France Relance, un plan de 100 milliards d'euros pour éviter le décrochage économique
Philippe Mabille et César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
POOL
Philippe Mabille et César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
POOL
Article actualisé jeudi 3 septembre à 15h30
Transition écologique, transformation de l'industrie et cohésion sociale et territoriale. C'est le tiercé gagnant du plan de relance présenté par le gouvernement ce 3 septembre 2020 à l'issue du Conseil des ministres. Baptisé « France Relance », il pèsera près de 100 milliards d'euros, après les 470 milliards d'euros déjà engagés depuis le confinement, consacrés à l'activité partielle qui a concerné 8 millions de salariés, le prêt garanti par l'Etat et les divers plans sectoriels (aéronautique, automobile, tourisme, ...).
Investis entre fin 2020 et fin 2022, ces 100 milliards d'euros qui seront inscrits dans le projet de loi de finances pour 2021 représentent l'équivalent de 4 points de PIB, soit quatre fois le plan de relance de 2008 et, sera, selon le Premier ministre, « le plan plus massif annoncé à ce jour parmi les grands pays européens ». Si 40 milliards viennent de l'Union européenne, « la quasi-totalité des dépenses n'aura pas de caractère pérenne » à l'exception des impôts de production. La moitié du plan sera donc financé par l'Europe, qui contribue ainsi à la relance de l'économie française.
4 point de PIB, c'est l'équivalent de la perte de richesse induite par la crise de la Covid-19, et Matignon compte bien sur l'effet de levier généré par ces 100 milliards, sur l'investissement public et privé, afin de rattraper d'ici fin 2022 le niveau de PIB de fin 2019. Et éviter un décrochage durable de l'économie française. Face aux critiques de ceux qui pensent que même 100 milliards sont insuffisants pour tenir cet objectif, Bercy est confiant. Le calibrage du plan est « à la bonne hauteur » et « conforme à ce qu'avait recommandé en juillet le Conseil d'analyse économique ».
À lire également
Autre enjeu porté par le plan, être « soutenable » alors que la dette publique atteindra fin 2020 le niveau record hors temps de guerre de 120% du PIB. A Matignon, on assume : « la pire des options aurait été de ne rien faire. Quand on perd 4 point de PIB, c'est un affaiblissement considérable ». Selon Jean Castex, la dette supplémentaire engendrée par le plan sera résorbée à partir de 2025, grâce aux effets de levier sur la croissance potentielle. Autre promesse, qui n'engage pas une éventuelle nouvelle majorité après 2022, « le retour à l'équilibre des finances publiques ne se fera pas par des hausses d'impôts, mais par le rattrapage de la croissance perdue ».
L'idée est de tenir une double promesse : relancer l'activité et l'emploi à court terme tout en préparant l'horizon de la France de 2030, comme l'a demandé le chef de l'Etat. Bref, agir « immédiatement » pour soutenir l'emploi et protéger les compétences et orienter l'économie vers les secteurs et les métiers d'avenir, en coordination avec les territoires. Pour faire de cette crise « une opportunité de transition vers les emplois de demain », le plan repose sur trois piliers qui bénéficieront chacun d'environ un tiers des dépenses : 30 milliards d'euros pour le verdissement, 35 milliards pour la compétitivité et les relocalisations et 35 milliards pour la cohésion sociale et territoriale. "Le plan produira des effets concrets et perceptibles par le plus grand nombre" s'est engagé Jean Castex avec pour "priorité absolue" l'emploi. L'objectif, a assuré le Premier ministre sur RTL, est d'avoir des résultats rapides : il escompte 160.000 créations d'emplois dès 2021, alors que 800.000 emplois risquent d'être détruits dés cette année.
Philippe Mabille et César Armand