Rebâtir une souveraineté alimentaire en France
Isabel Malsang, AFP

Photo d'illustration
David Girard 2018-317
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Montré une dépendance croissante de la France à certains produits importés : sept piliers du monde agricole, coopératives, banques, agriculteurs, assurances et sécurité sociale, se sont dits prêts à "rebâtir une souveraineté alimentaire" pour le pays.
Les sept organisations proposent un "pacte de confiance" avec la société française pour développer la production alimentaire, tout en prenant en compte les objectifs climatiques et environnementaux. Elles citent Emmanuel Macron qui affirmait le 13 avril le besoin de "rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française".
Et soulignent les "fragilités structurelles" qui "menacent notre indépendance alimentaire": depuis 20 ans, la production agricole "stagne" alors que la population a augmenté de 11% et que le nombre d'agriculteurs a baissé de près de 15% en 10 ans.
Pendant le confinement, la France, pays exportateur de blé, a manqué de farine dans ses supermarchés à cause essentiellement de son manque de compétitivité industrielle et de problèmes logistiques, la fabrication des sachets ayant souvent lieu en Allemagne ou en Italie, plus compétitives.
Parmi les freins à la compétitivité, la FNSEA cite la taille des exploitations agricoles, plus petites qu'en Allemagne, la fiscalité, et les distorsions de concurrence avec les pays voisins (différences de taux d'irrigation, de coût du travail, d'utilisation de produits phytosanitaires).
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Sous l'effet des aléas climatiques, les rendements des récoltes sont "de plus en plus incertains" alors que les importations de produits alimentaires "low cost" augmentent "plus vite que nos exportations", ajoute le texte.
Les signataires jugent "indispensable" de "développer et, lorsque cela est nécessaire, relocaliser nos filières de production" en "investissant dans les outils de production et de transformation, mais aussi en assurant la transparence sur l'origine des produits".
Tout en pariant sur la future politique agricole commune européenne pour mettre ces objectifs en musique, la FNSEA estime qu'il "faudra un volet agricole au moment du grand plan d'investissement du gouvernement", a dit sa présidente Christiane Lambert lors d'un point presse vidéo.
Exemple cité par la FNSEA, la faiblesse en France sur les produits "d'entrée de gamme" comme le vin. "Il faut être capable de produire toutes les gammes, sinon on se fait tailler des croupières par des produits étrangers, car 28 à 32% des Français ont du mal à boucler leur budget notamment alimentaire en fin de mois", a souligné Mme Lambert.
Dans l'immédiat, face à la mise à l'arrêt de commerces, restaurants, cantines, les chambres d'agriculture et la FNSEA citent une douzaine de secteurs agricoles en grande difficulté qui ont besoin de soutien immédiat.
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