Quelles mesures pour la formation dans le plan de relance ?

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La formation est au cœur du plan de relance présenté par Jean Castex. L'enjeu est de réorienter les demandeurs d'emplois et les jeunes vers les nouveaux métiers d'avenir.

Le gouvernement a dévoilé ce jeudi son plan de relance, qui prévoit 100 milliards d'euros de dépenses. Les 70 mesures du plan doivent permettre à la France de sortir de la crise engendrée par la pandémie de Covid-19 et de retrouver le niveau de croissance de 2019 d'ici la fin de l'année 2022.

Ce plan comprend un ambitieux volet "compétences". Parmi ces mesures, on retrouve entre autres la formation des salariés en activité partielle, des demandeurs d'emploi et des jeunes (prioritairement vers les secteurs d'avenir), l'accès facilité à la reconversion et la modernisation des organismes de formation.

Lire aussi : Plus de 7 milliards d'euros pour le numérique dans le plan de relance

La formation des salariés en activité partielle

Le gouvernement prévoit une enveloppe d'un milliard d'euros pour la formation des salariés des entreprises en activité partielle, via le FNE (Fonds national pour l'emploi). L'objectif est d'utiliser le temps non travaillé (qui peut aller jusqu'à 40% pendant deux ans dans le cadre de l'activité partielle longue durée) pour se former. Ces formations doivent être ciblées sur les secteurs prioritaires du plan de relance (industrie, numérique, transition écologique, métiers liés à la santé et au grand âge...). Par exemple, les salariés pourront se former aux nouvelles technologies hybrides dans l'automobile ou des certifications en cybersécurité. Déjà depuis avril, le FNE a financé les formations de 150.000 salariés en activité partielle pour un montant de 150 millions d'euros.

De plus, depuis ce jeudi, les entreprises privées peuvent abonder le compte personnel formation (CPF) de leurs salariés, en sus des droits de base (500 euros par an versés par la Caisse des dépôts, 800 pour les moins qualifiés).

La hausse de la rémunération des demandeurs d'emploi en formation

D'autre part, afin d'inciter les chômeurs à suivre une formation professionnelle, une enveloppe de 100 millions d'euros est prévue pour augmenter leur rémunération. Cette mesure va permettre de verser une prime de 150 euros à l'entrée en formation, puis par la suite une revalorisation de la rémunération.

"Pour les 16-18 ans, on va monter à 200 euros contre 130 et pour les 18-21, on va passer de 300 à 500 euros", précise-t-on au ministère du Travail. Pour les plus de 21 ans, la rémunération passera à 710 euros contre 330 à 650 selon les cas aujourd'hui.

Lire aussi : France Relance, un plan de 100 milliards d'euros pour éviter le décrochage économique

Des formations tournées vers les secteurs prioritaires

Le gouvernement veut mettre l'accent sur les formations tournées vers les secteurs prioritaires. Dans ce sens, il souhaite discuter avec les régions pour que les 7,5 milliards encore non consommés du PIC (plan d'investissement dans les compétences, qui prévoyait la formation d'un million de demandeurs d'emploi et de jeunes sur le quinquennat) aillent davantage vers des formations tournées vers l'industrie, le numérique, la transition écologique ou encore les métiers liés à la santé et au grand âge. Pour les jeunes, le PIC financera 200.000 places supplémentaires de formations ciblées sur les métiers dits d'avenir, dont 100.000 formations qualifiantes proposées sur l'application Moncompteformation.

Par ailleurs, le plan jeunes présenté le 23 juillet et doté d'une enveloppe de 6,5 milliards d'euros prévoit, à côté des aides à l'embauche ou au recrutement d'apprentis, 300.000 parcours "d'insertion sur mesure" à travers plusieurs dispositifs : un Parcours Emploi Compétences (PEC), un Contrat Initiative Emploi (CIE) ainsi qu'une augmentation importante des dispositifs d'accompagnement à l'emploi notamment.

Les reconversions encouragées

Dans son plan de relance, le Premier ministre souhaite également encourager les reconversions. Le dispositif de reconversion ProA, créé par la loi Avenir professionnel de 2018, disposera ainsi d'une enveloppe de 270 millions d'euros. Il vise "à faciliter un changement de métier ou de profession, ou une promotion sociale ou professionnelle, via l'obtention d'une qualification reconnue".

Il n'a cependant pas encore été très utilisé puisqu'il fait l'objet d'un accord de branche étendu par l'Etat. Ces dernières semaines, 49 accords ont été déposés, dont 8 ont été pour l'instant étendus (c'est-à-dire applicables à toutes les entreprises du secteur). A la demande des partenaires sociaux, le gouvernement va transformer le dispositif pour favoriser les reconversions d'une branche à l'autre, par exemple dans l'industrie. Par ailleurs, le plan ajoute 110 millions d'euros au "CPF transition", un dispositif mis en place le 1er janvier 2019 et destiné aux salariés qui souhaitent changer de profession. Ce dispositif leur permet notamment de bénéficier d'un maintien de leur rémunération pendant la durée de la formation.

Des organismes de formation plus modernes

Enfin, le confinement a accéléré l'évolution des organismes de formation afin de proposer des enseignements à distance. Le gouvernement prévoit 300 millions d'euros pour aider ces organismes à davantage numériser les services, à se restructurer ou encore à améliorer leurs plateaux techniques. "On veut en faire un secteur d'excellence, le potentiel est grand", souligne-t-on au ministère.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/09/2020 à 15:52 :
Des fois les départements ont créé leur propre organisme de formation sous forme d'association ou de fondation. D'après- vous qui sait qui empoche les budgets "formation, orientation, insertion" …? et en toute transparence !

Certaines de ces boites de "formation" n'ont jamais de vrais clients privé…

La bonne soupe des subventions publiques est succulente; quel est le résultat sur la baisse du chomage ?

Ces trucs ne sont pas fait pour faire baisser le chomage mais pour engraisser ces boites.
Zéro contrôle : des formations bidons en PNL, hypnose, sophrologie, "vous devriez allez voir le psy, s'est pour aidé que je vous dit ca"…

ET après une formation, vous pouvez en suivre une autre auprès des memes genres de boite, puis une autre et encore une autre…

Oui pour sa ya du pognon.
a écrit le 04/09/2020 à 19:33 :
Tout cela est bien gentil et bien beau Mme penicaud à condition que le volontarisme d affichage soit suivi d actes des entreprises ce dont vous vous êtes bien gardée dans la loi formation professionnelle
en l occurrence les certifications et autres rncp ne sont pas reconnus pour changer ou obtenir un job mieux payé dans les grosses boites ( la loi ne les oblige pas )....seuls les masters le sont à condition qu il y ait un emploi en face forcément pour aller en master un diplôme sup est nécessaire pour y accéder ( Vae et vap sont discrètement rejetées ou ignorées) donc les bacheliers et autres sont exclus de la promotion sociale .
.les abondements n’existent que sur le papier
Où concerne très peu d entreprise ( la mienne a 20 milliards de ca ne le fait pas..)
Les aides des régions vont favoriser les jeunes car impactes par le covid à l’embauche ...
Quant au formation l’ inflation des tarifs exclut déjà de de facto ceux qui ne pourront pas participer personnellement à un master ( 3000 a 6000 euros de différentiel)
Les universités sont bloquées par parcoursup et le cnam ne fait pas toutes les formations ....dur dur
Bref il valait mieux laissés le système d heure que que d euros ... car in fine un salarié bachelier qui veut devenir cadre avec 3000€ De cpf de 2014 a 2020 ne peut pas faire de master ....la charge financière repose sur lui mais son « salaire - bachelier «  ne lui permet pas d y accéder ...
a écrit le 04/09/2020 à 19:31 :
Tout cela est bien gentil et bien beau Mme penicaud à condition que le volontarisme d affichage soit suivi d actes des entreprises ce dont vous vous êtes bien gardée dans la loi formation professionnelle
en l occurrence les certifications et autres rncp ne sont pas reconnus pour changer ou obtenir un job mieux payé dans les grosses boites ( la loi ne les oblige pas )....seuls les masters le sont à condition qu il y ait un emploi en face forcément pour aller en master un diplôme sup est nécessaire pour y accéder ( Vae et vap sont discrètement rejetées ou ignorées) donc les bacheliers et autres sont exclus de la promotion sociale .
.les abondements n’existent que sur le papier
Où concerne très peu d entreprise ( la mienne a 20 milliards de ca ne le fait pas..)
Les aides des régions vont favoriser les jeunes car impactes par le covid à l’embauche ...
Quant au formation l’ inflation des tarifs exclut déjà de de facto ceux qui ne pourront pas participer personnellement à un master ( 3000 a 6000 euros de différentiel)
Les universités sont bloquées par parcoursup et le cnam ne fait pas toutes les formations ....dur dur
Bref il valait mieux laissés le système d heure que que d euros ... car in fine un salarié bachelier qui veut devenir cadre avec 3000€ de 2014 a 2020 ne peut pas faire de master ....la charge financière repose sur lui
a écrit le 04/09/2020 à 19:30 :
Tout cela est bien gentil et bien beau Mme penicaud à condition que le volontarisme d affichage soit suivi d actes des entreprises ce dont vous vous êtes bien gardée dans la loi formation professionnelle
en l occurrence les certifications et autres rncp ne sont pas reconnus pour changer ou obtenir un job mieux payé dans les grosses boites ( la loi ne les oblige pas )....seuls les masters le sont à condition qu il y ait un emploi en face forcément pour aller en master un diplôme sup est nécessaire pour y accéder ( Vae et vap sont discrètement rejetées ou ignorées) donc les bacheliers et autres sont exclus de la promotion sociale .
.les abondements n’existent que sur le papier
Où concerne très peu d entreprise ( la mienne a 20 milliards de ca ne le fait pas..)
Les aides des régions vont favoriser les jeunes car impactes par le covid à l’embauche ...
Quant au formation l’ inflation des tarifs exclut déjà de de facto ceux qui ne pourront pas participer personnellement à un master ( 3000 a 6000 euros de différentiel)
Les universités sont bloquées par parcoursup et le canal ne fait pas toutes les formations ....dur dur
Bref il valait mieux laissés le système d heure que que d euros ... car in fine un salarié bachelier qui veut devenir cadre avec 3000€ de 2014 a 2020 ne peut pas faire de master ....la charge financière repose sur lui
a écrit le 04/09/2020 à 19:27 :
Tout cela est bien gentil et bien beau Mme penicaud à condition que le volontarisme d affichage soit suivi d actes des entreprises ce dont vous vous êtes bien gardée dans la loi formation professionnelle
en l occurrence les certifications et autres rncp ne sont pas reconnus pour changer ou obtenir un job mieux payé dans les grosses boites ( la loi ne les oblige pas )....seuls les masters le sont à condition qu il y ait un emploi en face forcément pour aller en master un diplôme sup est nécessaire pour y accéder ( Vae et cap sont discrètement rejetées ou ignorées) donc les bacheliers et autres sont exclus de la promotion sociale .
.les abondements n’existent que sur le papier
Où concerne très peu d entreprise ( la mienne a 20 milliards de ca ne le fait pas..)
Les aides des régions vont favoriser les jeunes car impactes par le covid à l’embauche ...
Quant au formation l’ inflation des tarifs exclut déjà de de facto ceux qui ne pourront pas participer personnellement à un master ( 3000 a 6000 euros de différentiel)
Les universités sont bloquées par parcoursup et le canal ne fait pas toutes les formations ....dur dur
a écrit le 04/09/2020 à 8:37 :
Assistant dans une grande société ,
La cinquantaine Mon job disparaîtra dans 5-10 ans grand Max.( retraite à 67 ans danses quelques années...)
Aucune projection ,perspective , ou réponse de la part de mon rh d ´entreprise sur la transformation et les formations nécessaire ou utiles l accompagnant.
Or pour ce qualifier pour un autre emploi un master devient la norme !
Faire un master en tant que salarié est un parcours du combattant car le ptp(plan de transition professionnelle ex cif) n est valable qu un an.Le coût d un master 3500€-9000€ selon les écoles -dépasse très largement la somme du cpf.(3000-5000e)
Bref l état , sous prétexte de individualiser les parcours , à transférer la responsabilité et la charge financière sur le salarié ...
Réponse de le 05/09/2020 à 15:01 :
Une formation de un an, c'est très lourd et très long... C'est une très grosse somme à financer pour la collectivité. Dans ce cas, il ne me paraît pas anormal que le salarié co-investisse et y soit un peu de sa poche; c'est une motivation supplémentaire pour choisir une formation réellement en phase avec le marché du travail et s'y investir totalement. Rappelez-vous; ce qui ne coûte rien n'a aucune valeur... si c'est gratuit, ça ne vaut... rien.
a écrit le 03/09/2020 à 18:14 :
Jusqu'à présent on dépensait déjà 30 milliards pour la formation professionnelle , pour la plupart du temps , dans des officines dirigées par des copains des copains. On va encore déverser des milliards de plus dans ce tonneaux des danaïdes pour faire des formations et des séminaires stériles. Mettons tous ces milliards dans l'apprentissage comme nos voisins allemands au lieu de cette formation bidon qui n'a qu'un but servir les copains.
Réponse de le 04/09/2020 à 18:44 :
Il n y a pas que les copains des copains.

Il y aussi les amis du parti ?. Là ou je suis, ya une boite de "formation" qui empoche les budgets de tous les côtés: Pôle Emploi, département ( insertion, orientation), la région ( Plan régional de formation).

La personne qui dirige ce truc est le maire du parti ? d'une commune d'une aglomération qui est comme celle de la majorité au département et à la région.

…mais ça n'a rien à voire.
a écrit le 03/09/2020 à 17:46 :
Ben tiens voilà ma foi une bonne source de revenue qui pourrait compléter en partie une baisse massive à l'américaine de la taxe sur les entreprises voir mieux sa suppression, en arrêtant l'hémorragie public du détournement massif de l'argent lié à la formation. On supprime également pôle emploi du même acabit et avec ces milliards récupérés le compte devrait être bon non ?

Et yen a tout un tas comme ça ! On la rembourserait la dette moi je vous le dis mais est-ce qu'ils en ont réellement envie ? Bien sûr que non.

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