons-en parti et profit !
Réponse de le 25/08/2015 à 14:51 :
Croire ne serait ce une minute qu un fonctionnairr connait les marches qui sont de plus en plus des marches de nche releve de la gageure la plus totale
a écrit le 25/08/2015 à 12:44 :
J'ai des doutes sérieux sur les compétences des ambassades en la matière. Ce sont des fonctionnaires au sens le plus négatif du terme. Ils ne connaissent rien aux problèmes des entreprises et leur réseau est celui des rencontres champagne/petits fours avec leurs homologues :-)
Réponse de le 25/08/2015 à 14:09 :
C'est vrai mais s'ils s'inspire de l'Allemagne et de la Suede cela peut aider. Faut du suivi sur place a l'etranger....
Réponse de le 25/08/2015 à 14:12 :
.."s'ils s'inspirent.."
Excusez mou
Réponse de le 25/08/2015 à 16:46 :
@Oliver: pour créer un vrai réseau commercial, 1) il faut connaître le pays à fond 2) parler couramment la langue 3) être motive. J'ai beaucoup voyagé et ai eu affaire avec de nombreux consulats et ambasades. Aucun ne répond à ces critères; le personnel y vit en vase hermétiquement clos. On a même eu à Toronto un consul qui parlait magnifiquement ...l'espagnol :-).

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