Réformes sociales : le patronat et les syndicats ont leur feuille de route... chargée

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Le Premier ministre Edouard Philippe a envoyé aux organisations patronales et syndicales une feuille de route très chargée... et potentiellement très chaude sur les réformes sociales qu'il entend mener: assurance chômage, formation professionnelle et apprentissage.
Le Premier ministre Edouard Philippe a envoyé aux organisations patronales et syndicales une feuille de route très chargée... et potentiellement très "chaude" sur les réformes sociales qu'il entend mener: assurance chômage, formation professionnelle et apprentissage. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Le gouvernement vient d'envoyer aux organisations patronales et syndicales le calendrier et la méthode des réformes sociales à venir: assurance chômage, formation professionnelle et apprentissage. La réforme de l'assurance chômage s'annonce comme le dossier le plus chaud.

Réformes de l'assurance chômage, de la formation professionnelle, de l'apprentissage. Les organisations patronales et syndicales ne vont pas... chômer dans les six prochains mois. Édouard Philippe, le Premier ministre, leur a en effet envoyé ce mercredi 25 octobre leur feuille de route sur les réformes que le gouvernement entend mener "pour combattre le chômage de masse par tous les côtés", selon les termes du Premier ministre. Il s'agit en fait de l'Acte II des réformes sociales, annoncées par Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle, après les ordonnances sur le Code du travail. Le calendrier va donc être très rempli, mais la méthode de concertation sera différente et adaptée aux trois chantiers ouverts.

En revanche, au bout du processus, au plus tard au début du printemps 2018, il n'y aura qu'un seul projet de loi, regroupant ces trois réformes, soumis au Parlement, avec l'espoir du gouvernement qu'il soit définitivement adopté au début de l'été.

Des groupes de travail pour l'apprentissage

C'est la réforme de l'apprentissage qui va ouvrir le bal des concertations. Celle-ci prendra en fait la forme de groupes de travail qui vont plancher dès le début du mois de novembre avec l'appui de France Stratégie -  l'organisme chargé de la perspective et de la réflexion rattaché au Premier ministre. C'est Sylvie Brunet, professeure associée, ex DRH et membre du Conseil économique, social et environnemental qui sera chargée de l'animation des groupes de travail qui devront rendre leurs conclusions en janvier prochain.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail et Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, ont précisé le sens de la réforme envisagée. Il conviendra  de rendre l'apprentissage plus attractif, notamment en le valorisant auprès des collégiens. Il faudra aussi assurer une meilleure articulation au sein de l'enseignement technique entre les lycées professionnels et l'apprentissage. La carte des formations devra aussi être revue tout comme le financement de l'apprentissage et le statut des jeunes en apprentissage.

Une négociation patronat/syndicats sur la formation professionnelle

Fin novembre, viendra le temps de la réforme de la formation professionnelle. Début novembre, conformément à la loi Larcher de 2007, les organisations patronales et syndicales vont recevoir un "document d'orientation" listant les axes que le gouvernement souhaite aborder. S'ils le demandent - et cela semble le cas - les partenaires sociaux ouvriront alors une négociation, visant à modifier le précédent accord professionnel sur la question de 2013, repris dans une loi en 2014. Mais il ne faudra pas traîner. Car, là aussi, Édouard Philippe entend que l'accord soit formalisé pour la fin 2018.

On sait que le gouvernement veut donner davantage de moyens à chaque salarié de "construire" sa propre formation professionnelle, via un compte personnel de formation qui sera considérablement renforcé. Il conviendra aussi de pouvoir proposer davantage de formations qualifiantes aux demandeurs d'emplois afin de les adapter aux métiers de demain. Il s'agira ensuite de "mieux former" les salariés dont 50% vont être concernés par la transformation numérique dans les années à venir. Il va aussi falloir améliorer l'offre de formation et imaginer un "système de certification transparent", selon Muriel Pénicaud, pour lutter contre les "formations bidons".

Parallèlement à la négociation entre partenaires sociaux, les Régions, notamment en charge de la formation des demandeurs d'emploi, seront associées à la concertation.

Le très chaud dossier de l'assurance chômage

Enfin, dernier chantier, et de loin le plus épineux: la réforme de l'assurance chômage. Les débats s'ouvriront fin novembre lors d'une première réunion multilatérale où seront conviées l'ensemble des organisations patronales et syndicales. Ce sera l'occasion de dresser un diagnostic sur la situation du régime, notamment financière. Actuellement, selon les dernières données de l'Unedic publiées ce 25 octobre, l'assurance chômage enregistre un trou annuel d'environ 3,5 milliards d'euros.

Aussi, si le gouvernement veut ouvrir cette assurance aux indépendants et à certains démissionnaires, il convient de chiffrer le coût d'une telle ouverture... Et d'en trouver le financement. La concertation se poursuivra, là aussi, jusqu'à la fin janvier. Quatre thèmes seront abordés: l'élargissement à davantage d'actifs, donc; la lutte contre la précarité, avec l'idée du gouvernement d'instituer un bonus-malus sur les cotisations patronales en fonction de la durée des contrats, ce qui fait hurler le patronat; l'amélioration du contrôle de la recherche d'emploi par les chômeurs indemnisés; la gouvernance du régime.

Des sujets, très "chauds". Les syndicats ne veulent notamment pas entendre parler de la fin du caractère assurantiel de l'assurance chômage (on perçoit une indemnisation en fonction des montants cotisés). Or, la suppression des cotisations salariales à l'assurance chômage, décidée dans le cadre de la loi de finances 2018 - qualifiée de mesure en faveur du "pouvoir d'achat" par le gouvernement -, n'augure rien de bon, notamment pour la CFDT.

Il est donc évident que l'assurance chômage, dispositif paritaire jusqu'ici via l'Unedic, gérée par les seules organisations patronales et syndicales et non par l'État, va être le gros morceau de ce très dense épisode social.

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Commentaires
a écrit le 26/10/2017 à 20:14 :
le probleme du chômage ne sera pas resolu dans ce pays tant que l'on aura pas de croissance ni de pouvoir d'achat dans ce pays
a écrit le 26/10/2017 à 18:17 :
Macron, ses sbires et ses "godillots" sont les valets de...la finance, des banquiers...Pour que perdure un système qui file à la vitesse grand V vers son nadir.
... Et ça ne va pas se faire sans "casse"... humaine bien évidemment dans le chaos et le malheur, la barbarie.
a écrit le 26/10/2017 à 17:25 :
@BONJOUR : Plus de bla bla bal IL EST TEMPS DE SE LEVER CONTRE macron et SA CLIQUE D'AFFAMEURS comme nos anciens de 1936 et 1968 alors vos syndicats justes bons a signer n'importe quoi pour faire plaisir au patronat exemple la C.F.D.T. ... alors tous debout !
a écrit le 26/10/2017 à 17:08 :
"pour combattre le chômage de masse par tous les côtés"

Pas trop non plus car grâce à cette masse ,le patronat et ce gouvernement peuvent entreprendre une régression des droits des salariés qui restent.
a écrit le 26/10/2017 à 12:46 :
La finlandisation du dialogue social....la démocrature En Marche....
Réponse de le 26/10/2017 à 15:47 :
Faut pas exagerer. Vous trouvez que le dialogue social ca marchebien en france ?
vous avez des syndicats (CGT ou Medef) confit dans une posture

et l etat a toujours fait au final ce qu il a voulu.

L idee de ne plus faire dependre les allocations chomages du salaire est plutot bonne (meme si perso j en ai profite en touchant 2000 €/mois au chomage, j ai toujours trouve ca anormal de gagner plus a la maison qu un gars qui se leve le matin)
a écrit le 26/10/2017 à 11:42 :
un seul projet de loi pour trois réformes annoncées comme essentielles , c'est du foutage de gueule .
encore une preuve que Macron ne veut pas de réformes sérieuses .
a écrit le 26/10/2017 à 10:45 :
L'assurance chômage à 33 milliards de dettes, on va ouvrir de nouveaux droits et au final 1,7 % de CSG que vont payer les retraités à partir de 1300 , les fonctionnaires , les cadres et certains indépendants. Pour l'ISF, pas de problème, cadeau 5 milliards d'euros.
a écrit le 26/10/2017 à 9:23 :
"Le gouvernement vient d'envoyer aux organisations syndicales du publics le calendrier et la méthode des réformes urgentes à venir: absentéisme, sureffectif et culture du résultat. La réforme des 32h de travail à 39h s'annonce comme le dossier le plus chaud." Ce paragraphe n'est qu'imaginaire... Les réformes ne concerneraient que la société civile ?
a écrit le 26/10/2017 à 7:38 :
Il faut mettre en application la note n°6 du CAE, avec une allocation universelle pour respecter l'équité de cette mesure. Il n'y a bas d'autres solutions. Qui le comprendra?
a écrit le 25/10/2017 à 23:37 :
Les syndicats des salariés sont censés vouloir défendre les intérêts des salariés. Dans un Monde où tout le monde a droit aux soins de santé et au minimum vieillesse, il était normal que la Protection sociale ne soit pas financé que par les seuls salariés. La CSG de Michel Rocard a donc donné lieu au départ à une baisse de la cotisation vieillesse puis à une baisse de la cotisation maladie des salariés.
Aujourd'hui, il est clair que le chômage qui sévit, depuis 1973, n'est pas provisoire et qu'il n'a pas non plus à être compensé par les seuls salariés. Quoi d'anormal à ce que son financement soit revu ainsi que son fonctionnement total ?
Personnellement je suis pour un revenu X pour chacun, enfants compris (cette somme sera à la "discrétion" de la structure qui s'occupe réellement des enfants) revenu imposable qui viendra s'ajouter aux autres revenus fournis par la valorisation de la capacité de travail ou du capital de chacun. Ce revenu ferait disparaître les aides sociales, les allocations chômage et la retraite.
a écrit le 25/10/2017 à 21:45 :
Baisser les dépenses publiques est une absurdité en période de stagnation économique parce que ces mesures ne peuvent régler en rien le problème n°1 de compétitivité de la France : l’euro.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/04/14/20002-20140414ARTFIG00222-pourquoi-l-euro-fort-est-un-probleme-pour-la-france.php


Les inspirateurs de ces mesures n’étant pas stupides, ils ne se font d’ailleurs sans doute aucune illusion sur leur inefficacité pour réduire le déficit budgétaire et relancer la croissance. Leurs objectifs ne sont pas là. Ce qui est en réalité visé, c’est à la fois de démanteler les États nations pour y substituer es euros-régions et de détruire tous les acquis sociaux obtenus par les peuples européens depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Pour la France, ce programme voulu par l’oligarchie passe par la suppression des départements et des communes, une décentralisation de plus en plus poussée, la mise en pièces de notre système social et la disparition de nos services publics.

En bref, la disparition par étapes de la République française et la destruction complète du programme du Conseil national de la Résistance [14].

Tout cela résulte de la logique même de l’euro et de l’Union européenne. Il s’agit bel et bien d’une guerre livrée au peuple français et qui leur impose ce double anéantissement, qu’ils votent « à gauche » ou « à droite ».

À situation inédite, solution inédite. Si les Français veulent sortir victorieux de cette guerre, ils doivent se rassembler pour faire sortir au plus vite la France de l’UE et de l’euro, solution que seule l’Union Populaire Républicaine (UPR) est propose.

Pourquoi cette incapacité à réformer sainement la France au-delà d' accentuer la dette illégitime ou rente des banquiers découlant de la loi Pompidou-Giscard de 1973...?

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/213182-dette-publique-et-loi-rothschild-le-silence-des-medias.html

C ' est somme toute assez simple à nommer cette dépendance aux GOPE ...

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon
Réponse de le 25/10/2017 à 23:22 :
Ouf ! L'avenir augure que du bon. D'après le Figaro et son article que vous citez datant d'avril 2014, la France n'est pas compétitive avec 1 euro à 1,40
dollar, aujourd'hui merveille, l'euro est à 1,18 dollar. Une baisse de 15 % !

Tout va donc aller pour le mieux dans le meilleur des Mondes possible.
Réponse de le 26/10/2017 à 9:17 :
@Harpagon Hélas, ce n'est pas l' la baisse de la parité dollar/leuro qui pose problème à la France ou comment voir le problème par le petit bout de la lorgnette mais bel et bien l' euro fort ou la concurrence intestine de l' Ue qui dévore ses propres enfants ..

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/07/28/20002-20170728ARTFIG00249-l-euro-est-trop-fort-de-68-pour-la-france-et-trop-faible-de-18-pour-l-allemagne-selon-le-fmi.php


Mais comme je perçois chez vous une vraie avidité à comprendre, je vous adresse cette belle nouvelle , la "sortie furtive de l' euro" par V. Brousseau de L' Upr, un analyste anthologique -de par sa longue appartenance à la BCE- de la place de l' euro dans l' Ue.


Tout se déglingue mon ami, décidément tout, tout comme les sondages macronniens ..


https://www.upr.fr/actualite/france/sortie-furtive-de-leuro-vincent-brousseau

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