Rebâtir une souveraineté alimentaire en France

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(Crédits : David Girard 2018-317)
Surproductions, gaspillage, pénuries... la crise pandémique a mis à rude épreuve la chaîne alimentaire française.

Montré une dépendance croissante de la France à certains produits importés : sept piliers du monde agricole, coopératives, banques, agriculteurs, assurances et sécurité sociale, se sont dits prêts à "rebâtir une souveraineté alimentaire" pour le pays.

"L'histoire retiendra de la crise du Covid-19 qu'elle fut un révélateur de la grande fragilité de nos sociétés face à l'aléa sanitaire, à la difficulté de bâtir une réponse internationale forte et concertée, et à une mondialisation ayant conduit à déléguer à des tiers la production de certains biens, même lorsqu'ils étaient de première nécessité", indique une tribune commune publiée mercredi dans le quotidien L'Opinion.

"Rebâtir une souveraineté alimentaire sera le chantier d'une génération" affirment en s'y déclarant "prêts" la FNSEA, les Jeunes agriculteurs (JA), la Confédération nationale de la mutualité, la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA), la Coopération agricole, la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA), Groupama assurances mutuelles, la Mutualité sociale agricole (MSA) et l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA).

Les sept organisations proposent un "pacte de confiance" avec la société française pour développer la production alimentaire, tout en prenant en compte les objectifs climatiques et environnementaux. Elles citent Emmanuel Macron qui affirmait le 13 avril le besoin de "rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française".

Et soulignent les "fragilités structurelles" qui "menacent notre indépendance alimentaire": depuis 20 ans, la production agricole "stagne" alors que la population a augmenté de 11% et que le nombre d'agriculteurs a baissé de près de 15% en 10 ans.

Pendant le confinement, la France, pays exportateur de blé, a manqué de farine dans ses supermarchés à cause essentiellement de son manque de compétitivité industrielle et de problèmes logistiques, la fabrication des sachets ayant souvent lieu en Allemagne ou en Italie, plus compétitives.

Parmi les freins à la compétitivité, la FNSEA cite la taille des exploitations agricoles, plus petites qu'en Allemagne, la fiscalité, et les distorsions de concurrence avec les pays voisins (différences de taux d'irrigation, de coût du travail, d'utilisation de produits phytosanitaires).

Investir dans des vergers et des serres

Sous l'effet des aléas climatiques, les rendements des récoltes sont "de plus en plus incertains" alors que les importations de produits alimentaires "low cost" augmentent "plus vite que nos exportations", ajoute le texte.

Les signataires jugent "indispensable" de "développer et, lorsque cela est nécessaire, relocaliser nos filières de production" en "investissant dans les outils de production et de transformation, mais aussi en assurant la transparence sur l'origine des produits".

Tout en pariant sur la future politique agricole commune européenne pour mettre ces objectifs en musique, la FNSEA estime qu'il "faudra un volet agricole au moment du grand plan d'investissement du gouvernement", a dit sa présidente Christiane Lambert lors d'un point presse vidéo.

"Nous devons répondre à toutes les attentes de relocalisation de la production, et pas seulement pour l'alimentation haut de gamme", a insisté pour sa part le président de l'APCA, Sebastien Windsor au cours d'un entretien téléphonique.

Exemple cité par la FNSEA, la faiblesse en France sur les produits "d'entrée de gamme" comme le vin. "Il faut être capable de produire toutes les gammes, sinon on se fait tailler des croupières par des produits étrangers, car 28 à 32% des Français ont du mal à boucler leur budget notamment alimentaire en fin de mois", a souligné Mme Lambert.

"En fruits et légumes, notre taux de dépendance aux importations est de 46%! Il va falloir investir dans des plantations, des serres et des vergers ainsi que dans des outils de transformation", a dit M. Windsor, "car on en manque".

Dans l'immédiat, face à la mise à l'arrêt de commerces, restaurants, cantines, les chambres d'agriculture et la FNSEA citent une douzaine de secteurs agricoles en grande difficulté qui ont besoin de soutien immédiat.

Les fleurs et plantes, le tourisme à la ferme, l'élevage équin, la viticulture et cidrerie, les fromages AOP, le lin, les filières veau, canards, pigeons, sucre (ethanol), et celle des pommes de terre. Cette dernière est très affectée par la fermeture des fast-food, qui a laminé la consommation de frites dans le pays.

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a écrit le 18/05/2020 à 12:59 :
Rebâtir la souveraineté alimentaire de la France ???? Ça me rappelle la fameuse pensée du père de Coluche : " Les technocrates tu leur donnes le Sahara, dans dix ans ils sont obligés d'importer du sable !".
a écrit le 10/05/2020 à 11:39 :
Cet article est glaçant ! Vous n'avez rien compris ! Vous faîtes l'apologie des gros bras de la FNSEA qui ne défendent pas l'agriculture mais l'agrobussiness via l'agro industrie. Un article hors sol comme l'agriculture conventionnelle d'aujourd'hui. Purée.... on n'a pas fini de se battre avec des articles comme celui-ci. Faîtes un tour dans les campagnes françaises et vous découvrirez que l'agriculture que vous défendez en reprenant la vision de la FNSEA est une véritable catastrophe.
a écrit le 10/05/2020 à 1:27 :
Ils ont tout cassé et maintenant les mêmes veulent rebâtir ! Il n'y a qu'en France qu'on assiste à des trucs pareils.
a écrit le 08/05/2020 à 11:44 :
Attention...article en trompe l’œil...ceux qui preconisent aujourd’hui le retour à l’autarcie agricole sont les mêmes qui ont favorisé notre situation actuelle.
Ce sont des éléments pathogènes qui jouent aux médecins.
a écrit le 08/05/2020 à 11:43 :
Attention...article en trompe l’œil...ceux qui preconisent aujourd’hui le retour à l’autarcie agricole sont les mêmes qui ont favoriser notre situation actuelle.
Ce sont des éléments pathogènes qui joue les médecins.
a écrit le 08/05/2020 à 10:12 :
l' équation n' est pas simple, mais il faudrait que les consommateurs se raisonnent un peu..manger des fraises en ja-fev qui vient du Pérou ( un pays hydriquement déficitaire) on marche sur la tête et la grande distribution est est aussi responsable.." le marché ..les consommateuurs blabla"..un peu facile de se défausser ...le commerce a aussi ses limites.
A titre perso j' essai d' être auto-suffisant sur ce que je peux ( tomates, courgettes, fraises du jardin et de saison avec l' acceptation des aléas du jardinier ) sinon j' achète pas ses produits hors saison et hors de France-local
a écrit le 08/05/2020 à 9:45 :
"la fabrication des sachets ayant souvent lieu en Allemagne ou en Italie, plus compétitives." si c'est, par unité, un centime de moins livré, sûr qu'il faut plutôt acheter en Allemagne, pas assez cher le transport ? Les tubes pour goupillons de test PCR sont bien fabriqués en Italie, les marchandises voyagent dans tous les sens mais pour les fruits/légumes comment proposer du fraichement cueilli si ça doit venir d'Espagne (la nuit ? Pas assez cher le transport) ?
a écrit le 08/05/2020 à 9:13 :
c'est la premiere fois que je lis un article ou on dit quand meme que le budget des gens n'est pas extensible a loisirs, contrairement a ce que croient certains! ( ceux qui au passage disent qu'il suffit d'augmenter les salaires et le tour est joue, quitte a etre un abruti, autant l'etre jusqu'au bout)
a écrit le 08/05/2020 à 9:12 :
Excellent article, produire plus et mieux et si les prix augmentent il faut revoir les salaires à la hausse. Voir la Suisse.
Réponse de le 09/05/2020 à 10:46 :
La suisse n'est pas un exemple applicable en France. De plus leur production agricole n'est pas intensive en majorité. La qualité prime mais chez eux c'est culturel.
Produire plus mieux, personne n'a réussi et pour cause la qualité gustative n'est pas naturellement compatible avec le volume et produits poussés par des artifices. La culture hors sol en est un exemple, pauvreté nutritionnelle et gustative. Ce que je pratique au quotidien et on est de plus en plus nombreux, c'est moins consommer mais mieux . Avec un même budget. Ça marche et la santé s'en ressent positivement.

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